Baisse des taux : entre inflation et croissance, la BCE sur une ligne de crête
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L'économiste en chef de la BCE, Philip Lane.
YIANNIS KOURTOGLOU
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L'économiste en chef de la BCE, Philip Lane.
YIANNIS KOURTOGLOU
La Banque centrale européenne (BCE) avance sur une ligne de crête, selon son économiste en chef. Si les marchés anticipent plus de baisses des taux dans les mois à venir, il faut « s'assurer de trouver le juste milieu dans l'évolution des taux d'intérêt », affirme Philip Lane dans une interview au quotidien autrichien Der Standard ce lundi.
Pour rappel, la BCE a déjà réduit ses taux de 100 points de base depuis juin dernier, ramenant son principal taux directeur à 3% après une série de hausses sans précédent destinée à maîtriser l'envolée des prix, accentuée par la guerre en Ukraine.
L'inflation en zone euro a nettement diminué, passant de 10% fin 2022 à 2,4% en décembre 2024, grâce notamment à une baisse des prix de l'énergie. Cependant, pour atteindre durablement l'objectif de 2%, une nouvelle baisse de l'inflation des services, actuellement à 4%, sera nécessaire. « Si les taux d'intérêt baissent trop rapidement, il sera difficile de maîtriser l'inflation dans les services », prévient Philip Lane.
Mais les gardiens de l'euro ne souhaitent pas non plus maintenir les taux « trop élevés trop longtemps », au risque de faire chuter l'inflation globale bien en dessous de l'objectif, ce qui serait « également indésirable », prévient-il. Il importe donc de trouver « une voie médiane » sur l'évolution du loyer de l'argent qui ne soit « ni trop agressive ni trop prudente », a-t-il ajouté.
Une autre priorité est de veiller à ce que l'économie, encore pénalisée par les taux élevés, ne croisse pas « trop lentement », car cela risquerait de stabiliser l'inflation « en dessous de l'objectif », selon Philip Lane.
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La BCE prévoit une croissance de 1,1% en zone euro cette année et de 1,4% en 2026. Or, de tels taux de croissance faibles « représentent un défi majeur » et il serait « préférable que l'Europe croisse plus rapidement », selon l'économiste en chef. La BCE exclut pour l'instant le risque de récession dans la région, un scénario qui justifierait « une accélération spectaculaire de l'assouplissement monétaire », conclut-il.
Selon le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, la BCE pourrait abaisser ses taux directeurs jusqu'à un niveau proche de 2% « d'ici l'été prochain » grâce au recul de l'inflation.
« À 3%, notre taux directeur est nettement inférieur à ceux de la Fed américaine et de la Banque d'Angleterre. Mais il est encore significativement au-dessus du taux neutre, qui marque la frontière entre une politique restrictive et une politique accommodante », a-t-il déclaré mercredi dernier en présentant ses vœux. Ce taux neutre est « en moyenne proche de 2% en zone euro », a-t-il précisé, citant des estimations de la BCE. En décembre, il le situait « dans une fourchette entre 1,7 et 2,5% ».
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« Si le recul de l'inflation se confirme au cours des prochains trimestres comme nous le prévoyons, le bon sens est que nous allions sans ralentir le rythme vers ce taux neutre d'ici l'été prochain », a-t-il souligné. Avant d'ajouter : « Ceci favorisera le bon financement de l'économie, et lef repli du taux d'épargne des ménages. Le secteur de l'immobilier en bénéficiera dans son redémarrage progressif ». La prochaine réunion de politique monétaire de la BCE est prévue le 30 janvier, à Francfort.
(Avec AFP)
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