Grèce : sans allègement de la dette, le FMI refuse de participer au plan d'aide

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Malgré cette déclaration qui ressemble une nouvelle fois à un ultimatum, le FMI a assuré que sa participation aux négociations en cours à Athènes était maintenue.
Malgré cette déclaration qui ressemble une nouvelle fois à un ultimatum, le FMI a assuré que sa participation aux négociations en cours à Athènes était maintenue. (Crédits : © Kim Kyung Hoon / Reuters)
Le FMI persiste et signe. Alors que les discussions sur les modalités d'un nouveau plan d'aide à la Grèce se poursuivent à Athènes, le FMI a conditionné sa participation à un allègement de la dette par les Européens.

Cette fois, le FMI a mis ses menaces à exécution. Dans un rapport publié le 14 juillet, l'institution financière de Washington plaidait déjà pour un allègement de la dette,et expliquait que sa participation au plan d'aide était loin d'être acquise.

"Nous avons été très clairs sur le fait que (...) nous avons besoin d'une solution concrète et ambitieuse au problème de la dette", pour accorder de nouveaux prêts à Athènes, précisait alors un haut cadre du FMI en dévoilant ce rapport.

Mais le jeudi 30 juillet, le FMI hausse le ton. Un des responsables de l'institution a assuré que l'institution financière de Washington ne participera pas au plan d'aide à la Grèce tant que les Européens n'auront pas consenti à un allègement de la dette, qui frôle désormais les 180% du PIB du pays.

Pas d'aide sans allègement de la dette

"Le FMI n'y participera qu'une fois que ces deux conditions seront remplies", indique ce haut responsable du Fonds monétaire international sous couvert d'anonymat. Il précise que ces conditions ne seront pas remplies avant plusieurs mois.

Les Européens sont dans le viseur du FMI, mais les Grecs ne sont pas épargnés. Si un train de réformes complet n'est pas adopté, l'institution financière ne s'engagera pas dans ce troisième plan d'aide, évalué entre 82 et 86 milliards d'euros, martèle-t-on à Washington.

Pourtant, la semaine dernière, la Vouli, le Parlement grec a voté une série de réformes imposées par les créanciers du pays : hausse de la TVA, réforme de la justice civile, réforme des retraites, privatisations. Pas de quoi satisfaire pour l'instant le FMI.

Mercredi, lors d'une conférence de presse, Christine Lagarde, la directrice du fonds monétaire international (FMI) a une nouvelle fois déclaré qu'"une dose de restructuration de la dette est inévitable", ajoutant que "pour que la Grèce réussisse et qu'un quelconque programme aboutisse, une restructuration de la dette doit avoir lieu". L'allègement de la dette n'est pourtant pas à l'ordre du jour. Si la France soutient cette idée, Berlin de son côté y est farouchement opposé.

A Athènes, les jours sont comptés

Pourtant en Grèce le temps presse. Certes, le 17 juillet, le pays a obtenu un prêt relais de 7,16 milliards d'euros par le Mécanisme européen de stabilité financière (MESF). Ce montant a permis à Athènes de rembourser ses dettes au FMI et à la BCE pour un total de 6,65 milliards d'euros.

Autant dire qu'il ne reste plus grand-chose de cette aide d'urgence, uniquement destinée à rembourser les créanciers. Et Athènes sait que de nouvelles échéances de remboursement se rapprochent à grands pas. Le pays doit rembourser 3,2 milliards d'euros à la l'institution financière de Francfort le 20 août.

Malgré cette déclaration qui ressemble une nouvelle fois à un ultimatum, le FMI a assuré que sa participation aux négociations en cours à Athènes était maintenue.

