L'Espagne va augmenter son salaire minimum de 22% en 2019

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Le gouvernement de Pedro Sanchez a conclu un accord de principe avec le parti anti-austérité Podemos pour augmenter le salaire minimum de plus 22%, à compter du 1er janvier 2019.
Le gouvernement de Pedro Sanchez a conclu un accord de principe avec le parti anti-austérité Podemos pour augmenter le salaire minimum de plus 22%, à compter du 1er janvier 2019. (Crédits : Statista*)
Le gouvernement espagnol va adopter par décret une augmentation de 22% du salaire minimum, qui sera porté à 900 euros à partir de janvier. La décision sera entérinée lors d'un conseil des ministres extraordinaire le 21 décembre, à Barcelone.

Alors qu'en France, une hausse du Smic a soulevé scepticisme et polémiques en pleine crise des "Gilets jaunes", le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez a annoncé devant les députés qu'il décréterait la hausse de 22% du salaire minimum, lors d'un conseil des ministres extraordinaire du 21 décembre prochain qui aura lieu à Barcelone.

Le "Smic" espagnol passera ainsi de 858 euros à 1.050 euros brut à partir de janvier 2019 (soit 900 euros net).

"Il s'agit de la hausse la plus importante depuis 1977" a-t-il déclaré devant les parlementaires. "Et elle démontre la volonté du gouvernement de renforcer "la prospérité de tous les territoires."

Une mesure anti-austérité à 340 millions d'euros

La décision a été prise en accord avec le parti anti-austérité Podemos, dans le cadre des efforts déployés par le chef du gouvernement pour obtenir l'adoption du projet de budget 2019 au Parlement. Les tensions avec les indépendantistes catalans sont l'un des problèmes les plus épineux du gouvernement formé par le Parti socialiste, qui ne dispose que d'un quart des sièges parlementaires. Selon le projet de budget publié début octobre, cette mesure coûtera 340 millions d'euros à l'État. Elle a été durement critiquée par l'opposition de droite.

Par ailleurs, l'augmentation du salaire de base en Espagne ainsi qu'en France souligne la grande disparité qui règne au sein de l'Union européenne sur la question du salaire minimum responsable de la concurrence salariale féroce (dumping) qui se joue entre les États sur ce territoire. En témoigne le graphique ci-dessous qui pointe l'hétérogénéité des salaires minimaux d'un pays à l'autre et compare l'évolution du salaire minimum dans une sélection de pays européens où il est prévu une augmentation pour 2019.

Les augmentations sont les plus importantes dans les pays où ce dernier est le plus bas, notamment en Pologne où le gouvernement a annoncé, début septembre, une revalorisation de 7,1%. Le salaire minimum sera également augmenté en Allemagne où il passera le seuil horaire des 9 euros, alors qu'en France, la hausse légale prévue de 1,8% placera ce dernier à 10,06 euros de l'heure, cela, sans tenir compte des gains annoncés par le gouvernement via la prime d'activité. Ces différences interrogent sur l'éventuelle nécessité d'instaurer un salaire minimum à l'échelle européenne.

Lire aussi : Vers un salaire minimum européen?

Graphique la hausse du salaire minimum en Europe

[Cliquer sur le graphique pour l'agrandir]

(*) Ces deux graphiques sont réalisés par notre partenaire Statista.

(avec AFP et Reuters)

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Commentaires
a écrit le 13/12/2018 à 20:04 :
Quand on rapporte le SMIC horaire au PIB par habitant, le SMIC français est de loin le plus élevé d'Europe : 1000 heures de SMIC représentent 32% du PIB/habitant français, 25% pour l'Allemagne, 19,7% pour l'Espagne, 16,3% en Pologne et 15,8% au Luxembourg. Faut-il s'étonner du niveau de chômage en France ?
a écrit le 13/12/2018 à 9:07 :
L'europe dépossédée par la finance, à l'agonie du fait de son dumping social et fiscal est obligée d'aller contre son dogme tout en nous expliquant que tout est normal, tout va bien.

Bref un alcoolique à sa tête à se demander s'il n'est pas en plus bipolaire...

Vite un frexit.

"Ces différences interrogent sur l'éventuelle nécessité d'instaurer un salaire minimum à l'échelle européenne."

Cela n'arrivera jamais puisque le consortium financier européen impose du dumping fiscal de sorte de payer les roumains, polonais et autres moldaves 300 euros par mois.

L'UERSS ou l'empire prévu pour mille ans prend l'eau de partout.
a écrit le 13/12/2018 à 8:47 :
Votre premier graphique de Statista indique donne le salaire minimum net. Pourtant, la légende indique que c'est le salaire "brut"... Ce serait bien de la corriger.
a écrit le 13/12/2018 à 8:15 :
la comparaison du niveau du salaire minimum entre pays n'a de sens que si on le ramène par exemple au PIB/habitant, ou encore à la productivité du travail (et encore, ça introduit un biais car le niveau du SMIC devrait alors être différent dans chaque secteur, élevé dans l'industrie et beaucoup plus faible dans le secteur des services). Reste que le retour de la croissance en Espagne devait beaucoup à la dévaluation intérieure, la probabilité est donc grande que le chômage y reparte fortement à la hausse... et que la proportion de smicards y augmente également fortement (quand la voiture-balai accélère plus nombreux sont ceux qui y montent). Le résultat des élections andalouses (où la gauche PSOE + AA) est devenue très minoritaire et où par contre Ciudadanos et l'extrême droite ont largement progressé montre que la ligne "à gauche toute" de Sanhez ne marche pas.
a écrit le 12/12/2018 à 14:59 :
Je suis très heureux pour les espagnols et les Catalans que je connais bien.

Les différences entre nos pays de ont énormes mais non dites , toute tentative de récupération de cette information officielle a visée propagandiste relève soit de l ignorance, soit de une tentative de manipulation.

Le SMIC en Espagne est moindre certes.Les contrôles fiscaux aussi et le coup de la vie ( logement , nourriture,services,habillement ,) est entre 20 et 30 pour cent moindre.

Ce que votre intervenant ne précise pas c est que:
L application des lois européennes dans tous les domaines est appliquée ou non
Les 35 heures en Espagne n existent pas.Dans beaucoup de domaines notamment les banques les heures supplémentaires ne sont ni comptabilisees, ni payées.
Les espagnols en général ne déclarent pas tous leurs revenus ; contrairement aux Français beaucoup plus surveillés fiscalement.
Le travail au noir est bien plus rependu en Espagne qu' en France.
Les contrôles bien moins fréquents.
Réponse de le 13/12/2018 à 8:17 :
Heureux que le chômage en Espagne va repartir à la hausse ?

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