Deux millions de travailleurs vivent en dessous du seuil de pauvreté en France

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Le risque d'être pauvre dépend beaucoup du statut d'activité: en 2017, 37,6% des chômeurs étaient statistiquement pauvres, contre 7,1% des salariés, un écart qui se réduit légèrement.
Le risque d'être pauvre dépend beaucoup du statut d'activité: en 2017, 37,6% des chômeurs étaient statistiquement pauvres, contre 7,1% des salariés, un écart qui "se réduit légèrement". (Crédits : Carlo Allegri)
Le nombre de travailleurs pauvres a bondi de 181.000 entre 2016 et 2017 selon les derniers chiffres de l'Insee. Au total, ils seraient 2,1 millions contre 1,9 million un an auparavant.

Les effets de la crise de 2008 se font encore ressentir sur le porte-monnaie des Français. En dépit d'une embellie de la conjoncture, le nombre de pauvres sur le sol français a augmenté passant de 8,5 millions de personnes en 2013 à 8,8 millions en 2017.

En prenant en compte l'évolution de la population totale, le taux de pauvreté a légèrement bondi sur cette même période pour passer de 13,8% à 14,1%. En parallèle, le seuil de pauvreté fixé à 60% du revenu médian a très peu évolué passant de 1.021 euros à 1.041 euros.

Le taux de pauvreté des salariés a bondi

Il existe de fortes disparités selon les catégories socioprofessionnelles et la situation des actifs. Le taux de pauvreté des chômeurs a fortement diminué en 2017 (0,7 point). Dans le même temps, celui des salariés a augmenté. L'organisme de statistiques explique ces différentes trajectoires par des créations d'emploi plus nombreuses dans le travail temporaire et la construction. Ces deux secteurs emploient plus souvent des des travailleurs à bas salaires. "Le nombre de personnes pauvres augmente ainsi de 181.000 parmi les salariés, et diminue de 139.000 parmi les chômeurs" ajoutent les statisticiens. Parmi les 2,1 millions de travailleurs pauvres, 1,6 million sont salariés et 500.000 sont non-salariés.

1.735 euros de revenu médian mensuel

Selon les chiffres communiqués par l'Insee, le niveau de vie annuel médian d'un Français vivant dans un ménage était de 20.820 euros par an, soit 1.735 euros par mois. Depuis 10 ans, ce niveau connaît "une période de quasi-stagnation d'une durée inédite" explique l'organisme public. Cette stabilité se traduit dans les chiffres par une baisse du niveau de vie médian entre 2008 et 2013 de 0,3% par an en moyenne et une légère hausse ensuite (+0,5% par an en moyenne). Malgré le retour de la croissance tricolore en 2017 (2,3%), la situation financière des Français ne s'est pas fondamentalement améliorée.

Le niveau de vie des plus aisés a retrouvé des couleurs

Les évolution des niveaux de vie ont connu des contrastes selon les catégories de revenus. Après avoir diminué entre 2011 et 2014, le niveau du neuvième décile,  a augmenté progressivement pour atteindre 38.210 euros en 2017 contre 37.390 euros 10 ans auparavant. En 2017, l'augmentation du niveau vie a été plus favorable pour les plus aisés. Le neuvième décile a augmenté de 0,7% sur un an.

Dans le bas de l'échelle, la situation est bien plus morose. Les Français n'ont toujours pas retrouvé en 2017 (11.290 euros) le niveau de vie qu'ils avaient connu en 2008 (11.340 euros). Même si la plupart des économistes s'accordent à dire que la protection sociale et le système de redistribution ont joué un rôle d'amortisseur pour limiter les effets dévastateurs de la grande récession, "le niveau de vie des personnes en dessous des deux premiers déciles s'est dégradé depuis la crise" indiquent les statisticiens. La récente crise des "gilets jaunes" a remis au centre des débats la question du pouvoir d'achat des revenus les plus modestes et des choix de politiques économiques menées par les différentes gouvernements.

Des inégalités relativement stables

Sur le front des inégalités, les différences se stabilisent par rapport à 2016. "En effet, les variations des différents indicateurs d'inégalités ne sont pas significatives d'un point de vue statistique" précise l'institut. Ainsi, l'indice de Gini est passé de 0,288 à 0,289 entre 2016 et 2017. "En 2017, les 20 % de personnes les plus aisées perçoivent 38 % de la masse totale des niveaux de vie, tandis que les 20 % des plus modestes en perçoivent 9 %"expliquent les experts de l'Insee. Les disparités de niveau de vie ont fortement bondi après la grande crise de 2008. Les ménages les plus modestes ont été les premières victimes de la récession.

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Commentaires
a écrit le 13/09/2019 à 17:07 :
Finalement ttes ces statistiques triomphantes sur le front du chômage ne sont qu'un enfumage cache misère.
A part qcqs emplois industriels créés ici ou là et correctement rémunérés par la rareté des candidats compétents qui se présentent, tt le reste est un transfert de chômeurs en fin de droit vers des emplois non qualifié ou à tps partiel ou d'interim qui affectent prioritairement les jeunes et les seniors ds l'auto entreprise.
Face visible d'une économie à bout de souffle qui taxe à mort les emplois qualifiés et néglige la formation ( surtout professionnelle ) de sa jeunesse.
Les formations malthusiennes, type compagnons du devoir, qui forment qcqs milliers d'apprentis par an ( dt de + en + de bacheliers) sont dramatiquement en dessous des enjeux.
a écrit le 13/09/2019 à 16:30 :
parmi eux combien d'ex-migrants ?
a écrit le 13/09/2019 à 12:00 :
"Parmi les 2,1 millions de travailleurs pauvres, 1,6 million sont salariés et 500.000 sont salariés".
Tous ne sont pas salariés...
a écrit le 13/09/2019 à 10:15 :
Avec la crise qui approche, taux et autres, nous pourrons constater a mon avis avant la fin du mandat de macron, et qui permettra de constater une réalité économique simple.
Comme en bourse, si certains n'ont plus d'argent, c'est que d'autres en ont trop !!

c'est la logique de la corde, mais du magicien !!!!

