L'industrie française veut que la prochaine Commission favorise "l'émergence de leaders industriels"

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(Crédits : Benoit Tessier)
Les représentants de l'industrie française ont souhaité jeudi que la prochaine Commission européenne favorise "l'émergence de leaders industriels européens", après une année marquée par le rejet de la fusion Alstom/Siemens.

"Nos grands concurrents ont décidé que l'industrie faisait partie de leur stratégie", a observé le président de France Industrie, Philippe Varin, en référence à la Chine et aux États-Unis.

"Il n'y a pas de souveraineté économique sans industrie forte".

Dans cette perspective, "il va falloir que la Commission travaille très sérieusement à l'émergence de leaders industriels européens aptes à garantir l'autonomie stratégique de l'Europe".

Lors d'une conférence de presse donnée au cercle de l'union interalliée ce jeudi, M. Varin a expliqué que

"pour avoir une politique industrielle, il est nécessaire d'identifier ces chaînes de valeur stratégique pour l'Europe afin de structurer l'ensemble des politiques des pays européens. Pas seulement les politiques industrielles mais aussi les politiques qui contribuent à la compétitivité.

Deux structures ont déjà été mises en place pour préparer la future commission. Les travaux de la high level industry roundtable 2030 et du forum stratégique doivent se terminer en juin prochain. Ils devraient être posés sur la table pour la future commission et le futur conseil européen".

Des chaînes de valeur stratégique

Les représentants de France industrie ont particulièrement mis l'accent sur l'importance de se concentrer sur plusieurs chaînes de valeur stratégique en particulier.

"Le but est de former des réseaux d'acteurs stratégiques d'activités avec trois paramètres : les entreprises, les secteurs et la géographie".

Neuf chaînes de valeur ont été sélectionnées. Il s'agit par exemple de la microélectronique, les biotechnologies, les matériaux avancés, l'intelligence artificielle, la cybersécurité ou les batteries en gestation pour l'instant.

Le veto en février de la Commission au rapprochement entre Alstom et les activités ferroviaires de Siemens a été défendu par la commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager. Sa décision a suscité l'émoi de la France et l'Allemagne. Mme Vestager, candidate aux élections européennes, est sur les rangs pour succéder à Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission.

L'industrie emploie 36 millions de salariés en Europe et pèse 83% des exportations, mais sa part dans le PIB européen est passée de 20% il y a vingt ans à 16% aujourd'hui, a souligné le responsable de France Industrie. Pour favoriser de futurs leaders européens, les industriels français demandent que la politique de la concurrence soit "un outil au service de la politique industrielle" aussi bien en matière de fusions- acquisitions que d'aides d'Etat, a dit le président d'Engie, Jean-Pierre Clamadieu.

Un budget de 120 milliards d'euros

Pour France Industrie, il faut prendre en compte "la dimension mondiale des marchés" et tenir compte des soutiens publics dont bénéficient les entreprises non-européennes dans leurs pays.

"L'Europe n'est pas assez exigeante" vis-a-vis des investissements étrangers, a-t-il ajouté, en reprochant aux autorités européennes de "faire preuve de naïveté".

France Industrie a réclamé un effort accru d'investissement en recherche et innovation dans le prochain budget européen, préconisant de porter à 120 milliards d'euros sur 5 ans le futur programme "Horizon Europe". La R&D représente 2,03% du PIB européen, contre 4,3% pour la Corée, 3,5% pour le Japon et 2,9 pour les États-Unis, selon M. Varin.

"Le but est de créer un effet de levier sur l'investissement au niveau européen et de générer de l'innovation de rupture".

Lire aussi : "L'Europe doit muscler sa politique commerciale" (CAE)

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Commentaires
a écrit le 21/05/2019 à 7:34 :
Rien compris, ce ne sont pas les leaders qu'il faut soutenir, mais les PME qui eux créent de l'emploi et de la richesse. Les grands ont assez de moyen pour s'installer à l'étranger pour y produire, les petits au moins restent dans le pays et y paient des impôts.
a écrit le 18/05/2019 à 9:33 :
ce n'est pas monsieur Varin qui a fait entrer les chinois au capital de PSA.....et du nouvel AREVA?.....
ce qu il dit par ailleurs semble pertinent, particulièrement en France......mais 'e capitalisme Europeen n aime plus l industrie....
a écrit le 18/05/2019 à 8:54 :
Philippe Varin a su se recaser après avoir mis en faillite Peugeot et lancer les délocalisations en Chine des sous-traitants. c est terrible de voir que les incompétents arrivent toujours grâce aux amis à trouver des points de chute et nous donner des leçons.
a écrit le 17/05/2019 à 18:53 :
Dans ce cas il faut interdire les paradis fiscaux, ce n'est pas aux états de payer à la fois les dégâts et les profits de l'industrie, si vous pouviez vous débrouiller par vous mêmes pour une fois, plutôt que sans arrêt avec notre pognon, ce ne serait pas du luxe.

Oui mais vous allez me dire que la finance s'en tape complètement de vous aussi, qu'il n'y a plus que ses comptes offshore d'important à leurs yeux...

Quand est-ce que l'on soulève enfin le véritable problème svp que tout le monde voit/sait sauf les "distraits" ? Tourner autour du pot avec une europe qui est spécialiste dans le genre ne sert strictement à rien.

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