L'extrême droite aux portes du pouvoir en Autriche
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Meeting du FPO le 26 septembre dernier à Vienne.
Reuters
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Meeting du FPO le 26 septembre dernier à Vienne.
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L'extrême droite, dirigée par le très radical Herbert Kickl, espère remporter dimanche pour la première fois les législatives en Autriche, mais la course avec les conservateurs s'annonce serrée. Le Parti de la Liberté (FPÖ) a déjà goûté au pouvoir mais n'a encore jamais fini en tête d'un scrutin national. Cette fois il veut y croire, fort de sa victoire aux élections européennes de juin dans un contexte de montée de l'extrême droite en Europe, même si sa participation au gouvernement est loin d'être garantie faute de partenaires.Signe de ses ambitions, Herbert Kickl, 55 ans, a convoqué ses partisans vendredi soir au coeur de la capitale, au pied de la majestueuse cathédrale Saint-Étienne. Les sondages donnent cette formation fondée par d'anciens nazis à 27%, contre 25% pour les conservateurs de l'ÖVP qui ont repris du terrain ces derniers jours.
Au gré de la campagne, les conservateurs ont "bien réussi à se présenter comme un parti au centre de l'échiquier politique", explique à l'AFP Andreas Eisl, chercheur à l'institut Jacques Delors. Entre d'un côté la ligne dure du FPÖ, de l'autre la posture "très à gauche" des sociaux-démocrates du SPÖ, crédités de seulement 20% des suffrages. M. Nehammer a aussi profité de sa gestion des inondations provoquées par la tempête Boris, qui a provisoirement suspendu les débats politiques cette semaine. Dans tous les scénarios imaginés, sauf énorme surprise, l'ÖVP - qui gouverne actuellement avec les Verts - devrait conserver la chancellerie à l'issue du vote des 6,3 millions d'électeurs (sur neuf millions d'habitants), pronostiquent les experts.
Mais avec quels partenaires ? Si l'ÖVP finit au coude-à-coude avec l'extrême droite, les deux forces pourraient être tentées de discuter d'une coalition, comme en 2000 et 2017, note M. Eisl. Leurs vues convergent "sur de nombreux sujets", dit-il, et "des solutions créatives" pourraient être trouvées pour composer avec Herbert Kickl.
Paradoxalement, une large victoire du FPÖ l'écarterait probablement du gouvernement. Car dans ce système parlementaire rompu aux longues tractations, l'ÖVP, au pouvoir depuis 1987, "n'acceptera pas d'être le partenaire minoritaire", commente le politologue viennois Thomas Hofer. Il préfèrera s'associer avec les sociaux-démocrates et les libéraux de Neos, un format à trois qui serait inédit.
Malgré tout, une première place de l'extrême droite le soir du vote constituerait "un séisme" pour ce pays alpin, estime l'analyste. Au plus bas il y a cinq ans après le scandale de corruption de l'Ibizagate, le FPÖ a opéré une remontée spectaculaire, sous l'impulsion d'un Herbert Kickl stratège qui a reconstruit ce parti.
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Ce scrutin se déroule dans un contexte économique particulièrement morose. Frappée de plein fouet par la récession en 2024, l'économie autrichienne peine à sortir du marasme. L'Autriche est en train de glisser de la récession à la stagnation expliquent les économistes de l'institut de statistiques autrichien, dans une récente note. Au second trimestre 2024, le PIB a ralenti pour la cinquième fois d'affilé. « Le pouvoir d'achat par habitant a aussi chuté et se situait 1,2% en dessous du niveau second trimestre 2023 »a déclaré Tobias Thomas, directeur de l'institut. Compte tenu de sa dépendance à l'Allemagne, l'économie autrichienne est secouée par les soubresauts de la première industrie en zone euro et les répercussions brutales de la guerre en Ukraine. Reste à savoir comment cette conjoncture atone va se répercuter dans les urnes ce dimanche 29 septembre.
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