La banque d'Allemagne appelle à réformer le controversé frein à l'endettement
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Le plafond de la dette allemande se fissure de plus en plus... du moins sur le papier. Ce mercredi, le président de la banque centrale allemande a appelé à assouplir une règle fondamentale pour les finances de l'Etat allemande : le « frein à l'endettement ». Donner plus de souplesse budgétaire à l'Etat pour retrouver la croissance est une « approche très intéressante », a jugé Joachim Nagel dans une interview au journal britannique Financial Times.
« Nous pouvons envisager de faire une distinction entre les dépenses de consommation et les investissements, afin de disposer d'une plus grande marge de manœuvre » pour moderniser les infrastructures allemandes vieillissantes, a déclaré le patron de la Bundesbank.
Instauré en 2009 par les conservateurs de la CDU, le « frein à l'endettement » allemand interdit au gouvernement d'emprunter plus de 0,35 % de son PIB chaque année. Ainsi, en partie grâce à ce frein, l'Allemagne fait figure de bon élève de la zone euro avec une dette équivalente à 63 % de son PIB en 2024 (au regard des quelque 110 % français).
Mais la CDU, à l'instar de la gauche et de nombreux économistes, se montre désormais favorable à une réforme modérée de cet instrument, qui nécessiterait le soutien de deux tiers des voix au Parlement. Et la division entre les libéraux, toujours attachés à cette mesure et la critique nouvelle du centre gauche, a notamment contribué à l'implosion de la coalition gouvernementale en novembre.
Plombée par la crise de son industrie, l'Allemagne s'oriente vers une deuxième année de récession consécutive, avec un recul du produit intérieur brut attendu à 0,2 % en 2024, selon les prévisions du gouvernement. Et les perspectives pour 2025 s'assombrissent : l'OCDE table dorénavant sur une croissance du PIB de 0,7 %, soit une révision à la baisse de 0,3 point par rapport aux estimations de septembre.
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« L'économie allemande reste confrontée à de profonds défis structurels qui pèsent sur les perspectives de croissance à moyen terme », a prévenu la banque centrale allemande fin novembre. Cette situation devrait ébranler le secteur privé, d'autant plus que les bénéfices globaux ont diminué durant pratiquement tous les trimestres depuis fin 2022, ajoute la Bundesbank.
Les défaillances pourraient être exacerbées par la hausse des taux d'intérêt, car les besoins de refinancement augmenteront les coûts pour les entreprises et pourraient contribuer à davantage de défauts de paiement.
Surtout, l'arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche fait craindre le pire pour l'économie allemande. « Si les plans tarifaires devaient être mis en œuvre, cela pourrait tout à fait nous coûter un pour cent de la performance économique en Allemagne », a averti Joachim Nagel, dans une interview à l'hebdomadaire allemand Die Zeit début novembre, alors que Donald Trump a fait des barrières douanières un des piliers de son programme électoral. Une hausse des droits de douane sur les importations européennes « nuirait considérablement à l'Allemagne », d'après le président de la banque centrale allemande, puisque le pays vendrait moins de produits aux États-Unis.
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Or, l'industrie destinée à l'export est le pilier de la première puissance économique européenne. Celle-ci est déjà frappée par la crise, en raison de la hausse du coût de l'énergie après l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022 et de la chute de la demande mondiale. « C'est très douloureux » pour l'Allemagne, avait ajouté Joachim Nagel, alors que le gouvernement allemand s'attend déjà à une baisse de 0,2 % du PIB en 2024 et qu'il table sur un timide rebond de 1,1 % en 2025.
(Avec AFP)
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