L'Europe, grande oubliée du débat à cinq de la présidentielle

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Un débat présidentiel avec un minimum d'Europe...
Un débat présidentiel avec un minimum d'Europe... (Crédits : Reuters)
Réduit à une passe d'armes sur la sortie de l'euro, le débat européen a été absent des discussions entre candidats. Non sans raison.

C'est une absence qui aurait dû frapper, voire indigner. Or, à part une remarque timide et pour la forme d'Emmanuel Macron, aucun des cinq « principaux » candidats du « grand débat » de ce 21 mars ne s'est réellement inquiété de l'absence des enjeux européens dans la discussion. Cette absence révèle évidemment une réalité : aucun de ces candidats n'a réellement envie de porter un projet européen. On préfère donc se concentrer sur les bons vieux sujets avec lesquels on sait faire mouche auprès des éditorialistes politiques et de sa clientèle électorale : les impôts, l'immigration, le marché du travail, la retraite, la défense, etc.

Silence impardonnable sur l'Europe

Mais ce silence est impardonnable. D'abord parce que rien n'empêchait ces candidats « principaux » d'imposer le sujet comme un des thèmes de ce débat. Ensuite, parce que, dans un pays qui est membre d'une union monétaire, économique ou commerciale, il est assez vain de parler à l'envie de compétitivité et de fiscalité sans prendre en compte le cadre européen. Autrement dit, la plupart des propositions défendues par les candidats ce lundi soir étaient suspendues à des choix européens implicites qui n'ont pas été abordés. Comment espérer que les seules « réformes » amélioreront la compétitivité de la France sans dégâts considérables sur l'économie dans une zone euro où chacun joue de ces « réformes » pour améliorer sa compétitivité ? Comment espérer dépenser des centaines de milliards d'euros ou faire autant de cadeaux fiscaux dans le cadre européen durci depuis 2011-2013 ? Ces questions ont été soigneusement évitées. C'est en cela que le silence est le plus lourd de conséquence : il y a là une forme de tromperie envers l'électeur.

Le débat sur la sortie de l'euro

En réalité, l'Europe a bien fait irruption dans le débat lorsque François Fillon a mis en avant les dangers d'une sortie de l'euro proposée par Marine Le Pen. Il est assez piquant de souligner que ce n'est pas cette dernière qui a amené le sujet et que, jusqu'ici, elle déroulait tranquillement ses propositions sans évoquer cet aspect majeur de son programme, ni ses éventuelles conséquences. Preuve que Marine Le Pen elle-même - qui se cache pour le moment derrière un éventuel référendum - est assez peu à l'aise avec le sujet. La discussion l'a prouvée puisqu'elle n'a pas répondu sur le fond aux accusations de François Fillon qui menaçait la France « d'hyperinflation ». Elle s'est lancée dans une comparaison avec le « projet peur » du Brexit en évitant de tenter de démonter l'argument du candidat républicain qu'Emmanuel Macron ne manquait pas d'appuyer. Dès lors, la discussion s'ensablait dans un débat superficiel sur l'état du Royaume-Uni, permettant rapidement de clore l'affaire.

Le seul moment « européen » du débat aura donc été une passe d'armes bien décevante sur la sortie de la monnaie unique. Une telle position réduit le choix européen des électeurs à un tout ou rien qui, il faut bien l'avouer, est assez stérile et, surtout, qui est peu à même de faire bouger les positions. Ceux qui sont persuadés des bienfaits de la sortie de l'euro pourront railler le discours alarmistes de François Fillon, ceux qui sont persuadés du contraire verront dans Marine Le Pen une forme de Boris Johnson inconscient. Les autres, qui perçoivent les limites de la construction actuelle de la monnaie unique sans croire à la magie d'un retour à la souveraineté monétaire, c'est-à-dire sans doute une grande majorité des électeurs, en auront été pour leurs frais.

