L'économie européenne démarre l'année sur de bonne base, mais reste fragile

Sur le podium des économies motrices de l'UE, l'Allemagne a réduit sa prévision de croissance pour 2025 de 1,1% à 0,3%.
Ralph Orlowski

Sur le podium des économies motrices de l'UE, l'Allemagne a réduit sa prévision de croissance pour 2025 de 1,1% à 0,3%.
Ralph Orlowski
Début d'année encourageant pour l'économie de la zone euro. Selon l'indice PMI Flash, publié ce vendredi par S&P Global, l'activité du secteur privé a renoué avec la croissance en janvier, après deux mois de contraction. Calculé sur la base de sondages d'entreprises, l'indice s'est redressé à 50,2, contre 49,6 en décembre. À noter qu'un chiffre situé au-dessus de la barre des 50 signale une croissance de l'activité, tandis qu'un chiffre en deçà reflète une contraction.
« Le secteur privé de la zone euro a affiché des résultats relativement encourageants en ce début d'année 2025 », s'est réjoui auprès de l'AFP Cyrus de la Rubia, économiste pour la Hamburg Commercial Bank (HCOB), partenaire de S&P Global. « Les dernières données PMI Flash mettent en évidence une légère reprise de l'expansion en janvier, après deux mois consécutifs de contraction », explique-t-il.
« Enfin des nouvelles positives en provenance de la zone euro. Ce n'est pas énorme, mais une légère augmentation de l'indice PMI, qui porte le niveau au-dessus de 50, c'est tout de même quelque chose », salue également Bert Colijn, économiste de la banque ING.
Globalement, la meilleure dynamique dans la zone euro résulte d'une amélioration de la situation du secteur manufacturier. « La récession industrielle a perduré en début d'année, mais la contraction s'est légèrement atténuée par rapport à décembre », souligne l'économiste de la HCOB. Cette contraction a même atteint son plus faible niveau depuis mai 2024.
Par ailleurs, l'amélioration de la conjoncture « s'est largement appuyée sur les performances de l'Allemagne, laquelle a vu son activité globale repartir à la hausse en début d'année », note-t-il, alors qu'en France l'enquête de S&P Global « continue de signaler une contraction du secteur privé », certes moins forte que les mois précédents. En outre, l'activité du secteur des services a augmenté pour le deuxième mois consécutif en janvier, bien qu'à un rythme modéré et légèrement plus faible qu'en décembre.
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Ceci étant dit, la conjoncture économique de l'Europe dans son ensemble souffre toujours d'une « faiblesse persistante », selon Jack Allen-Reynolds, expert de Capital Economist. L'expert table sur une croissance du produit intérieur brut (PIB) de seulement 0,1% au dernier trimestre de l'année 2024, par rapport au trimestre précédent.
De son côté, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) estime la croissance de la zone euro, à 1,7% sur l'ensemble de l'année 2025. Pour la région Europe dans son ensemble, la Banque mondiale table sur une croissance de 2,5 % en 2025, suivie d'une consolidation à 2,7 % en 2026.
Selon la Commission européenne, cette année la croissance européenne devrait notamment être soutenue par une demande intérieure plus forte, elle-même favorisée par une baisse de l'inflation, qui devrait se situer entre 2% et 2,5% dans la plupart des pays de la zone euro.
Quoi qu'il en soit, d'après un rapport récent de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), tout comme l'ensemble de l'économie mondiale, celle de l'Europe sera entravée par ces quatre facteurs : les conflits commerciaux, la pénurie d'investissements et le surendettement, et les tensions géopolitiques aggravent la situation.
Sur le podium des économies motrices de l'UE, l'Allemagne a réduit sa prévision de croissance pour 2025 de 1,1% à 0,3%, alors que son économie peine encore à se relever après deux ans de contraction. Malgré tout, d'après l'institut statistique du pays (Ifo), son industrie automobile et les exportations devraient jouer un rôle crucial. Même si le manque d'investissements semble persister.
Autre pays moteur de l'économie européenne, la France devrait, selon l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), avoir une croissance modérée de 0,9%. L'institut juge que la dette publique élevée et l'instabilité politique du pays, notamment autour du budget 2025, sont des facteurs d'incertitude.
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L'Espagne devrait par contre tirer son épingle du jeu par rapport à ses voisins : selon la Banque d'Espagne, le pays prévoit 2,3% de croissance. Une bonne dynamique tirée par le rebond du tourisme, le secteur de la construction. L'Italie vise, quant à elle, une croissance assez modérée de 1%.
(Avec AFP)