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a écrit le 01/08/2015 à 14:58 :
Nous sommes dans un système complétement perverti. On prête à la Grèce, non pas pour elle-même et ses citoyens , mais juste pour rembourser les intérêts. C'est ubuesque !! .
En fin de compte tout est fait pour qu'aucun autre pays ne puisse mettre en place une alternative autre que celle des fondamentalistes financiers.
"le système a montré qu'il était capable d'absorber le virus" financial times
On parle du gouvernement grec comme d'un virus.
A force de jouer les gouvernements européens font resurgir la bête immonde ! Mais cela leur importe peu, les capitalistes trouveront toujours de quoi se nourrir sous n'importe quel régime et tant pis pour les peuples.
Réponse de le 02/08/2015 à 9:09 :
La solution est simple : il suffit de remplacer les cotisations sociales salariales et patronales par la TVA. Les consommateurs ne pourraient plus vouloir le beurre et l'argent du beurre. Augmenter les salaires ou embaucher coûterait 2 fois moins cher ( cotisations=salaires nets), robotiser rapporterait 2 fois moins.
C'est limpide ! Mais les grosses entreprises, qui font la loi, n'en veulent pas !
a écrit le 01/08/2015 à 12:14 :
La tragi-comédie européenne continue ses mauvaises farces avec le cas grec : la seule question fondamentale est : qui va porter le chapeau de la rupture du cirque européen ?
A première vue, l'Allemagne serait la fourmi la plus efficace pour briser les cigales du club Méditerranée. Le hic subsistant est de trouver la martingale pour le faire au nom des autres.
a écrit le 31/07/2015 à 21:48 :
Ce que je regrette et déplore c'est cette sempiternelle habitude de certains états à déléguer à des organisations privées ou publiques -qui ont en commun de ne pas représenter le(s) peuple(s) souverain(s)- des missions hautement régaliennes.

Que les états puissent s'appuyer sur les conseils et l'expertise de ces organisations pour se donner les moyens de prendre mes meilleures décisions possibles, est une chose
qu'ils s'appuient sur leur moyens pour mettre en œuvre les décisions prises par le Politique, est une chose,
mais qu'ils se contentent de demander à une banque -dans ce cas- de régler un problème qui a une très grande dimension politique est une faute gravissime !