Absence fâcheuse de débat

Rien ne leur aura été dit sur les moyens de réformer vraiment la zone euro et sur les stratégies du futur président français pour peser face à une Allemagne qui joue son avantage, c'est-à-dire le maintien du statu quo. Or, seul le débat permet d'avancer sur le sujet pour déjouer le piège qui consiste à se contenter d'un « scénario idéal », par exemple que le gouvernement allemand acceptera sans sourciller un parlement de la zone euro qui le mettra en minorité ou que les réformes françaises suffiront à le convaincre de construire une solidarité interne à cette zone, etc. Il faut espérer que les prochains débats, permettent d'y voir plus clair. Rien n'est cependant moins sûr, d'autant qu'il n'est pas certain que les « grands » candidats aient intérêt à entrer dans un tel débat.

L'avantage du tout ou rien

Car en fait réduire le débat sur l'Europe au « Frexit » arrange tout le monde. Marine Le Pen peut se présenter comme seule contre tous, candidate de « l'anti-système », ce qui lui convient à merveille. Ses adversaires, en se concentrant sur les conséquences supposées de la sortie de la zone euro, lui font la grâce de ne pas lui poser des questions embarrassante sur la méthode, sur son idée parfois émise de « monnaie commune », sur ce pour quoi elle veut réellement sortir de la zone euro. Mais il est vrai que c'est une situation qui arrange fort les deux principaux adversaires de Marine Le Pen dans l'optique du second tour, Emmanuel Macron et François Fillon, pour, au moins deux raisons : réduire ce second tour à un « référendum sur l'euro » pour pouvoir agréger une majorité autour de cette défense de la monnaie unique. C'est très clairement la stratégie menée par Emmanuel Macron qui entend jouer sur son nouveau statut de dernier rempart contre le FN. Et c'est ce qui explique qu'il a si explicitement approuvé l'offensive de François Fillon contre la dirigeante frontiste.

Justifier le statu quo

Mais il existe aussi un autre avantage. François Fillon et Emmanuel Macron développent tous deux une vision où la France doit mener un ajustement unilatéral de sa compétitivité afin de décider l'Allemagne à réformer la zone euro. De ce fait, ils acceptent - avec des délais distincts - le maintien du fonctionnement actuel de l'union monétaire pendant un certain temps. La stratégie du « tout ou rien » permet donc de faire accepter le statu quo comme un « moindre mal ». C'est, du reste, ce qu'a remarqué François Fillon dans son commentaire approuvé par Emmanuel Macron. Ce dernier a, du reste, confirmé brièvement qu'il défendait le statu quo et la "conformité aux engagements". Cette stratégie centrée sur la sortie de l'euro permet donc d'évincer la question de l'efficacité de cette stratégie unilatérale que devront mener de conserve la France et l'Italie, avec une Allemagne qui continue de sous-investir et de faire croître son excédent courant. Elle a l'avantage de ne pas présenter d'alternative crédible autre qu'une explosion chaotique de l'euro à cette politique.

Attendre le résultat des élections allemandes

Les trois candidats en tête des enquêtes d'opinion ont donc tout intérêt à éviter un vrai débat sur l'avenir de la zone euro. Comme les deux candidats de gauche ne sont guère venus troubler cet équilibre, le débat européen risque donc bien de rester à l'état de bonnes intentions. C'est évidemment fâcheux car la construction actuelle de la monnaie unique, encore déséquilibrée par les réformes de 2011-2013 qui renforce la nécessité de l'ajustement unilatéral, est des plus fragiles. Faute de disposer de candidats ayant une vraie vision, l'électeur français attaché à l'euro risque donc d'élire un président dont la principale politique européenne sera d'attendre le résultat des négociations de coalition issues des élections allemandes du 24 septembre. Et d'en accepter l'issue. Et toute la politique de l'Elysée pourrait se limiter à cette stratégie.

