En Grèce, la débrouille s'organise pour résister au blocage de l'économie

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En 2014, la Grèce a enregistré une hausse de 23% du nombre de visiteurs étrangers, d'après les données fournies par le service des statistiques grecques (ELSTAT), soit 22 millions de touristes. Mais pour 2015, le pays a déjà revu à la baisse son ambition d'atteindre 25 millions de touristes, en raison du contexte.
En 2014, la Grèce a enregistré une hausse de 23% du nombre de visiteurs étrangers, d'après les données fournies par le service des statistiques grecques (ELSTAT), soit 22 millions de touristes. Mais pour 2015, le pays a déjà revu à la baisse son ambition d'atteindre 25 millions de touristes, en raison du contexte. (Crédits : Reuters Christian Hartmann)
SI l’économie grecque est paralysée depuis le 29 juin avec la mise en place de la restriction des retraits bancaires et du contrôle des capitaux, les professionnels du tourisme et les entreprises s’organisent pour résister.

La situation grecque donne lieu à des situations inédites, pour ne pas dire cocasses. Ainsi, un touriste bulgare en vacances à Thessalonique, la deuxième ville du pays, relate dans le journal en ligne EUobserver une anecdote, qui pourrait devenir récurrente pendant la saison touristique :

"Après avoir déjeuner dans un restaurant local, j'ai plaisanté en demandant au serveur si je pouvais payer en lev (la monnaie bulgare). Et le propriétaire a accepté", raconte le vacancier au journal.

Dimitris Hadalis, le président d'un groupe d'hôtels de la péninsule de la Chalcidique, a de son côté assuré au Financial Times qu'il avait l'intention de généraliser cette pratique :

"Nous acceptons le lev bulgare - la confédération touristique de Grèce et l'association des hôtels grecs a requis que nous devions faire quelque chose pour encourager les touristes", rapporte le journal financier.

Il faut noter que la monnaie bulgare est rattachée à l'euro depuis le 1er janvier 1999, et se révèle plutôt attractive, avec 1 euro pour 1,95 lev. En 2012, Sofia avait annoncé que le pays renoncait à abandonner sa monnaie nationale pour l'euro en raison du contexte.

La livre turque, également acceptée

Pour sauver la saison touristique, les professionnels du tourisme qui redoutent un impact négatif de la crise sur la saison, se montrent plus flexibles. Le Financial Times raconte que certaines entreprises grecques se sont déjà résignées à utiliser la livre turque.

Il y a quelques jours, le Premier ministre turc de l'AKP, Ahmet Davutoglu, avait proposé que la Turquie offre son aide financière à son voisin grec. Une proposition à laquelle Athènes n'a toujours pas donné de réponse. En attendant, les professionnels ont pris les choses en main pour éviter la paralysie totale de l'économie, et en particulier une contraction de la fréquentation touristique.

Depuis le 28 juin, les retraits dans les distributeurs en Grèce sont plafonnés à 60 euros par jour et par personne. Officiellement, les touristes ne sont pas concernés puisque seules les cartes de crédit émises par des établissements bancaires helléniques sont visés par ces mesures. Pourtant, des pénuries dans des distributeurs du pays ont déjà été rapportées, et la plupart des hôtels ou restaurants refusent les paiements par carte. De plus, le gouvernement a annoncé cette semaine que la limitation de retraits était prolongée jusqu'au 13 juillet inclus.

Explosion du Bitcoin

Les restrictions bancaires ne sont pas la seule cause de la paralysie de l'économie grecque. En effet, le contrôle des capitaux instauré depuis pratiquement deux semaines s'applique aussi à quelques services étrangers de paiement en ligne. Dès le lundi 29 juin, Apple a rendu inaccessible ses services iTunes, iCloud, et Apple Music.

 Peu après, Amazon et Paypal sont devenus indisponibles aux internautes grecs.

"En raison du contrôle des capitaux décrété par les autorités grecques, le financement d'un portefeuille PayPal depuis un compte grec tout comme les transactions transnationales, financées par n'importe quelle carte ou compte, sont actuellement indisponibles", a déclaré une porte parole de PayPal dans un communiqué.

