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La Russie menace de frapper les installations militaires britanniques en Ukraine « et au-delà »

latribune.fr

Publié le 06 mai 2024 à 15:13 - Mis à jour le 06 mai 2024 à 16:49

Le président russe, Vladimir Poutine. (photo d'illustration)

Le président russe, Vladimir Poutine. (photo d'illustration)

Valeriy Sharifulin

Le Quotidien Numérique

04 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Moscou a menacé lundi de frapper « toute installation ou équipement militaire britannique sur le territoire ukrainien et au-delà », si Kiev utilisait des « armes britanniques » contre des cibles en Russie. Ces déclarations interviennent après les propos du chef de la diplomatie britannique David Cameron « sur le droit de l'Ukraine à frapper le territoire de la Russie à l'aide d'armes britanniques ».

La Russie met en garde le Royaume-Uni. Le ministère russe des Affaires étrangères a affirmé ce lundi que ses forces pourraient frapper « toute installation ou équipement militaire britannique sur le territoire ukrainien et au-delà », si Kiev utilisait des « armes britanniques » contre des cibles en Russie.

La porte-parole de la diplomatie russe a publié sur Telegram des vidéos des arrivées successives des deux ambassadeurs britannique et français au ministère des Affaires étrangères, indiquant qu'ils avaient été convoqués. Dans un communiqué, la diplomatie russe a indiqué que l'ambassadeur britannique Nigel Casey l'avait été après des déclarations du ministre britannique des Affaires étrangères David Cameron « sur le droit de l'Ukraine à frapper le territoire de la Russie à l'aide d'armes britanniques ».

«N. Casey a été prévenu que n'importe quelle installation militaire ou équipement britannique en Ukraine et au-delà de ses frontières pourraient être pris pour cible en riposte à des frappes ukrainiennes avec des armements britanniques sur le territoire russe», a indiqué le ministère russe dans ce communiqué.

Selon la diplomatie russe, les propos de David Cameron « contredisent directement les assurances données par la partie britannique lors du transfert de missiles longue portée à l'Ukraine », selon lesquelles ils ne seraient pas utilisés contre le « territoire russe ».

Nigel Casey a été « invité à réfléchir aux conséquences catastrophiques des mesures hostiles prises par Londres » et à désavouer les déclarations de David Cameron, a ajouté la diplomatie russe dans ce communiqué. Aucun commentaire n'a été fait dans l'immédiat sur la convocation de l'ambassadeur français à Moscou, Pierre Lévy, ni sur les causes de cette convocation.

Moscou dénonce la politique «provocatrice» de Paris

La Russie a également convoqué lundi l'ambassadeur français à Moscou pour dénoncer la politique « provocatrice » de Paris concernant le conflit en Ukraine, après que le président français Emmanuel Macron a évoqué à nouveau la possibilité d'envoyer des troupes occidentales au sol en Ukraine.

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« Du fait des déclarations de plus en plus belliqueuses des autorités françaises et de la réception d'informations faisant étant d'une implication grandissante de la France dans le conflit autour de l'Ukraine (...) l'ambassadeur de France Pierre Lévy a été convoqué », a indiqué dans un communiqué la diplomatie russe. « La partie russe a présenté son évaluation de principe de la ligne destructrice et provocatrice de Paris, qui conduit à une escalade du conflit », a-t-elle ajouté.

Selon cette source, « les tentatives des autorités françaises de créer une sorte "d'ambiguïté stratégique" pour la Russie, avec leurs déclarations irresponsables sur le possible envoi de contingents occidentaux en Ukraine, sont vouées à l'échec ». « Les objectifs et les missions de l'opération militaire spéciale (en Ukraine) seront atteints », conclut le communiqué.

Dans un entretien à l'hebdomadaire The Economist, publié jeudi, Emmanuel Macron a assumé sa position sur le possible envoi de troupes en Ukraine. « Si les Russes devaient aller percer les lignes de front, s'il y avait une demande ukrainienne - ce qui n'est pas le cas aujourd'hui - on devrait légitimement se poser la question », a dit le président français. Il avait créé la controverse fin février en affirmant que l'envoi de forces armées occidentales sur le sol ukrainien ne devait pas « être exclu » à l'avenir.

Le président russe Vladimir Poutine a par ailleurs ordonné la tenue prochaine d'exercices nucléaires en réponse aux propos de dirigeants occidentaux, dont son homologue français Emmanuel Macron, concernant le possible envoi de soldats de l'Otan en Ukraine, selon le Kremlin. Le ministère russe de la Défense a assuré que cela répondait à des « menaces » proférées par des dirigeants occidentaux contre la Russie.

David Cameron s'est rendu à Kiev la semaine dernière

Le chef de la diplomatie britannique s'est rendu à Kiev jeudi dernier. Il y a notamment rencontré le président Ukrainien Volodymyr Zelensky, le Premier ministre Denys Chmygal et son homologue Dmytro Kuleba, selon le ministère britannique des Affaires étrangères.

A LIRE AUSSI

Envoi de troupes en Ukraine : « On devrait légitimement se poser la question » si Kiev en faisait la demande, insiste Emmanuel Macron

David Cameron a annoncé à Kiev l'intention du Royaume-Uni de réunir ses partenaires internationaux le mois prochain pour collecter davantage de contributions au Fonds international pour l'Ukraine (IFU, administré par le Royaume-Uni), afin de répondre aux besoins de Kiev en matière d'armement face à l'invasion russe.

Depuis sa création en 2022, le fonds, qui regroupe Royaume-Uni, Norvège, Pays-Bas, Danemark, Suède et Lituanie, avec des contributions de l'Islande, l'Australie et la Nouvelle-Zélande, a rassemblé jusqu'à présent 900 millions de livres sterling de promesses de dons.

«L'Ukraine se défend farouchement contre l'invasion illégale de la Russie, faisant d'une guerre que Poutine pensait durer quelques jours prendre des années», a déclaré David Cameron dans un communiqué. «Mais cette guerre est le défi de notre génération, et l'Ukraine ne peut pas le relever seule», a-t-il ajouté, soulignant la nécessité de faire en sorte que le pays ait ce dont il a «besoin pour gagner».

« A travers notre financement militaire pluri-annuel, la fourniture d'armes et un soutien vital pour protéger et réparer les infrastructures énergétiques de l'Ukraine, le Royaume-Uni se tient aux côtés de l'Ukraine » et le fera « aussi longtemps qu'il le faudra », a-t-il ajouté.

584 millions d'euros d'aide supplémentaire

Le ministre britannique des Affaires étrangères a en outre annoncé le début des négociations avec l'Ukraine pour un vaste partenariat de cent ans sur la coopération dans le commerce, la sécurité, mais aussi des sujets comme la science, la culture ou l'éducation, évoqué par le Premier ministre britannique Rishi Sunak lors d'une visite surprise à Kiev en janvier.

A LIRE AUSSI

Guerre en Ukraine : la Norvège, un des plus gros soutiens de Kiev, accroît son aide militaire et civile

La visite de David Cameron intervient un peu plus d'une semaine après que le Premier ministre britannique Rishi Sunak a annoncé une aide supplémentaire de 500 millions de livres sterling (584 millions d'euros) pour atteindre trois milliards de livres par an (3,5 milliards d'euros), ainsi que la fourniture de nouvelles munitions.

À lire également

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Celles-ci comprennent des bombes à guidage de précision, des missiles de défense aérienne et des équipements pour cent équipes mobiles de défense aérienne pour permettre à l'Ukraine d'abattre drones et missiles russes, selon la diplomatie britannique.

(Avec AFP)

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