Inquiétude de Bruxelles sur la présidence hongroise du Conseil de l’Union européenne
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La Hongrie prendra le 1er juillet prochain la présidence du Conseil de l'Union européenne.
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La Hongrie prendra le 1er juillet prochain la présidence du Conseil de l'Union européenne.
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C'est une perspective qui inquiète. La Hongrie de Viktor Orban va prendre, à partir du 1er juillet, la présidence du Conseil de l'Union européenne pour six mois. Une responsabilité qui ne rassure guère Bruxelles, où les blocages répétés de Budapest agacent plus d'un Etat membre.
Le Conseil de l'UE rassemble les 27 Etats membres au niveau ministériel, en fonction des sujets qu'ils ont à traiter. Il est présidé à tour de rôle, pour six mois, par un des pays membres. Et, de l'Ukraine à l'Etat de droit, en passant par l'immigration, la liste est longue des sujets où la Hongrie a mis son veto ou bloqué une décision pendant des semaines, lors des discussions au sein du Conseil.
Depuis, les choses ont un peu progressé, Budapest ayant finalement accepté l'ouverture formelle des négociations d'adhésion avec Kiev, dont le coup d'envoi sera donné mardi. Mais l'aide militaire de l'UE à l'Ukraine, d'un montant de 6,6 milliards d'euros, est toujours bloquée. Et la future présidence hongroise n'a, semble-t-il, aucune intention de lever son veto.
« Nous avons besoin de clarté » sur le sujet, a affirmé cette semaine l'ambassadeur hongrois auprès de l'UE, Balint Odor, en présentant les priorités de son pays pour les six mois à venir. Il s'est ensuite voulu rassurant : « Ce sera une présidence comme les autres, nous agirons en tant que médiateur impartial », a-t-il promis mardi à Bruxelles.
Pourtant, le slogan choisi par Budapest pour ses six mois de présidence affiche la couleur : « Make Europe Great Again (MAGA) » (« Rendre sa grandeur à l'Europe ») Une formule qui n'a rien d'anodin à Bruxelles, où le slogan de l'ancien président américain Donald Trump (« Make America Great Again »), sent le soufre.
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« Totale provocation », résume Andreas Bock, expert de la Hongrie au think tank Conseil européen pour les relations internationales (ECFR). « Ce slogan montre où Orban veut conduire l'UE vers l'autocratie », s'est insurgé l'eurodéputé allemand Daniel Freund (Verts, écologistes).
Mais pour Budapest, il ne faut y voir aucune allusion. « Notre devise renvoie à l'idée d'une présidence active et de terrain, au fait que nous sommes plus forts ensemble, dans le respect de notre identité », a déclaré, mardi, le ministre des Affaires européennes Janos Boka.
Interrogé sur les liens avec le mouvement MAGA de l'ancien président américain, il a répondu par une boutade. « A ma connaissance, Donald Trump n'a jamais voulu rendre l'Europe forte », a-t-il lancé.
La présidence tournante du Conseil des ministres de l'Union européenne permet au pays qui la détient de contrôler l'agenda des réunions des 27. C'est un pouvoir non négligeable mais pas absolu, ont souligné plusieurs diplomates européens.
Mais la Hongrie va-t-elle réellement jouer le jeu ? « Les Hongrois vont s'attacher à être super professionnels », a jugé sur ce point un diplomate européen habitué des négociations entre les 27.
D'autant que leur présidence aura un agenda nettement moins chargé que la précédente. « Au cours des prochains mois, les institutions européennes vont se concentrer sur la répartition des postes et sur la nomination de la nouvelle Commission, ce qui réduira l'activité législative », souligne Andreas Bock.
Cela n'empêchera probablement pas Viktor Orban, qui aime être au centre de l'attention, d'essayer « d'imprimer sa marque » pendant ces six mois, selon le diplomate. « On peut s'attendre à une présidence du Conseil de l'UE avec quelques accents hongrois », résume Andreas Bock.
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La question des fonds bloqués par Bruxelles risque de planer au-dessus de ces six mois. L'UE gèle actuellement quelque 19 milliards d'euros destinés à la Hongrie dans le cadre de différentes procédures, liées aux manquements reprochés à Budapest en matière de droits des personnes LGBT+, des demandeurs d'asile, et de lutte contre la corruption.
(Avec AFP)
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