Angela Merkel retrace son parcours dans un livre à paraître mardi 26 novembre. Un retour sans fanfare en pleine campagne électorale.À quelques jours de la sortie de Liberté (Albin Michel), Angela Merkel est d'excellente humeur. « Elle est très fière de ce livre qu'elle a écrit sans prête-plume, uniquement avec l'aide de sa conseillère de toujours, Beate Baumann », explique Melanie Amann. Cette rédactrice en chef adjointe du magazine Der Spiegel est l'une des très rares personnes à avoir eu entre les mains l'ouvrage de l'ancienne chancelière. Partout dans le monde, les maisons d'édition ont eu comme consigne de ne rien laisser fuiter.
Seuls quelques extraits de ce « plaidoyer pour la liberté » de près de 700 pages ont été publiés dans le Süddeutsche Zeitung. Quatre lectures sont prévues en Allemagne, dont une dans sa circonscription reculée du nord du pays. Elle sera le 9 décembre à Paris. La soirée aux États-Unis avec Barack Obama promet d'être la plus prestigieuse.
L'Allemagne vient d'entrer en campagne électorale et traverse une double crise, politique et économique. Contraste saisissant avec les années Merkel (2005-2021), « la chancelière des jours heureux » selon sa biographe française Marion Van Renterghem. Mais Ursula, libraire à Berlin et sympathisante CDU, ne sent pas monter de Merkelmania nostalgique : « Nous n'avons pas de précommandes. Comme elle, je pense qu'elle n'a pas de reproches à se faire sur ses décisions. Mais je ne regrette pas cette période. »
L'inventaire de ses seize années au pouvoir a déjà été fait lors de la campagne électorale de 2021 : dépendance énergétique, investissements insuffisants, retard dans la transition numérique et écologique, naïveté géopolitique face à la Russie ou la Chine... L'Allemagne a ouvert les yeux sur les faiblesses de sa populaire chancelière.
Hélène Kohl, correspondante à Berlin