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Commentaires
a écrit le 22/03/2017 à 12:21 :
Ce n'est pas en s'enfermant dans cette zone administrative qu'est l'UE de Bruxelles que l'on s'ouvre au monde! Bien au contraire!
a écrit le 22/03/2017 à 9:21 :
Il y a quelque chose de suprêmement vicieux et malhonnête dans le discours des partis politiques traditionnels de droite, du centre et de gauche.
C'est ce discours répétitif qui nous promet l'effondrement du pays en cas de sortie de l'UE et de sa monnaie unique.
Et si c'était exactement l'inverse qui nous attendait ?

Ces partis qui ont construit un édifice bancal sur une embase marécageuse en ajoutant des étages sans consolidation des ajouts précédents n'arrivent pas à admettre que des peuples ne veulent plus y loger.
Ainsi, au lieu de faire l'effort de réviser entièrement leur copie, ils préfèrent agiter des sorcières et attiser des peurs de lendemains désenchanteurs et pénibles.

Ce qui est décourageant est de s'apercevoir que ces discours arrivent à convaincre un grand nombre d'égarés qu'il n'y a pas de lendemains heureux possibles sans le fédéralisme supranational de cette UE mortifère.

Mais que diable, la planète ne se compose pas seulement de 28 pays et de nombreux autres ont réussi à acquérir un niveau socio-économique et structurel des plus enviable. Par exemple, tout près de nous la Suisse connaît un niveau de vie très élevé avec un taux de chômage inférieur au notre.
De plus nous n'avions pas besoin des diktats de Julius Cauïs Bruxellus avant le traité de Maastricht pour vivre parfaitement bien avec notre souveraineté dans une économie de marché basée sur la réciprocité.

Que cherchent donc ces inconditionnels de la chaîne aux pieds et du renoncement ?

Revoir l'édifice européen et le refonder ne signifie absolument pas revenir à l'isolement nationaliste que ces tribuns malhonnêtes clament à tout va.
Rejeter la conception fédéraliste n'est pas rejeter l'idée d'une Europe unie.
Charles de Gaulle l'avait prédit. C'est une Europe confédérale des peuples qu'il faut construire.

Voici ce qu'il disait en 1953 :

« La réalité est que l'Europe se compose de nations. C'est à partir de ces nations qu'il faut organiser l'Europe.
Sur la base de cette alliance, il faut bâtir une Confédération, c'est à dire un organisme commun auquel les divers Etats, sans perdre leur corps, leur âme, leur figure, délèguent une part de leur souveraineté en matière stratégique, économique, culturelle. »

Il complétait en 1963 avec ceci :