L'histoire, récente et moins récente, aurait dû avoir immunisé tous les décideurs politiques -qui se soucient de l'intérêt général- de ne pas abdiquer certaines de leurs missions régaliennes à des organisations sous prétexte que les problématiques en jeu sont trop complexes, trop pointues, trop ceci ou trop cela.
Cette même histoire aurait dû avoir rendu plus vigilants les citoyens et les acteurs économiques, au sens large, et, également, plus exigeants vis-à-vis de leur représentants politiques sur l'exercice de leurs missions régaliennes.
Il semblerait qu'il faille des catastrophes plus importantes que celles qu'on a connues ces dernières années, avec les crises bancaires notamment, pour qu'ils se ressaisissent.
Réponse de le 01/08/2015 à 8:49 :
@bien lu . Vous êtes au début d une réflexion politique et je ne doute pas que votre conclusion vous mènera à vous poser la question suivante . Pourquoi font ils cela ??..... Au plaisir de vous lire , mais essayer d avoir un pseudo récurrent . Bien à vous .
a écrit le 31/07/2015 à 18:51 :
Je ne sais pas si j'ai raison, mais je propose une piste. Il reste à vérifier l’assertion suivante: le FMI c'est les États Unis. Il me semble que ces derniers n'ont pas intérêt à la réussite des États Unis d'Europe (Union Européenne). Donc, ils ont tout intérêt à enfoncer le coin entre les deux. Rappelons ici que DSK ou Lagarde, ce n'est pas la Direction du FMI qui dirige l'organisme. Les décisions se prennent après un vote des pays membres et les USA possèdent d'entré 25% des voix et c'est le seul pays qui a un droit de véto.
Je n’affirme pas qu'il s'agit d'une stratégie américaine, mais je propose de s'y pencher
Réponse de le 31/07/2015 à 21:51 :
Que ce soit conscient ou pas, c'est eux qui sont à l'origine de la pensée unique qui veut le règne de la concurrence à outrance car elle fait le jeu des riches, donc surtout le leur !
Cette hypothèse est très plausible ! On peut même se demander jusqu'à quel point ils tolèreraient un système enlevant au consommateur son irresponsabilité de citoyen, comme la TVA à la place des cotisations salriales et patronales qui favorisent les concurrences déloyales. C'est le cas du Danemark, mais 5 millions d'habitants c'est marginal.
a écrit le 31/07/2015 à 16:47 :
Tant que les produits importés ne remplacent pas nos propres productions tout va bien. Mais si c'est le cas, d'autant plus évident qu'ils sont le fruit de salaires très faibles et de charges sociales inexistantes, alors nous perdons des emplois, des cotisations et nous gardons les charges. Ce qui nous oblige à augmenter celles que supportent nos productions, aggravant notre handicap !
Donc nous sommes de moins en moins compétitifs sur notre marché intérieur, mais aussi sur tous les marchés extérieurs ! On s'enfonce ! En continuant à faire payer nos charges aux importateurs de nos produits nous vendons de moins en moins. Nous sommes donc structurellement déficitaires et on voit mal une croissance conjoncturelle compenser un déficit structurel, qui ne peut que s' agrandir... comme les inégalités depuis 40 ans !
C'est le cas pour la Grèce, comme pour l' Agriculture en France : on va dans le mur, toute l' Europe aussi, et on ne veut rien changer !
a écrit le 31/07/2015 à 15:57 :
C'est une excellente occasion de sortir le FMI du jeu.
L'Europe a quand même les moyens de gérer une situation domestique !
Reste à espérer que sa gestion ne sera pas aussi calamiteuse que par le passé.
Wait & see!
a écrit le 31/07/2015 à 13:11 :
Elle a raison, de toute façon la Grèce est déjà en faillite. L'argent qu'on prête à la Grèce ne sert qu'à retarder le défaut de paiement. Mme Lagarde fait preuve de bon sens, rien à voir avec une hypothétique influence des USA.
a écrit le 31/07/2015 à 11:49 :
Comment le FMI peut-il exiger des Européens un abandon partielle de la dette et refuser de le faire pour ses propres créances ?
Réponse de le 31/07/2015 à 12:17 :
@Alain974: tout simplement parce que nous sommes les vassaux des US, et si le chef dit "c'est comme ça", quand t'es son larbin, tu obtempères :-)
a écrit le 31/07/2015 à 10:24 :
Le FMI lutte contre l'UE, parce que le FMI ( les Anglo américains néo-libéraux) veulent la voir disparaître. C'est leur intérêt. Il se trouve que c'est aussi l'intérêt de plus en plus d'européens de voir l'UE ( et l'euro)s'effondrer. Evidemment pas pour les mêmes raisons. En vertu du principe qu'il vaut mieux "un petit chez soi qu'un grand chez les autres", reprenons nos "billes" et faisons ce que nous avons à faire avec ce sur quoi nous pouvons compter en toute indépendance.
a écrit le 31/07/2015 à 10:19 :
C est à la BCE de se saisir du problème à la demande des états et de proposer une solution qui satisfasse le FMI .J ai des solutions en attente mais qui ne sont pas libérales .
Réponse de le 31/07/2015 à 16:16 :
Il s'agit d'un problème politique. Une institution, aussi puissante et prestigieuse soit-elle, ne doit pas remplacer le politique. Elle doit en rester le conseil et l'instrument. Pas plus !
Réponse de le 31/07/2015 à 16:38 :
@Pas la BCE. Mal lu , à la .... demande des états ....Quoique Draghi n a pas hésité longtemps il y a peu . Et tout le Sud l a approuvé .
a écrit le 31/07/2015 à 10:09 :
Quand on imagine que les USA et l'OTAN sont derrière le FMI, tout s'éclaire...!
a écrit le 31/07/2015 à 9:13 :
Le FMI a parfaitement raison de ne pas vouloir participer au plan d'aide! Moi en temps que Française je ne le désire pas non plus, seulement on ne me demande pas mon avis!
a écrit le 31/07/2015 à 9:08 :
Non merci, il n'est pas question de donner des milliards à la Grece... Ils doivent payer leur dettes, il est trops simple de demander au autres de regler la facture....ne pas oublier que le FMI s'est les USA, donc si il souhaite que leur allier greque est moins de dettes ils peuvent sortir leur carnet de chèque.... Nous s'est termine... Ils n'y a plus de confiance en ce pays, ce gouvernement et ses politiques....
Réponse de le 31/07/2015 à 10:23 :
Vous n'arrivez pas à à comprendre que ce que demande les grecs, c'est d'avoir de la croissance pour pouvoir rembourser leur dette. Si vous n'avez pas de revenu, vous ne pouvez pas rembourser une dette. Ce n'est pas en multipliant les saignées sur un patient malade que celui-ci guérira.
Si la dette est insoutenable, c'est parce que le plan d'austérité précédent a été un échec.
C'est facile d'imposer une politique économique, de constater son échec, et de vous se laver les mains de la responsabilité de l'échec.
C'est le problème de l'Europe à l'heure actuelle : elle impose des politiques dont elle n'endosse pas l'échec.
a écrit le 30/07/2015 à 21:53 :
Ben c est pas dur, le FMI n a qu a faire don de ce qu'il a déjà donné avant de remettre au pot,
Réponse de le 30/07/2015 à 22:26 :
Morgan de toi
a écrit le 30/07/2015 à 21:49 :
La dette dont ne parle pas le Dr Schauble et SON Eurogroupe.
Les dégâts sanitaires dus aux pollutions chimiques coûtent 157 milliards d’euros par an à l’Europe. Une grande part incombe à l’Allemagne, qui domine le secteur de la chimie
Réponse de le 30/07/2015 à 23:11 :
Arrêtez de vous laver
Arrêtez de nettoyer vos sols
Arrêtez de peindre vos murs
Arrêtez de consommer !
Réponse de le 30/07/2015 à 23:53 :
Ok et le domaine de la tricherie, du je m'en foutisme et du "après nous le deluge" qui est ce qui le domine ??
Se comparer a meilleurs que soit ça fait toujours mal, alors bien sur il est plus simple de leur ajouter des handicaps que de s'améliorer soi-même !!
Stop a la malhonnêteté de ce sinistre relent anti germanique !!
a écrit le 30/07/2015 à 21:46 :
Ben c est pas dur, le FMI n a qu a faire don de ce qu'il a déjà donné avant de remettre au pot,
Réponse de le 30/07/2015 à 22:36 :
Pour RAPPEL : le fmi, organisme américain qui empêche un état de faire défaut pour bien payer les plus riches, est BENEFICIAIRE. Logique : il est plus simple de piquer aux pauvres : ils n'ont aucun pouvoir.
a écrit le 30/07/2015 à 21:34 :
L'Allemagne va-t-elle s'émanciper de son suzerain états-unien et ainsi provoquer une sortie de la Grèce de la zone Euro avant la fin de l'année ?

