La Grèce obtiendra-t-elle son prêt de 7 milliards jeudi ? Schäuble et Le Maire optimistes

Tsipras veut revenir sur le marché obligataire dès cet été, c'est pourquoi la réunion de jeudi à Bruxelles est cruciale. Pour obtenir cette aide de 7 milliards d'euros supplémentaire -et payer aux créanciers l'échéance de juillet du même montant- la Grèce doit convaincre notamment l'Allemagne et le FMI de ses progrès dans la maîtrise de ses dépenses publiques.
Wolfgang Schäuble à Bruxelles le 23 mai 2017 avec Bruno Le Maire, son nouvel homologue français.
Wolfgang Schäuble à Bruxelles le 23 mai 2017 avec Bruno Le Maire, son nouvel homologue français. (Crédits : Reuters)

Les ministres des Finances de la zone euro et le Fonds monétaire international (FMI) devraient probablement parvenir à un compromis sur la Grèce lors de la prochaine réunion de l'Eurogroupe, jeudi 15 juin, ouvrant la voie au déblocage d'une nouvelle tranche d'aide à Athènes, a-t-on appris lundi de sources proches du dossier.

Signe supplémentaire d'optimisme, le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble lui-même a dit mardi avoir bon espoir que la Grèce et ses créanciers internationaux parviendront jeudi à un compromis qui permettra le déblocage de nouveaux prêts pour Athènes.

"On y arrivera jeudi, vous verrez", a-t-il dit lors d'une table ronde à Berlin, faisant allusion à la réunion des ministres des Finances de la zone euro à Luxembourg jeudi.

Le ministre français de l'Economie Bruno Le Maire s'est également montré optimiste lundi à Athènes, assurant qu'on n'était "pas loin d'un accord" sur la poursuite du plan d'aide à la Grèce. M. Le Maire, en poste depuis moins d'un mois, a déjà rencontré plusieurs interlocuteurs-clés de la négociation, Christine Lagarde, directrice générale du FMI, le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble et Jeroen Dijsselbloem, le président néerlandais de l'Eurogroupe.

"Depuis quinze jours, je multiplie les rencontres et je suis optimiste que nous aurons une bonne solution, nous ne sommes pas loin d'un accord", a assuré M. Le Maire devant le Premier ministre Alexis Tsipras.

L'absence d'accord "créerait un vide, un trouble"

Ce mardi matin, dans l'édition papier du "Parisien", Pierre Moscovici, le commissaire européen aux affaires économiques, était sur la même longueur d'onde. Au journaliste qui lui demandait si, en cas d'échec, on allait vers un Grexit, il affirmait :

"Le Grexit n'est plus d'actualité. En juillet 2015, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schauble, l'avait envisagé, parce qu'il estimait que la Grèce ne faisait aucun effort pour se réformer. Depuis, la Grèce a fait beaucoup d'efforts et ne peut plus être mise en accusation."

Même s'il prévenait aussitôt après que, en cas d'absence d'accord le 15 juin, cela "créerait un vide et un trouble".

"Ne pas jouer avec le feu"

Pour mémoire, jeudi 8 juin, le commissaire européen avait appelé les créanciers de la Grèce à ne pas "jouer avec le feu" au sujet du programme de renflouement du pays.

Plusieurs autres sources ont indiqué qu'un accord était en bonne voie, d'autant que la directrice générale du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, assistera à la réunion de l'Eurogroupe. La patronne du FMI a proposé la semaine dernière une solution de compromis par laquelle l'institution internationale s'associerait au plan de renflouement financier négocié à l'été 2015 - le troisième depuis le début de la crise de la dette grecque - sans pour autant débourser immédiatement de l'argent.

"Il est évident que la Grèce a tenu ses promesses"

Vendredi dernier, le Parlement grec (la Vouli) a donné son aval vendredi aux réformes exigées par les créanciers internationaux afin de conclure l'examen des initiatives réalisées dans le cadre de son plan d'aide international.

"Il est évident que la Grèce a tenu ses promesses et respecté ses engagements. Elle a déjà fait plus qu'elle n'était supposée faire (...) et c'est à présent au tour des créanciers et de nos partenaires de respecter les leurs", a dit la ministre du Travail Effie Achtsioglou avant le vote.

Lors du précédent eurogroupe, le 22 mai, les Européens et le FMI ne sont pas parvenus à se mettre d'accord sur l'ampleur à donner à l'allègement de la dette et sur les mesures que la Grèce devra mettre en oeuvre pour pouvoir gérer durablement sa dette après l'arrivée à terme, en 2018, de son troisième plan d'aide international.

Tsipras veut revenir sur le marché obligataire dès cet été

Le Premier ministre Alexis Tsipras veut revenir sur le marché obligataire dès cet été et il espère qu'un allègement de la dette suffira à convaincre la Banque centrale européenne (BCE) à accepter les emprunts nationaux dans son programme de rachats d'actifs.

La Grèce a fait l'objet de trois plans de renflouement internationaux depuis 2010 au prix d'une récession qui a mis le pays à genoux. La popularité du Premier ministre est en chute libre et son mandat arrive à échéance en 2019.

(Avec Reuters)

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaires 5
à écrit le 14/06/2017 à 15:49
Signaler
Ce n'est pas seulement en Grèce que des nouveaux crédits servent à rembourser des crédits existants, mais ce qui est unique, c'est que les investisseurs privés se trouvent remplacés par des contribuables, et non pas des contribuables grecques, mais c...

à écrit le 14/06/2017 à 8:58
Signaler
"Le Grexit n'est plus d'actualité. En juillet 2015, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schauble, l'avait envisagé, parce qu'il estimait que la Grèce ne faisait aucun effort pour se réformer. Depuis, la Grèce a fait beaucoup d'efforts et ne p...

à écrit le 13/06/2017 à 16:50
Signaler
On va prêter de l'argent à la Grèce pour qu'elle puisse rembourser ses créanciers , un signe que cette UE ne tourne pas rond.

le 13/06/2017 à 18:25
Signaler
@BA: puisqu'on veut conserver la Grèce dans l'UE, on lui avance les 7 milliards, car cette somme ne porte pas d'intérêt, et est par conséquent un prêt relais à taux zéro. Ce qui me fait dire que l'accord en question est déjà avalisé. Reste à savoir s...

à écrit le 13/06/2017 à 14:09
Signaler
Prochain prêt on va demander à chaque grec, pas aux riches bien entendu rassurez vous, de donner un rein à l'UE. Tout va bien qu'on vous dit et vive l'europe !

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.