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ÉconomieUnion européenne

Grèce : un député de Syriza démissionne, sans dommage pour Alexis Tsipras

Photo de Romaric Godin

Romaric Godin

Publié le 19 novembre 2015 à 14:29 - Mis à jour le 19 novembre 2015 à 15:13

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Gabriel Sakellaridis, ancien porte-parole du gouvernement Tsipras I, a démissionné de son poste de député pour ne pas voter les textes exigés par les créanciers. Ce pourrait cependant être une bonne nouvelle pour le premier ministre.

C'est une rupture qui en dit long sur le nouvel Alexis Tsipras. Ce jeudi 19 novembre, Gabriel Sakellaridis, un député de Syriza, le parti du premier ministre grec, a annoncé sa démission. « Il ne m'est plus possible de contribuer à la mise en place des politiques du gouvernement », a-t-il indiqué avant d'annoncer son retrait de la vie politique. Cette démission intervient alors que la Vouli, le parlement grec, doit voter, ce jeudi 19 novembre au soir un texte intégrant 48 mesures réclamées par les créanciers et acceptées mardi par le gouvernement. Il s'agissait donc pour lui de ne pas voter ce texte.

Ancien porte-parole du gouvernement

Gabriel Sakellaridis n'est pas n'importe qui. Pendant les six mois qui ont agité la Grèce entre l'élection du 25 janvier 2015 et l'acceptation des conditions des créanciers le 13 juillet, il a été porte-parole du gouvernement. Agé de 35 ans, économiste, il était considéré comme un proche d'Alexis Tsipras. C'est lui qui avait été choisi en 2014 pour contester la mairie de la ville d'Athènes lors des élections municipales. Il avait échoué de peu, recueillant 41,9 % des voix. Des tensions avec le premier ministre étaient cependant apparues puisque ce dernier avait décidé de le remplacer au poste de porte-parole du gouvernement le 17 juillet, lors du remaniement qui avait expulsé les dissidents opposés à l'accord avec les créanciers.

Un modéré réélu le 20 septembre

Gabriel Sakellaridis n'avait cependant pas rejoint le parti dissident de Syriza, Unité Populaire, car il est connu comme un membre de l'aile modérée du parti. Il avait, du reste, figuré sur les listes de Syriza pour les élections du 20 septembre. Ces listes avaient été constituées avec soin par Alexis Tsipras et Gabriel Sakellaridis avait donc accepté de faire campagne pour l'application du mémorandum du 19 août qui était le programme officiel du parti. Sa démission liée à sa volonté de se démarquer de l'application de la politique du parti est donc surprenante.

Pas de changement de majorité

Cette démission ne change fondamentalement rien à la situation au parlement. En choisissant de quitter la Vouli et non pas seulement le groupe de Syriza, Gabriel Sakellaridis rend en réalité un fier service à Alexis Tsipras. Il sera en effet remplacé par un « fidèle », sans doute le ministre de la réforme de l'Etat, Christoforos Vernardakis. La majorité du premier ministre restera donc la même : 155 députés, soit quatre de plus que la majorité absolue. En entrant dans l'opposition à la Vouli, Gabriel Sakellaridis aurait ouvert une brèche et un appel d'air pour d'autres députés de Syriza tout en réduisant la majorité du gouvernement.

Une aide indirecte à Alexis Tsipras

Mieux même, en démissionnant et en quittant la vie politique, Gabriel Sakellaridis donne implicitement raison à Alexis Tsipras en reconnaissant que, même si la politique du gouvernement est mauvaise, il n'est pas possible de la contester par une action politique. C'est un signe de découragement plus que de révolte. Le premier ministre hellénique peut ainsi y trouver une justification de son action, lui qui a toujours critiqué le mémorandum, tout en expliquant qu'il n'existait pas d'alternative à ce dernier et qu'il était plus sage qu'il l'applique plutôt que les autres partis. Certes, cette démission montre qu'il existe un certain malaise devant la politique menée par le premier ministre, mais ce n'est pas réellement une porte ouverte vers la dissidence.

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Renforcer l'unité de Syriza

Enfin, ce départ pourra être utilisé comme un signe de fermeté par Alexis Tsipras. La démission d'un proche qui refuse de voter les mesures d'austérité montre en effet que le premier ministre est désormais décidé à ne plus tolérer de dissidence d'aucune forme. Syriza, jadis une coalition lâche, est devenue désormais un parti monolithique et personnalisé. C'est un message envoyé aux créanciers : Alexis Tsipras est désormais déterminé à l'application du mémorandum et rien, surtout pas la mauvaise conscience des députés de Syriza, ne pourra l'en empêcher. Les créanciers ne manqueront pas d'apprécier cette unité qui sera encore prouvée ce jeudi soir par le vote des mesures qu'ils ont réclamées.

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Reste évidemment que le cas de Gabriel Sakellaridis est particulier. Si les tensions sociales s'exacerbent - et les semaines passées ont vu les manifestations violentes des paysans et la première grève générale depuis le 25 janvier - les députés de Syriza pourraient devenir moins unis, malgré les pressions d'Alexis Tsipras. Déjà, il a dû faire face à plusieurs critiques internes sur la loi sur les saisies de résidence prinicipale, alors qu'il a dû accepter un durcissement de la loi.

Romaric Godin

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