La BCE surveille de près l'euro pour maintenir la stabilité des prix en plein Covid-19

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(Crédits : Francois Lenoir)
L'institution prévoit désormais une inflation de 0,3% cette année, puis 1,0% en 2021. Tant attendu après la chute, le rebond est légèrement revu à la baisse pour 2021 et 2022, à +5,0% puis +3,2%.

La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé jeudi surveiller l'évolution de l'euro, dont l'appréciation ces derniers mois pèse sur son objectif de stabilité des prix, tandis que la reprise économique reste soumise à l'incertitude pour cause de regain du Covid-19.

La hausse de l'euro, qui a pris 10% face au dollar depuis mai, a été "largement débattue" lors de la réunion du conseil des gouverneurs de l'institution, a souligné la présidente de la BCE, la Française Christine Lagarde, lors de la conférence de presse de politique monétaire.

Le mandat de la banque est de "maintenir la stabilité des prix" et, dans ce cadre, "l'appréciation de l'euro est quelque chose à surveiller attentivement", a-t-elle souligné.

Déjà orientés à la baisse du fait de la crise, les prix en zone euro sont même passés en territoire négatif en août (-0,2%) où des facteurs temporaires ont joué, comme la baisse de la TVA en Allemagne et les soldes d'été.

Mais l'emballement de l'euro contribue à éloigner l'inflation de l'objectif de la BCE de maintenir la hausse des prix "proche mais inférieure à 2%".

Pour 2020, elle prévoit désormais une inflation de 0,3%, puis 1,0% en 2021 et 1,3% en 2022, selon ses nouvelles prévisions annoncées jeudi.

Christine Lagarde temporise

Mme Lagarde s'est toutefois voulu rassurante: "les risques déflationnistes sont en baisse", a-t-elle dit.

Pour Carsten Brzeski, chef économiste chez ING, Mme Lagarde s'est livrée à un "exercice d'équilibre verbal intéressant, voire risqué".

"Mentionner le taux de change dans sa déclaration introductive pour la première fois depuis plus de deux ans et insister sur les révisions à la hausse des prévisions d'inflation (sous-jacente) pourrait à terme déclencher un nouveau renforcement de l'euro", écrit-il. Ce qui, selon lui, "signifie que la BCE semble s'inquiéter de l'appréciation de l'euro, mais pas trop encore".

Côté croissance, la BCE se montre un peu moins pessimiste sur l'ampleur de la récession et prévoit désormais une contraction de 8% du PIB de la zone monétaire en 2020, contre -8,7% attendu précédemment.

Elle a en revanche abaissé légèrement ses prévisions pour 2021 et 2022, avec un rebond de +5,0% et +3,2% en 2021 et 2022 contre, respectivement, 5,2% et 3,3% annoncés lors de la publication des dernières prévisions en juin.


"La force de la reprise reste soumise à de grandes incertitudes car elle est très dépendante de l'évolution future de la pandémie et le succès des politiques" mises en place pour combattre celle-ci, a expliqué Mme Lagarde.

Lire aussi : France Relance, un plan de 100 milliards d'euros pour éviter le décrochage économique

Un rebond mais des vents contraires

En général, "les données laissent attendre un fort rebond du PIB au troisième trimestre" après une contraction sans précédent pour la période d'avril à juin.

Pour autant, "le regain des infections lors des mois d'été constitue un vent contraire", a-t-elle ajouté.

La BCE a laissé inchangé son principal taux d'intérêt à zéro, tandis que les banques se verront appliquer toujours un prélèvement de 0,50% sur une fraction des dépôts qu'elles confient à la banque centrale au lieu de les prêter à leurs clients.

Elle a aussi confirmé les programmes de rachat massifs de dette, dont l'action d'urgence "PEPP" de 1.350 milliards d'euros d'ici juin 2021, destiné à contrer le choc du Covid-19 sur l'économie.

"Etant donné les circonstances actuelles, il est très probable que l'enveloppe sera utilisée dans son intégralité", a d'ailleurs indiqué Mme Lagarde.

"La BCE maintient son cap et signale qu'elle va continuer à assouplir sa politique monétaire dans les mois à venir", a commenté Marcel Fratzscher, président de l'institut économique DIW.

La banque centrale pourrait ainsi "augmenter à nouveau l'enveloppe PEPP en décembre, probablement de 500 milliards euros", pense Frederik Ducrozet, chez Pictet Wealth Management.

Par ailleurs, concernant le Brexit, Mme Lagarde dit espérer "que l'issue des négociations sera positive malgré les postures observés ces derniers jours" alors que Londres a annoncé vouloir revenir en partie sur l'accord entérinant son divorce d'avec le bloc européen.

Lire aussi : Pandémie puis Brexit sans accord ? Le Royaume-Uni risque un double choc

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Commentaires
a écrit le 12/09/2020 à 3:28 :
Pretendre qu'il n'y a pas d'inflation !
Tout est cher en France

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