« Tout système qui consisterait à transmettre notre souveraineté à des aréopages internationaux serait incompatible avec les droits et les devoirs de la République française. Mais aussi, un pareil système se trouverait, à coup sûr, impuissant à entraîner et à diriger les peuples et, pour commencer, le nôtre, dans des domaines où leur âme et leur chair sont en cause. Cette abdication des Etats européens, en particulier de la France, aboutirait inévitablement à une sujétion extérieure. C'est, d'ailleurs, pour éviter une telle inconsistance et, de ce fait, une telle dépendance, que nous tenons à voir l'union de l'Europe constituée par des nations qui puissent et veuillent réellement lui appartenir. »
Réponse de le 22/03/2017 à 10:33 :
Ben l'Europe d'aujourd'hui, c'est exactement celle de De Gaulle ; "Une confédération d'état qui délèguent une partie de leur souveraineté".
Sur tous vos arguements, (dont je ne partage aucun), je remarque juste le fait que "d'autres pays" réussissent en dehors de l'Europe (vous évoquez la Suisse). Si on va au bout de ce raisonnement spécieux, on peut aussi dire que de nombreux pays sont en dehors de l'Europe et s'en sorte mal...
a écrit le 22/03/2017 à 5:07 :
On ne peut pas faire de débats sur l'Europe avec Marine le Pen ou Asselineau, ils mentent plus que des arracheurs de dents (tous les français seront des sans dents avec eux) et s'en servent comme option pour tenter de prendre le pouvoir en accusant à tort l'Union européenne qui n'est en réalité à l'origine que de 20% des lois. Le graphique de Marine le Pen sur l'euro était également complètement trompeur car la baisse de ce dernier ne partait nullement du début de l'euro mais de la crise de 2008. Le Pen et Asselineau peuvent donc être éliminés définitivement par les électeurs.
Réponse de le 22/03/2017 à 8:55 :
En 2008 la France avait déjà commencé à souffrir de l’Euro et de sa politique de la demande avec les 35 heures notamment, avec un déficit du commerce extérieur français qui atteint 55,7 milliards d'euros cette année-là (son déficit commercial était de 40,5 milliards en 2007), alors qu’en 1997 la France enregistrait un excédent commercial record de 173,467 milliards de francs.
Réponse de le 22/03/2017 à 10:35 :
La France de 97 n'était pas dans l'euro, mais avait de même déjà les contraintes de l'Euro. De nombreux pays européens réussissent très bien sans l'euro, alors au lieu de mettre tout le dos sur l'Euro, il faut peut être se remettre en question.
Réponse de le 22/03/2017 à 11:51 :
@Julien
Je rêve !!! C'est quoi cet inversement total. C'est justement 80% de la législation française qui ne sont que l'application des directives européennes...
@brice
Excellent, la réponse est dans votre phrase. de nombreux pays (dans et hors UE mais sans Euro) réussissent très bien. Donc, l"Euro pose problème...
D'ailleurs qui "réussi" vraiment dans l'Euro à par l'Allemagne? Et encore, à court terme.
a écrit le 22/03/2017 à 1:47 :
M; Godin, dont j'apprécie souvent les analyses, a quand même réussi le tour de force de ne pas parler de Mélenchon dans tout son article : pourtant non seulement celui-ci a dominé le débat d'hier mais en plus il est le seul à justement proposer une stratégie européenne progressive et en deux temps, qui me paraît être la plus pertinente. Les Allemands ont bien plus à perdre que nous de la disparition de l'euro en fait : leur monnaie, sans l'euro, serait instantanément réévaluée à la hausse. Ils ont donc toutes les raisons du monde de faire des compromis si seulement quelqu'un de fort avait le courage de leur parler. Mélenchon est le seul à pouvoir faire cela.
a écrit le 21/03/2017 à 23:01 :
Si l'Europe avait été abordé, cela aurait décrédibiliser encore plus Hamon, Macron, et Fillon. Ces trois candidats soutiennent à bras ouvert les traités européens qui asphyxient les peuples.
Réponse de le 22/03/2017 à 10:36 :
Alors partez en UK pour respirer !
a écrit le 21/03/2017 à 22:48 :
Un autre article de Romaric Godin sur des propos scandaleux de Jeroen Dijsselbloem, président de l'Eurogroupe, concernant les « cochons du Club Med » expliquent après coup, en quelque sorte, la retenue de Fillon et de Macron sur d'hypothétiques avancées originales de la zone euro. Ils ont réalisés qu'elles ne sont plus possibles car elles comporteraient un refus cinglant des pays nordiques. C’est pourquoi ils vaut mieux pour eux affirmer qu’ils respecteront les contraintes de la zone euro et de l’union européenne et s’en prendre à Marine Lepen qui constitue une cible facile en cumulant programme dépensier, sortie de l’Euro, taxe sur les importations... (choses peu compatibles entre elles). Elle même doit peut-être commencer à se douter que l’ensemble ne tient pas la route et préfère ne pas s’appesantir sur le sujet qu’elle maitrise mal de toute façon et se contenter de montrer un graphique qui prouve l’affaiblissement industriel de la France depuis la création de l’Euro.
a écrit le 21/03/2017 à 21:16 :
Macron avait fait du mobbing envers la seule femme du débat et personne mais personne a levé son petit doigt même pas les deux journalistes présents C'est une honte et absolument scandaleux
a écrit le 21/03/2017 à 19:41 :
Ne pas en parler, c'est déjà éloquent...
a écrit le 21/03/2017 à 19:31 :
F. Asselineau représente le changement que chacun attend, il a cette courtoisie naturelle, cette compétence totale dans la connaissance des traités, cette compréhension de l’Europe et de ses enjeux, surtout les pires, mais, laisseront-ils un homme briser le cercle vicieux qui entoure cette Europe Nazi mise à la sauce américaine pour entretenir les grands groupes pharmaceutiques et les banques ?
L’heure du changement arrive, s’ils n’autorisent pas Asselineau, ils affronteront la première révolution du siècle, car les peuples du monde n’en peuvent plus.
a écrit le 21/03/2017 à 19:23 :
Macron est le seul candidat en faveur de l'UE qui accepte la politique de Bruxelles. Est-ce un avantage , pas si sûr. Fillon veut plus des relations plus équilibrées avec l'Allemagne.
Marine va organiser un référendum sur la sortie ou non de l'euro, un acte démocratique peu fréquent. Les politiciens (voir 2005 ) se moquant souvent de l'opinion publique.
Réponse de le 22/03/2017 à 10:37 :
Enfin l'opinon publique a voté Maastricht et ses fameux critères...
a écrit le 21/03/2017 à 18:08 :
ce qui ma surpris a l'arrivee du couple fillon ,et que Mme fillon na pas salué les personnes qui se trouvaient a l'entree du studio,mais ensuite j'ai compris une chatelaine ne s'abaisse pas a dire bonjour a la france du bas ,c'est évident!!!!
Réponse de le 22/03/2017 à 17:01 :
c'est normal ,c'est chez gens là,l'éducation primaire est souvent absente,mais pour mon compte il faut etre économe de son mépris,étant donné le nombre important de nécessiteux!
a écrit le 21/03/2017 à 18:04 :
"J'ai regardé un tout petit peu le début, ça n'a aucun intérêt. D'ailleurs, ce n'est pas un débat, c'est une succession de monologues avec un journaliste qui demande : 'Qu'est-ce que vous pensez de la choucroute garnie ?' Et ils répondent : 'Voilà, ce que je pense de la choucroute garnie'", lâche le président de l'Union populaire républicaine, qui ajoute : "En réalité, ce n'est absolument pas au niveau des enjeux d'une élection présidentielle.""
François ASSELINEAU présidentiable.