Pour faire face à ces blocages de paiement, de nombreux Grecs se sont rabattus sur la monnaie numérique, le bitcoin, comme le rapporte Le Temps.

"Face à l'incertitude, beaucoup de Grecs se sont tournés vers le bitcoin. Le mois passé, les échanges de cette monnaie digitale ont progressé de 300% en Grèce", relate le journal suisse.

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Commentaires
a écrit le 14/07/2015 à 10:01 :
Il y a deja 30 ans que la débrouille s'organise pour ne pas payer de taxe, pourquoi voulez vous que cela change....
a écrit le 12/07/2015 à 8:52 :
les grecs ont raison d'ailleurs en France le black est devenu monnaie courante et c'est une industrie en plein essor. Ce n'est qu'un début. Même les artisans s'y mettent une partie en facture et le reste en monnaie trébuchante,
a écrit le 11/07/2015 à 11:38 :
La sécurité du pays n'est plus assurée pour les touristes. Les médicaments deviennent rares et se développe comme partout un marché noir, l'alimentation devient problématique selon les régions et les commerçants arrêtent frigo et ventilation s'ils le peuvent; l'essence se raréfie obligeant le report excursions et une problématique pour le retour; les piscines sont moins souvent traitées; le change devient une négociation, etc. A ces problèmes de sécurité domestique il faut ajouter l'évolution des vols à la tire et de diverses arnaques à la carte bleue. L'application des premières mesures si elle se fait verra une montée de colère dont les étrangers présents seront la cible, surtout s'ils sont moins nombreux. Ces actions néfastes ne sont pas uniquement le fait des grecs car toute une faune y participe, trouvant ainsi un terrain de jeu tout désigné. IL faut donc de solides raisons pour aller en Grèce en ce moment.
Réponse de le 11/07/2015 à 13:34 :
Et quelles sont vos raisons pour dispenser vos conseils plutôt douteux ?
Réponse de le 11/07/2015 à 15:16 :
Sinon, what else ?
Réponse de le 11/07/2015 à 17:55 :
N importe quoi ! Vous habitez en Grèce ?
Qui vous payé pour diffuser des mensonges ?
Réponse de le 12/07/2015 à 7:11 :
Quel film vous a inspiré ?
Réponse de le 12/07/2015 à 8:50 :
vous confondez la Grèce avec le dernier film de Terminator, vous devriez arrêter de regarder de tels films retournez avec les bisounours, vous ferez moins de cauchemars.
Réponse de le 12/07/2015 à 8:50 :
vous confondez la Grèce avec le dernier film de Terminator, vous devriez arrêter de regarder de tels films retournez avec les bisounours, vous ferez moins de cauchemars.
a écrit le 11/07/2015 à 10:50 :
Curieux...La France va dépenser quelques millions d'euros pour le 14 juillet et pas un mot des pauvres français sur le sujet...Ah, oui, ils aiment la belle bleue, la belle rouge...et manger des patates (très bon les patates). Pour s'extasier de la gabegie française, il y a toujours du monde...
a écrit le 11/07/2015 à 10:20 :
Le goéland argenté est un prédateur de la pire espèce, spécialisé dans les poubelles. ..
Je conseille la lecture de Richard Barch pour voler plus haut !
a écrit le 11/07/2015 à 10:20 :
Le goéland argenté est un prédateur de la pire espèce, spécialisé dans les poubelles. ..
Je conseille la lecture de Richard Barch pour voler plus haut !
a écrit le 11/07/2015 à 8:00 :
Tout en cash et en devises diverses, cela va faciliter la juste perception de la TVA et des impôts....
a écrit le 11/07/2015 à 7:42 :
L'exécutif français préfère accueillir les migrants hors espace Schengen et dépenser des millions d'euros plutôt que d'aider les Grecques...
Réponse de le 11/07/2015 à 9:25 :
L'executif français dépense des milliards pour aider les miséreux du monde entier , mais pas pour aider ses propres citoyens.
Réponse de le 11/07/2015 à 10:10 :
Vous avez raison. Il faut d'abord s'aider soi-même pour mieux aider les autres. Dès que j'aurais atteint le million d'euro, je pourrais commencer à m’intéresser aux autres

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