La BCE prise entre le marteau de l'inflation et l'enclume du soutien à l'activité économique
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Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne (BCE).
Reuters
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Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne (BCE).
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La réunion du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) ce jeudi va devoir intégrer une nouvelle inconnue - l'invasion surprise de l'Ukraine par l'armée russe - à une équation déjà devenue complexe entre choc d'inflation et ralentissement de l'activité. Comment ajuster la politique monétaire de la zone euro avec un taux d'inflation qui s'est affiché à 5,8% en février sur un an, après 5,1% en janvier. Car même si elle est alimentée par l'envolée des prix de l'énergie et des produits alimentaires, l'inflation sous-jacente progresse de 2,9% en février, après 2,4% en janvier, s'éloignant du taux cible de la BCE fixé à 2%.
Le resserrement de la politique monétaire qui avait été envisagée en février par la présidente Christine Lagarde, en fonction de la conjoncture, sous la forme d'un arrêt progressif des rachats d'actifs, préalable à un relèvement des taux, est remis en cause par la guerre en Ukraine. En effet, les sanctions prises contre le régime de Vladimir Poutine auront des conséquences pour l'économie européenne, ne serait-ce que sous la forme du choc d'inflation que représentent la poursuite de la hausse des prix de l'énergie et des produits alimentaires. Déjà, en février, la Commission européenne avait justifié par l'inflation la révision de la croissance économique de la zone euro en 2022, de 4,3% à 4%.
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"La réunion de la BCE pourrait être beaucoup plus passionnante que ce que le marché semble croire pour l'instant. D'une part, il s'agit du dilemme des pics d'inflation et des mesures nécessaires pour soutenir l'économie. D'autre part, il s'agit également de la discussion sur un éventuel nouveau fonds européen pour financer les dépenses d'énergie et de défense. Ce sujet pourrait être abordé demain lors du sommet des chefs d'État et de gouvernement de l'UE à Versailles. Si l'UE décidait de franchir cette nouvelle étape, la pression sur la BCE s'en trouverait clairement allégée. Un stimulus fiscal massif émergent une fois de plus réduirait la pression sur la politique monétaire et pourrait aider la BCE à se concentrer davantage sur la lutte contre l'inflation", commente Ulrike Kastens, économiste spécialiste de l'Europe, chez le gérant d'actifs allemand DWS.