On pourrait ajouter, alors que tous les candidats se proposent de signer servilement les GOPE ..

https://www.upr.fr/actualite/europe/les-gope-grandes-orientations-politique-economique-feuille-route-economique-matignon
a écrit le 21/03/2017 à 17:52 :
Tout le monde est pour l'Europe mais pas celles de nos technocrates QUI n'ont rien de démocrates
et qui font tout à l'envers.EXEMPLE hier des travailleurs detaches !!!!!!!!il fallait en premier harmoniser
le systeme social .!!!!!!un autre ex la mauvaise gestion de l'immigration, il ne faux pas confondre avec réfugies. ETC
Ce n'est pas MARINE LE PEN LE PROBLEME !!!!!!!!!!!!!MARINE LE PEN EST LE RESULTAT DE CETTE MAUVAISE GESTION
a écrit le 21/03/2017 à 17:47 :
Finalement le pot de fin d'émission c'était bien bon avec des macron de Hermé et du vin pétillant de Dom Pérignon?
a écrit le 21/03/2017 à 17:42 :
Pourtant l'Europe était présente avec la loi travail , elle vient bien de la, non ?
Réponse de le 22/03/2017 à 10:39 :
La loi travail vient du gouvernement français qui a bien compris que ce dogme réglementaire était désuet.
Tout ce qui vous déplait ne vient pas de l'Europe, il y a de nombreux français qui sont pour les réformes.
Réponse de le 22/03/2017 à 12:32 :
Les lignes directrices sont imposés par l'UE de Bruxelles, zone administrative gérait par des fonctionnaires, les États n'ont plus qu'a obtempérer! Mais ne se vanterons de cette obéissance! Pourquoi pensez vous que "nos élues" sont des girouettes une fois élues?
Réponse de le 23/03/2017 à 15:46 :
@brice

