Le taux de chômage toujours stable en zone euro
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10,84 millions de personnes ont été sans emploi dans la zone euro en octobre.
Ralph Orlowski
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10,84 millions de personnes ont été sans emploi dans la zone euro en octobre.
Ralph Orlowski
L'emploi se maintient toujours en zone euro. Le taux de chômage est en effet resté stable en octobre, à 6,3% de la population active, selon les chiffres publiés ce lundi par Eurostat, l'office statistique de l'Union européenne. Un niveau même inchangé depuis le mois d'août. Et comparé à un an en arrière, le taux de personnes sans emploi s'inscrit en baisse de 0,3 point.
Malgré une faible croissance économique pour les 20 pays partageant la monnaie unique - +0,4% au troisième trimestre -, l'indicateur se maintient ainsi à son plus bas niveau depuis que l'organisme a commencé à compiler cette série, en avril 1998.
Si l'on élargit le spectre à l'ensemble des 27 pays membres de l'Union européenne, le chômage a atteint 5,9% en octobre. Un niveau, là aussi, inchangé depuis août et à son point bas historique. Ce qui a représenté 12,97 millions de personnes sans emploi en octobre dans l'UE, dont, 10,84 millions dans la zone euro.
Dans le détail, le taux de chômage s'établit bien au-dessus de la moyenne pour la France. À 7,6% en octobre, il est même en légère hausse de 0,1 point par rapport à septembre. L'Hexagone s'affiche ainsi à la sixième place des pays présentant le taux de chômage le plus élevé.
La première place revient à l'Espagne, avec un niveau particulièrement haut (11,2%, stable par rapport à septembre mais en baisse de 0,7 point sur un an). Le pays ibérique est suivi par la Grèce (9,8%), la Finlande et la Suède (8,5% chacun) et l'Estonie (8,1%). A contrario, les taux les plus faibles de l'UE ont été enregistrés en République tchèque (2,6%), à Malte (3%) et en Pologne (3,1%).
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De son côté, l'Allemagne, première puissance européenne, affiche un taux de chômage à 3,4% en octobre. C'est moins bien pour l'Italie (5,8%) mais quand même en dessous de la moyenne.
Eurostat fait aussi un focus sur le chômage des jeunes. Il s'avère qu'en octobre, 2,995 millions de jeunes (de moins de 25 ans) ont été au chômage dans l'UE, dont 2,427 millions dans la zone euro. Soit un taux de chômage des jeunes à 15,2% dans l'UE, en baisse de 0,1 point par rapport à septembre. Celui de la zone euro a, lui, atteint 15% (en hausse de 0,1 point comparé à septembre).
Des disparités existent en outre toujours entre les femmes et les hommes. Le taux de chômage des femmes s'est établi à 6,1% dans l'UE, stable depuis juillet, contre 5,7% pour celui des hommes (0,1 point de moins comparé aux trois mois précédents). Les deux se révèlent un peu plus élevés et stables en zone euro : 6,5% pour les femmes et 6,1% pour les hommes.
Pour la Commission européenne, l'avenir sera meilleur concernant le chômage. Dans ses dernières prévisions économiques publiées mi-novembre, elle prévoit une stabilisation du taux de chômage à 6,3% en 2025 et 2026 dans la zone euro. Et table sur un niveau moindre à 5,9% à l'échelle de l'UE, sur le même horizon. Ce qui devrait participer à soutenir la croissance du produit intérieur brut (PIB) du bloc européen, selon elle.
Bruxelles prévoit une progression du PIB de la zone euro de 0,8% cette année puis de 1,3% en 2025 et 1,6% en 2026. Et même un peu mieux pour l'ensemble de l'UE : +0,9% cette année avant +1,5% en 2025 et +1,8% en 2026.
Valdis Dombrovskis a toutefois mis en garde sur « l'incertitude géopolitique élevée » qui pourrait empêcher d'arriver à ces scénarii. L'invasion de l'Ukraine par la Russie et le conflit au Moyen-Orient font peser des risques notamment sur l'approvisionnement énergétique de l'Europe. Et le retour de Donald Trump comme président des États-Unis fait craindre des mesures protectionnistes qui pourraient entraîner le monde dans une guerre commerciale. Celle-ci serait particulièrement dommageable pour l'Europe dont l'économie dépend fortement des échanges internationaux.
La croissance économique en Europe souffre en outre des taux élevés, qui ont été revus à la hausse pendant deux ans par la Banque centrale européenne (BCE) pour calmer l'inflation qui s'était envolée dans le contexte de la guerre en Ukraine. L'institution a néanmoins commencé à les baisser en juin et pourrait encore acter d'une nouvelle baisse lors de sa prochaine réunion de décembre - et ultime de cette année. Cette stabilité du taux de chômage pourrait d'ailleurs être un argument de plus en la faveur de cette hypothèse.
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La plupart des économistes prévoient en tout cas que la BCE décidera de nouvelles baisses lors de ses futures réunions, dont celle de décembre. À commencer par le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau. « À ce jour, toutes les raisons sont réunies en faveur d'une réduction des taux le 12 décembre. L'optionalité devrait rester ouverte en ce qui concerne l'ampleur de la réduction, en fonction des données disponibles, des projections économiques et de notre évaluation du risque », a-t-il déclaré la semaine dernière. Réponse dans 10 jours.
(Avec AFP)
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