Ou au contraire, va-t-elle avaler la gross couleuvre, virer Schaüble, accepter les Etats-unis d'Europe chantés par les Young leaders et autre Bertelsmann Foundation et payer ad vitam eternam pour les pays du sud en voie de désindustrialisation rapide.

Je pense qu'environ 350 journalistes vont désormais suivre le feuilleton au Bundestag attendant la fumee qui sortira, noire ou rouge.

Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai l'impression qu'on va voir la couleuvre lovée en France, faire un petit tour sur les bords de la Spree.
Réponse de le 30/07/2015 à 23:14 :
On fera sans le FMI
Sinon c'est la sortie de la grece

Si vous voulez payer pour les retraites grecs les milliardaires grecs et leur bazar d'état envoyer votre chèque
Réponse de le 31/07/2015 à 9:04 :
@Ben non

C'est un message automatique ?
Parce que là, vous ne semblez pas avoir compris ma pensée.

Sinon, je n'ai pas de chequier, mais je peux payer par carte si vous voulez.
Au fait on paie quoi ?
Les fraudeurs grecs, qui sont les copains des fraudeurs luxembourgeois, allemands et français, qui sont soit au pouvoir (sauf en Grèce !), soit les copains de ceux qui sont au pouvoir ?
l'avantage compétitif des Allemands et de leurs satellites ?
La désindustrialisation de la Grece, de l'Italie, etc. ?
Les monstrueuses "erreurs" de calcul de la Troïka ?
Les déficits états-uniens astronomiques ?

Changez de logiciel et vous comprendrez.
a écrit le 30/07/2015 à 21:32 :
Les allemands ont une dette de plus de 2000 milliards tout comme la France et
l'Italie l'Espagne 1,6 milliards alors les 350 milliards des Grecs
c'est un pourboire.
Tout le monde doit à tout le monde dans cette affaire.
a écrit le 30/07/2015 à 21:13 :
C'est tôt simplement une HONTE , je suis déçu de cette réaction de Mde Lagarde
Effectivement , elle se fait piloter par les USA . C'est triste
a écrit le 30/07/2015 à 21:13 :
C'est tôt simplement une HONTE , je suis déçu de cette réaction de Mde Lagarde
Effectivement , elle se fait piloter par les USA . C'est triste
a écrit le 30/07/2015 à 19:36 :
Excellent : cela prouvera que les Allemands (ainsi que le reste de la Zone Euro) est bien une colonie us. Ou alors, faudra le faire mais discrètement... Notes, l'avis du bétail...

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