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ÉconomieUnion européenne

La BCE ouvre la voie à une intervention en décembre face à la dégradation sanitaire

latribune.fr

Publié le 29 octobre 2020 à 15:38 - Mis à jour le 29 octobre 2020 à 15:38

La bce aurait tort de fixer a l'avance la fin du pepp, dit villeroy

Photo d'illustration

Ralph Orlowski

Le Quotidien Numérique

11 juillet 2026

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La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé laisser sa politique monétaire inchangée mais se laisse la possibilité de prendre des mesures supplémentaires de soutien à l'économie lors de sa prochaine réunion en décembre.

À l'issue de la réunion du Conseil des gouverneurs de la BCE ce jeudi 29 octobre, sa présidente Christine Lagarde a tenu à passer un message fort pour rassurer marchés et investisseurs, saisis cette semaine par un début de panique devant les nouvelles menaces pesant sur l'économie après un cortège de nouvelles restrictions annoncées en Europe. Selon elle, la reprise économique dans la zone euro « perd de l'élan » du fait de la « résurgence » de la pandémie de coronavirus qui « détériore » les perspectives de retour à la croissance.

« Nous allons utiliser tous les instruments dont nous disposons aujourd'hui avec toute la flexibilité que nous avons pour répondre à la situation et répondre à toute évolution de la situation »,précisant que l'ensemble des instruments de la BCE seront étudiés ainsi que« la combinaison de chacun d'entre eux, afin d'arriver au meilleur résultat possible ».

Les dernières décisions de l'institution présidée par Christine Lagarde datent de juin, lorsque la BCE avait ajouté une rallonge de 600 milliards d'euros au programme d'urgence de 750 milliards d'achat de dettes, le "PEPP", annoncé en mars.

Compte-tenu de la dégradation sanitaire qui menace d'un nouveau plongeon les économies de la zone euro, les équipes de la BCE chargées de proposer des ajustements de la politique monétaire « sont déjà au travail » en vue d'annonces attendues lors de prochaine réunion du conseil des gouverneurs le 10 décembre, a souligné Christine Lagarde. Selon elle, les analyses actuelles « confirment qu'une orientation suffisamment accommodante de la politique monétaire est nécessaire pour soutenir l'activité économique et la convergence des niveaux d'inflation ».

Baisse des taux à venir ?

Après leur réunion de ce jeudi, les gardiens de l'euro ont aussi ouvert une voie à une potentielle baisse des taux, déjà à leur plus bas historique. Le principal taux d'intérêt a été maintenu jeudi à zéro, tandis que les banques se verront appliquer un prélèvement de 0,50% sur une fraction des dépôts qu'elles confient à la banque centrale au lieu de les prêter à leurs clients.

La BCE est sous pression pour agir alors que l'inflation en zone euro végète à un niveau très inférieur de celui proche de 2% visé par la BCE, se retrouvant même en territoire négatif depuis août. Lors de la dernière réunion du conseil des gouverneurs en septembre, le risque d'une rechute de l'activité avait été moins évoqué que l'appréciation de l'euro face au dollar.

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Le Covid-19 pèse sur l'activité

Or le tableau a changé à une vitesse inattendue. Le cours de la monnaie unique s'est stabilisé mais la résurgence de la pandémie en Europe a entraîné une rafale de nouvelles restrictions sur le continent, alarmantes pour les acteurs économiques.

Après l'Italie, l'Irlande ou les Pays-Bas, de nouvelles mesures drastiques ont été annoncées mercredi soir en France et en Allemagne. Dans la première économie de la zone euro, les cafés et restaurants, les équipements sportifs et culturels vont fermer durant tout le mois de novembre. Pour Christine Lagarde : « L'augmentation des cas de Covid-19 et l'intensification des mesures de restriction qui en découle pèsent sur l'activité, ce qui constitue un facteur de détérioration net pour les perspectives à court terme ».

Alors que le chiffre du produit intérieur brut du troisième trimestre sera publié demain, la présidente de la BCE prévient qu'il « pourrait surprendre à la hausse » du fait du déconfinement de l'été. Et d'ajouter : « D'un autre côté, nous sommes assez confiants dans le fait que le chiffre du quatrième trimestre sera en baisse. Sera-t-il négatif ? Nous ne savons pas à ce stade quel sera le résultat des mesures de confinement actuelles en novembre et quel type de rebond nous observerons. Il est très difficile de prédire maintenant si décembre compensera ou ne compensera pas les chiffres de novembre mais il est évident que nous n'attendons pas de bons chiffres en novembre ».

Quête d'unanimité

Outre la situation changeante de l'épidémie de Covid-19, l'incertitude entourant l'issue des élections américaines de début novembre, comme les conséquences du Brexit dans deux mois, donnent aux gardiens de la zone euro d'autres raisons de temporiser. Sans parler des divisions au sein du conseil des gouverneurs sur le cap futur à donner aux soutiens monétaires.

À la différence de son prédécesseur Mario Draghi, qui avait laissé une institution divisée, Christine Lagarde semble « aspirer à la (quasi) unanimité » au sein de son organe de décision, note Florian Hense, économiste chez Berenberg. Un résultat que la patronne de la BCE, en poste depuis un an, n'obtiendra « probablement pas avant la réunion de décembre », ajoute-t-il.

À lire également

  • La BCE assouplit ses règles à hauteur de 73 milliards pour soutenir les banques
  • La BCE surveille de près l'euro pour maintenir la stabilité des prix en plein Covid-19
  • Le plan de relance européen "aurait pu être meilleur" selon Christine Lagarde (BCE)

Selon les observateurs, le moment sera alors venu de décider de renforcer à nouveau l'ampleur et la durée du "PEPP" pour préserver de bonnes conditions de financement dans l'économie. Une autre option, qui consisterait à pousser les taux encore plus loin en territoire négatif, « serait risquée car cela porterait un nouveau coup aux banques déjà mal en point », estime Bruno Cavalier, chef économiste chez Oddo.

(Avec Jean-Philippe Lacour (AFP) et Reuters)

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