Tout faux :

La «Loi travail» nous vient des GOPE. Les GOPE, ce sont les «Grandes Orientations de Politique Économique». Plus précisément, ce sont des documents préparés par la direction générale des affaires économiques de la Commission européenne. Conformément à l'article 121 du Traité sur le Fonctionnement de l'Union européenne (TFUE), ces documents sont ensuite transmis au conseil Ecofin (c'est à dire à la réunion des ministres européens de l'économie et des finances), puis au Conseil européen (les chef d'État et de gouvernement). Après validation, les GOPE deviennent des recommandations du Conseil aux pays de l'Union et font l'objet d'un suivi. Toujours selon l'article 121, «le Conseil, sur la base de rapports présentés par la Commission, surveille l'évolution économique dans chacun des États membres». Cette «surveillance multilatérale» est rendue possible grâce aux informations généreusement fournies par les États à la Commission. Bref, un joli petit traité de servitude volontaire que le Traité sur le Fonctionnement de l'UE.Depuis qu'elles existent, les GOPE ont toujours contenu des injonctions à réformer le marché du travail. Si l'on examine celles pour 2012 par exemple - parfaitement au hasard: il s'agit juste de l'année de l'élection de François Hollande - on voit que le Conseil recommande à la France de «revoir la législation, notamment la procédure administrative de licenciement». Ou de «veiller à ce que l'évolution du salaire minimum favorise l'emploi, notamment des jeunes, et la compétitivité», ce qui signifie, traduit du Volapük de Bruxelles en Français des Deux-Sèvres ou de Haute-Garonne, qu'il ne faut pas augmenter le SMIC. On notera au passage et juste pour rire qu'il est demandé la même année de «supprimer les restrictions injustifiées sur les professions (vétérinaires, taxis, notaires...) et secteurs réglementés»: bienvenue à toi, ô «loi Macron». On a ainsi adjoint aux GOPE les Lignes directrices pour l'emploi (LDE). Les deux ensemble, GOPE et LDE, sont regroupées dans les LDI (lignes directrices intégrées), dont le site de la Commission européenne nous dit ceci: «les lignes directrices intégrées déterminent le champ d'action des politiques des États membres et la direction à suivre dans la coordination de celles-ci. Elles servent de base aux recommandations par pays».

