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Envoi de troupes en Ukraine : « On devrait légitimement se poser la question » si Kiev en faisait la demande, insiste Emmanuel Macron

latribune.fr

Publié le 02 mai 2024 à 10:58 - Mis à jour le 02 mai 2024 à 11:26

Fin février déjà, Emmanuel Macron avait affirmé que l'envoi de troupes occidentales ne devait pas « être exclu ».

Fin février déjà, Emmanuel Macron avait affirmé que l'envoi de troupes occidentales ne devait pas « être exclu ».

Reuters

Le Quotidien Numérique

11 juillet 2026

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Le chef de l'Etat a affirmé que « si les Russes devaient aller percer les lignes de front, s'il y avait une demande ukrainienne - ce qui n'est pas le cas aujourd'hui - on devrait légitimement se poser la question » de l'envoi de troupes occidentales au sol en Ukraine, dans un entretien à The Economist, confirmant ainsi ses propos tenus fin février. Mais le président s'était alors heurté à l'opposition des voisins européens.

Emmanuel Macron persiste et signe : l'envoi de troupes occidentales au sol en Ukraine n'est pas exclu. Le chef de l'Etat, qui s'exprimait ce jeudi dans une interview accordée au journal britannique The Economist a déclaré que « si les Russes devaient aller percer les lignes de front, s'il y avait une demande ukrainienne - ce qui n'est pas le cas aujourd'hui - on devrait légitimement se poser la question ». « L'écarter a priori, c'est ne pas tirer les enseignements des deux dernières années », alors que les pays de l'Otan avaient d'abord exclu l'envoi à l'Ukraine de chars et d'avions avant de finalement changer d'avis, a-t-il ajouté.

Ces propos font écho à ceux tenus fin février par le président de la République concernant le fait que l'envoi de troupes occidentales ne devait pas « être exclu ». Il avait alors expliqué avoir voulu ainsi remettre de « l'ambiguïté stratégique » dans la réponse européenne à l'invasion russe de l'Ukraine, au nom d'un « sursaut » qu'il appelle de ses vœux.

Deux semaines plus tard, il affirmait, de nouveau, que des opérations au sol en Ukraine par les Occidentaux seraient peut-être nécessaires « à un moment donné ». « Peut-être qu'à un moment donné - je ne le souhaite pas, n'en prendrai pas l'initiative - il faudra avoir des opérations sur le terrain, quelles qu'elles soient, pour contrer les forces russes », avait-il averti dans cet entretien accordé au Parisien. « La force de la France, c'est que nous pouvons le faire », avait-il estimé.

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« Comme je l'ai dit, je n'exclus rien, parce que nous avons face à nous quelqu'un qui n'exclut rien », a-t-il ainsi réaffirmé dans son entretien à The Economist en référence au président russe Vladimir Poutine. « Nous avons sans doute été trop hésitants en formulant les limites de notre action à quelqu'un qui n'en a plus et qui est l'agresseur », a-t-il poursuivi.

« J'ai un objectif stratégique clair : la Russie ne peut pas gagner en Ukraine. Si la Russie gagne en Ukraine, nous n'aurons plus de sécurité en Europe. Qui peut prétendre que la Russie va s'arrêter là ? Quelle sécurité pour les autres pays avoisinants, la Moldavie, la Roumanie, la Pologne, la Lituanie et tant d'autres ? Et derrière, quelle crédibilité pour les Européens qui auraient dépensé des milliards, qui auraient dit que c'est la survie du continent qui se jouait là et qui ne se seraient pas donnés les moyens de stopper la Russie ? Donc oui, nous ne devons rien exclure », a-t-il insisté.

Opposition européenne

Mais cette position est loin de faire consensus en Europe. Les premières déclarations d'Emmanuel Macron en février avaient d'ailleurs suscité des réactions catégoriques à commencer par l'Allemagne dont le chancelier Olaf Scholz avait affirmé qu'« aucun soldat » ne serait envoyé en Ukraine par des pays d'Europe ou de l'Otan. Il avait ainsi estimé que « ce qui a été décidé entre nous dès le début continue à être valide pour l'avenir », à savoir « qu'il n'y aura aucune troupe au sol, aucun soldat envoyé ni par les Etats européens, ni par les Etats de l'Otan sur le sol ukrainien ».

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De même, le Premier ministre suédois Ulf Kristersson, dont le pays va devenir le 32e membre de l'Otan, avait assuré que l'envoi de troupes en Ukraine n'est « pas d'actualité » quand le gouvernement espagnol a répondu n'être « pas d'accord » avec les propos d'Emmanuel Macron. Le gouvernement italien avait, lui, souligné que l'aide occidentale à l'Ukraine « ne prévoit » pas le déploiement de troupes européennes ou de l'Otan.

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Enfin, cette possibilité n'a pas, non plus, trouvé d'écho favorable outre-Atlantique. Plusieurs porte-paroles américains, de la Maison Blanche au département d'Etat en passant par le Pentagone, avaient, en effet, catégoriquement rejeté l'idée. « Le président Biden a été clair sur le fait que les Etats-Unis n'enverront pas de soldats combattre en Ukraine », avait ainsi déclaré Adrienne Watson, porte-parole adjointe du Conseil de sécurité nationale (NSC).

(Avec AFP)

latribune.fr

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