Grèce : Varoufakis s'explique sur son incroyable plan B

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(Article créé le 26/07/2015 à 14:29, mis à jour le 27/07/2015 à 11:10)
Un plan B pour le moins explosif. Yanis Varoufakis, l'ancien ministre grec des Finances, prévoyait de pirater la plateforme de l'administration fiscale grecque dans le but de créer un système bancaire parallèle en cas de faillite. Ce plan figure dans la retranscription d'une conversation attribuée à Yanis Varoufakis et Norman Lamont, qui fut également en charge des Finances mais au Royaume-Uni, publiée dimanche 26 juillet par le quotidien Ekathimerini. Des responsables de hedge funds auraient également assisté à cette téléconférence qui aurait eu lieu le 16 juillet, soit une semaine après la démission de Yanis Varoufakis.
Selon ces propos rapportés, l'ancien ministre qui a démissionné après le référendum de juillet aurait notamment déclaré:
Ce plan aurait consisté à créer un système permettant de transférer des fonds directement des contribuables aux organisations ou entreprises créancières de l'Etat en cas de tarissement des fonds voire de fermeture des banques. Il est notamment écrit dans cet article:
Ce système initialement libellé en euro aurait même pu être rapidement transformé afin d'utiliser les nouvelles "drachmes" en cas de "Grexit" effectif. Seulement, une fois aux commandes, l'ex-ministre aurait constaté que la direction générale des impôts étant régie de fait par un représentant de la Troïka (BCE, Commission européenne et FMI), il n'était pas possible de tester ce plan sans éveiller les soupçons. Yanis Varoufakis aurait alors envisagé de pirater son propre système fiscal. Il aurait consulté secrètement un ami expert en informatique et professeur à l'université américaine de Columbia à ce sujet.
"Vous ne devez pas répéter cela, c'est totalement entre nous", aurait demandé l'ancien ministre grec à ses interlocuteurs selon les documents de Ekatherimini. Si l'information venait à fuiter, "je nierais l'avoir dit", est-il encore attribué à l'ancien ministre.
Un responsable du quotidien britannique The Telegraph indique ce dimanche avoir contacté le principal intéressé. Il écrit sur Twitter:
De son côté, le site du quotidien grec signale que le parti d'opposition Nouvelle Démocratie organisera lundi une réunion extraordinaire pour évoquer ces révélations. L'agence Reuters ajoute que le centriste To Potami et les socialistes du Pasok feront de même.
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Le sujet semble pris d'autant plus au sérieux dans la classe politique grecque qu'un autre programme de secours aurait été préparé, cette fois par l'ancien ministre de l'Energie, Panagiotis Lafazanis. Dans une interview à l'édition dominicale de RealNews Daily, ce dernier déclare avoir proposé de réquisitionner les fonds de la Banque centrale grecque en cas de Grexit. Il a toutefois nié une affirmation du Financial Times selon laquelle il envisageait même d'arrêter le gouverneur de cette institution, Yannis Stournaras, en cas de résistance de sa part.
Malgré ce plan surprenant, c'est un tout autre scénario qui s'est finalement produit, avec une fermeture des banques suivie d'un référendum et finalement d'une capitulation de la part du Premier ministre, Alexis Tsipras. Des envoyés de la Troïka, de retour après des mois d'absence, doivent d'ailleurs démarrer leurs travaux à Athènes à partir de mardi 28 juillet.
Pourquoi ce plan B - s'il a réellement existé - n'a-t-il pas été mené à son terme ? Dans cet entretien restranscrit, Yanis Varoufakis, clame qu'il comptait sur une équipe composée d'un millier de personnes afin de le faire aboutir. Faute d'accord de la part du chef du gouvernement, il n'aurait pu réunir ces effectifs.
Comme prévu, c'est au Telegraph que Varoufakis a choisi de se confier dimanche en fin d'après-midi. S'il confirme les citations du quotidien Ekathimerini sur l'élaboration d'un plan B, il dénonce la manière dont les médias grecs ont manipulé ses propos, en particulier sur la question du retour à la drachme.
Dans un entretien accordé au quotidien britannique le Telegraph dimanche, il assure que certains médias grecs cherchent à le faire tomber :
Sur son compte Twitter, il ne cache pas non plus sa colère : "Alors comme ça, j'allais prendre en otage les numéros fiscaux des contribuables ? Impressionné par l'imagination de mes diffamateurs".
Et déplore des "accusations (qui) déforment totalement le but du système bancaire parallèle comme je l'avais imaginé. J'ai toujours été opposé à la sortie de l'euro parce que nous ignorons les forces obscures que cela pourrait faire déferler sur l'Europe".
Au Telegraph, il confie que ce fameux système bancaire parallèle à l'étude était "très bien conçu":
L'ancien ministre explique que Alexis Tsipras, d'abord partant, a finalement reculé à la dernière minute :
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Le soir du 5 juillet, qui consacre le "Oxi" en Grèce, Varoufakis lui, aurait voulu se servir de la victoire écrasante du "non" du peuple grec pour mettre à profit son plan. Mais faute d'avoir obtenu le soutien de son Premier ministre, il a préféré renoncer à son plan, et à son poste :
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