Aux recommandations par pays? Tiens donc. Et que recommande-t-on à la France, pour l'année 2016?
Pour résumer, il est d'abord déploré que «la décélération récente des salaires réels reste insuffisante», que «la France affiche toujours des coûts salariaux parmi les plus élevés de la zone euro, principalement en raison «du niveau élevé des cotisations sociales patronales», ou que «les augmentations du SMIC induisent une compression des salaires vers le haut».En tout état de cause, le gouvernement français a bien travaillé. Le commissaire Valdis Dombrovskis l'en a chaudement félicité lors d'une visite à Paris fin mars. Comme rapporté par le site spécialisé sur les questions européennes EurActiv, le vice-président de la Commission «à l'euro et au dialogue social» (sic) a salué la loi El Khomri comme une heureuse initiative «destinée à répondre aux rigidités du marché du travail, et qui devrait relancer l'emploi». Un bien bel hommage! Merci patron!
Matteo Renzi a fait le "jobs act " , et pendant que nous avions la loi El Khomri ,Kriss Peeters faisait parallelement la même en Belgique.
a écrit le 21/03/2017 à 17:33 :
Ce qui m'a frappé hier soir c'est que Macron et Hamon portent les même marques de chaussures i.e. Louis Vuitton pour ne pas la nommer et Macron porte une cravate de chez Hermès et une montre française de marque Richard Mille (au moins c'est fabriqué par un Français n'est ce pas). Tandis que Fillon porte des chaussures signées Weston une belle marque parisienne comme tout le monde peut se constater
a écrit le 21/03/2017 à 17:29 :
Le format de l'émission ne se prêtait pas à de long discours des uns et des autres sur l'Europe sachant qu'il s'agit d'une collégialité et que les désirs des uns et des autres se briseront forcément sur le front des 26 autres pays et de Mme Merkel.....seule Mme Le Pen a redit qu'elle ne voulait pas être la vice-chancelière de Mme Merkel et que l'Europe concentrait en gros toutes les tares de l'inefficacité d'une superstructure technocratique. Autrement que dire de l'Europe hormis des lieux communs et que l'idée originelle des fondateurs de cette belle entreprise à été largement dévoyée au profit de la seule finance. Le reste ? Des gadgets...la guerre des Balkans n'a même pas pu être stoppée avant que les massacres ne commencent.....c'est dire!
a écrit le 21/03/2017 à 16:32 :
Excellente analyse, il est évident que cette question cruciale n'ai pas été évoquée est lamentable voir scandaleuse sans parler également de la politique de trump qui devrait mettre le débat au coeur des préoccupations des politiciens, on voit bien que lui avance ses pions pendant que les autres le regardent, passivité mortifère qui est une vieille habitude européenne livrant ainsi l'europe à qui on sait par le passé.

J'en parlais justement à midi avec un ami qui a assisté au débat, je me suis un peu inquiété du coup de savoir si ça allait bien en ce moment et en effet ça ne va pas terrible, mais même lui, citoyen lambda, a été frustré que cela ai été relégué aux 20 dernières minutes pour finir par un "on a plus le temps".

"Car en fait réduire le débat sur l'Europe au « Frexit » arrange tout le monde."

Bien entendu, cela permet au front national d'éviter qu'elle nous dise ce qui la gène réellement dans cette union européenne, les réponses surprendraient forcément plus d'un de ses sélecteurs puisque au final elle est parfaitement UE compatible, et cela permet aux autres de ne parler que de la possibilité et des conséquences d'un frexit empêchant de faire un bilan qui si on n'est sans mauvaise foi ne peut être que dramatique.

Et les médias nous font bien comprendre que nous n'avons que ces 5 comme choix et que le mieux restent macron fillon et le pen.
Réponse de le 21/03/2017 à 18:00 :
Le bilan de l'uE ne peut être que dramatique ?
Et bien non, l'UE est le plus vaste ensemble économique et politique de coopération, qui nous assure depuis l'après guerre prospérité et paix.
Les maux de la France ne sont pas liés à l'UE, mais à ces faiblesses internes.
Réponse de le 21/03/2017 à 18:34 :
Contre votre blabla je vous propose du concret que vous ne lirez pas car il n'y a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir, merci et arrêtez de me répondre sans jamais argumenter, les messes religieuses ou économiques je ne suis pas vraiment client étant athée depuis maintenant bien longtemps.

"L’austérité est le seul remède à la crise" http://www.monde-diplomatique.fr/publications/manuel_d_histoire_critique/a53293 (gratuit)

"Les vertus supposées de la mortification:Aux sources morales de l’austérité" https://www.monde-diplomatique.fr/2012/03/CHOLLET/47512

"Quand l’austérité tue" https://www.monde-diplomatique.fr/2014/10/BASU/50879 (article gratuit)

"Des voies juridiques contre l’austérité: L’Europe condamnée par l’Europe" https://www.monde-diplomatique.fr/2014/11/SCHOMANN/50972 (article gratuit)

"Austérité. Un remède pire que le mal" http://www.courrierinternational.com/article/2013/05/30/un-remede-pire-que-le-mal

