Guerre en Ukraine: l'Allemagne plaide pour plus de défense aérienne en faveur de l'armée ukrainienne
latribune.fr

Un systeme de defense antimissile patriot
RADOVAN STOKLASA
latribune.fr

Un systeme de defense antimissile patriot
RADOVAN STOKLASA
L'Ukraine n'a de cesse depuis des mois de réclamer plus de moyens pour sa défense aérienne face aux bombardements russes. Et compte sur le soutien de l'Allemagne à ce sujet, réitéré ce mardi avec la visite surprise à Kiev de la cheffe de la diplomatie allemande, Annalena Baerbock, sa huitième depuis le début de l'invasion russe en février 2022.
La responsable allemande est arrivée en Ukraine après une nouvelle attaque nocturne russe de drones explosifs sur la ville de Kharkiv et d'autres régions du pays. L'objectif de sa venue est d'assurer les interlocuteurs ukrainiens du soutien de l'Allemagne et de l'UE, même compte tenu de l'aggravation de la situation des combats, selon le ministère des Affaires étrangères.
Pour cela, et pour se protéger de la « pluie de missiles et de drones russes », l'Ukraine a « besoin de toute urgence d'une défense aérienne renforcée », a-t-elle déclaré. « La situation en Ukraine s'est encore une fois dramatiquement aggravée avec les frappes aériennes russes massives sur les infrastructures civiles et la brutale offensive russe dans la région de Kharkiv », a-t-elle insisté, après son arrivée en train de nuit dans la capitale ukrainienne.
L'armée de l'air ukrainienne a indiqué ce mardi avoir abattu, dans la nuit, 28 drones explosifs Shahed sur 29 lancés par la Russie. Notamment sur la ville de Kharkiv, la deuxième du pays, et des régions du sud et du centre de l'Ukraine. À Kharkiv justement, une trentaine de camions, bus et voitures ont été endommagés, et deux maisons, un garage et un minibus incendiés par la chute de débris de drones, a précisé le gouverneur régional, Oleg Synegoubov, sur Telegram. Deux personnes ont par ailleurs été blessées tôt dans la ville, « à la suite d'une attaque de roquettes contre une entreprise de transport », a-t-il ajouté.
C'est pourquoi l'Ukraine réclame aux Occidentaux plus de systèmes de défense aérienne pour protéger cette région frontalière de la Russie, régulièrement la cible de bombardements. Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a estimé vendredi dernier que son pays n'a qu'un quart des systèmes de défense antiaérienne dont il a besoin et nécessite également 120 à 130 avions de combat F-16 pour pouvoir prétendre mettre fin à la domination de la Russie dans les airs. Faute d'un nombre suffisant de systèmes de défense, les infrastructures énergétiques ukrainiennes ont été considérablement endommagées cette année par les centaines de missiles, de drones et de bombes lancés par l'armée russe.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Il a aussi relevé un paradoxe du côté des Occidentaux. « Nous nous trouvons dans une situation absurde où l'Occident a peur que la Russie perde la guerre. Et (en même temps) il ne veut pas que l'Ukraine la perde. Parce que la victoire finale de l'Ukraine mènera à la défaite de la Russie. Et la victoire finale de la Russie mènera à la défaite de l'Ukraine », a-t-il ajouté.
Depuis le début de l'offensive russe sur ses terres, l'Ukraine peut compter sur le soutien des Occidentaux. Mais ces derniers mois, l'aide militaire américaine s'est quasi tarie, bloquée presque totalement pendant plusieurs mois à cause de désaccords au Congrès, et l'européenne a pris du retard en raison là aussi de mésententes entre les Vingt-Sept. Si bien que l'armée ukrainienne s'est retrouvée affaiblie face aux soldats russes mieux armés.
Maintenant que les États-Unis ont débloqué l'enveloppe de 61 milliards de dollars d'assistance, le président ukrainien veut voir des livraisons se concrétiser.
À lire également
En visite en Ukraine la semaine dernière, le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a assuré que l'aide américaine « est en route ». Côté européen, l'Allemagne fait partie des grands soutiens de l'Ukraine. Le pays a annoncé en avril l'envoi d'un système Patriot supplémentaire de défense antiaérienne à l'Ukraine et a pressé ses alliés européens de suivre son exemple. La République tchèque a aussi lancé un programme pour financer l'achat de munitions pour l'Ukraine. Au niveau de l'ensemble de l'Union européenne, les Vingt-Sept ont conclu la semaine dernière un accord « de principe » pour saisir les revenus provenant des avoirs de la Russie gelés dans l'UE afin d'armer l'Ukraine. Une manne qui représentera entre 2,5 et 3 milliards d'euros par an en faveur de Kiev.
(Avec AFP)
latribune.fr