Merci de nous faire partager votre avis après la lecture d'articles contraires à votre dogme néolibéral, attention au choc, la réalité c'est dur.
Réponse de le 22/03/2017 à 10:41 :
C'est dingue que l'Europe soit un tel enfer que des gens du monde entier viennent y vivre.
Je lis souvent le monde diplo, et si vous trouvez vos sources d'inspiration dans cette revue, je comprends mieux votre besoin de Prozac
Réponse de le 22/03/2017 à 11:42 :
@brice
De quoi parlez vous ? De l’immigration problématique provenant d’Afrique et du moyen orient ? Super.
Sinon, si c’était aussi rose que vous le prétendez, pourquoi la plupart des pays du sud de l’Europe ont un solde migratoire négatif ? (Portugal, Espagne, Italie…) Tous les jeunes partent tenter leur chance ailleurs, et pas en Europe du Nord mais dans les pays historiquement liés à eux notamment par la langue comme le Brésil, Mozambique, Amérique latine…
Vous êtes un troll de l’UE pour exprimer sans cesse des inepties pareils sans arguments.
Réponse de le 22/03/2017 à 18:00 :
"C'est dingue que l'Europe soit un tel enfer que des gens du monde entier viennent y vivre.
Je lis souvent le monde diplo, et si vous trouvez vos sources d'inspiration dans cette revue, je comprends mieux votre besoin de Prozac "

Dés que vous êtes systématiquement à court d'argument, ce qui arrive très rapidement, vous ne pouvez pas vous empêcher d'exprimer vos puissants et ragoutants ressentiments.

Vous servez très mal votre dogme néolibéral en affichant autant d'agressivité envers ceux qui ne se soumettent pas à votre volonté, comme je vous l'ai dis, à défaut d'être un bon commentateur soyez au moins un bon serviteur.

Dire que vous me montrez que vous me haïssez alors que si vous saviez comme vous me laissez indifférent je vous assure que votre amour propre serait obligé de vous empêcher de me harceler.

La prochaine fois je signale votre commentaire à la modération bien entendu, moi les gars qui veulent sans arrêt terminer les derniers en insultant je trouve cela fatiguant.
a écrit le 21/03/2017 à 16:28 :
C'est vrai qu hier j'ai été un peu ébahi de voir l'ordre des questions, ca a enchainé sécurité, immigration et laïcité (ie islam bashing) dès le début et pendant un temps infini.

Ceci dit avec le deuxième tour qui arrive on va avoir l'Europe au coeur du débat. Mais encore une fois Mr Godin pourra constater qu'il n'y a pas de plan B, pas plus qu'en 2005, soit on reste et on fait ce qu'il faut pour peser soit on abandonne, en gros looser et on sort (de l'Histoire?).
L'élection de Macron c'est l'occasion de sortie de l'impasse du non au TCE et le traité de Lisbonne chez nous. La possibilité aussi de partir sur une nouvelle décennie pour enfin améliorer l UE et l Euro, à fortiori si ça bouge chez notre voisin...
a écrit le 21/03/2017 à 16:15 :
L'UE de Bruxelles qui n'est qu'une simple zone administrative aurait pu être le centre d’intérêt, si un "petit" candidat avait pu s’intercaler parmi les "grands", Mr Asselineau aurait pu leur faire comprendre ce que doit être un Président! Alors qu'ils ne seront que des préfets au service de fonctionnaires extraterritoriaux!
Réponse de le 21/03/2017 à 18:01 :
VOus avez raison, votez Asselineau, il va sauver la France.
Et le 7 mai, allez à Bruxelles vous battre contre Dark Wador.
a écrit le 21/03/2017 à 16:15 :
Encore une fois je ne devais pas regarder le meme débats que le journaliste; Mélanchon a bien expliquer la vision de l'Europe un raprochement avec la russie et une refonte des institutions européennes pour sortir enfin du giron des banques

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