Et pour autant, souvenons nous des propos des uns et des autres pour saisir qu'il ne peut y avoir un hasard, mais juste une application économique qui n'est pas assumé !!!

Alors regardons dans le temps comment la société pourra fonctionner....
a écrit le 13/09/2019 à 8:44 :
Le macronisme en marche! et si l'on ajoutait tous les faux salariés travaillant avec le statut d'autoentrepreneur! Au G7 Jupiter devait parler des inégalités on l'attendait sur les inégalités de revenu et cela s'est borné aux inégalités homme femme ce qui ne coûte rien. Avec l'homophobie dans les stades et la PMA notre enfumeur en chef continue sa politique libérale européenne
a écrit le 13/09/2019 à 8:43 :
Deux millions de travailleurs SURVIVENT en dessous du seuil de pauvreté en France
a écrit le 12/09/2019 à 23:38 :
Sans même parler du fond de l'article, la forme laisse franchement à désirer. Il serait bon de se relire...
a écrit le 12/09/2019 à 20:30 :
Oui, mais à la retraite 85% du SMIC et maisons de retraite GRATOS. Pas belle la vie. Ne faites plus d'études en France et au pire commencer vite à travailler à 17 ans pour avoir le diplôme "DE CARIERE LONGUE". Ne plus aller à bac plus 5, plus 10, pour quoi faire. Vous faire plumer, parce que l'on dira il gagne beaucoup d'argent. Pauvre France. Bientôt il n'y aura plus personne pour payer. Et là on pleurera.
a écrit le 12/09/2019 à 18:00 :
seuil de pauvreté à 1.041 euros: ils devraient arrêter de travailler tout court ils gagneraient plus. En France avec juste qques aides on dépasse se montant.
tiens par ex: RSA 550€ + APL (forcement on en a si on est au RSA) 450€ on est deja à 1000€. et je parle pas des autres aides qui existent dans x domaine plus les réductions plus etc...
Réponse de le 12/09/2019 à 19:31 :
Vous n'avez pas compris comment fonctionne le RSA.

Les APL, toutes les aides sociales et les éventuels revenus de petits boulots sont déduits du RSA et ne se cumulent pas (sauf très rares exceptions récentes pour certains jobs saisonniers).

550 € est donc un maximum de revenu pour un adulte isolé et pas une base.
a écrit le 12/09/2019 à 16:02 :
les politiciens de droite comme de gauche y compris Macron ne revalorise pas le smic bloqué depuis une décennie pour aligner les salaires français sur ceux des chinois, Roumain, Bulgare, polonais etc avec la complicité de l'union européenne les pauvres ne seront que de plus en plus exponentiels en rajoutant les immigrés de plus en plus nombreux illettrés et sans travail pour eux sachant que la vie est beaucoup plus chère dans nos soi-disant pays riche
Réponse de le 13/09/2019 à 7:02 :
On peut se demander à quoi sert de s'accrocher à des salaires élevés si le coût de la vie que nous subissons en France (et en particulier le logement, hors de prix même en comparaison de pays à l'économie similaire, mais aussi les carburants par exemple) vient neutraliser cet avantage. Une coupe de cheveux en Chine, ça vaut 2 à 4 €. Et le niveau de vie réel à Prague ou à Bratislava est supérieur à ce qu'il est en Ile de France, malgré des salaires moitié moins élevé. Toutes les comparaisons internationales devraient être faites à parité de pouvoir d'achat.
Réponse de le 13/09/2019 à 15:45 :
Peut être que la vérité est ailleurs. Le smic n'augmente pas car les charges et les impots sur les entreprises s'accroissent chaque année. Tout ça pour financer l'assistanat, les privilèges de quelques grandes corporations publiques, et toutes les folies des élus locaux. Peut être qu'il serait temps de remettre une bonne fois pour toute le système à plat, que le pays paye uniquement pour l'essentiel, qu'il baisse les charges, taxes et impôts pour donner de l'oxygène aux entreprises et qu'on revalorise le smic. Moins de taxes et plus de salaires.
Réponse de le 13/09/2019 à 15:51 :
Vous avez déjà visité St-Pierre et Miquelon (6000 hab)? Terrains de sport partout, maison de retraite (inutile car sans médecin), compagnie aérienne subventionnée, liaisons maritimes subventionnée, tout le monde à le droit de pécher ce qu'il veut (ce qui détruit les pêches commerciales), produits importés de France (même les produits laitiers ou les oeufs). Au final, quasiment aucune activité privée, tout le monde travaille directement ou indirectement pour le public. Et tout cela est financé par les taxes et impôts. Des économies, il y en a à faire !
a écrit le 12/09/2019 à 15:40 :
L'union européenne fait venir en France des travailleurs des pays de l'Est qui acceptent des salaires très bas et des conditions de travail lamentable. De plus, des industriels ont fermés des usines en France pour fabriquer à faible coût pour ensuite importer dans l'UE. L'UE est devenue une fabrique de pauvre pour ses propres ressortissants. Ne soyons pas surpris de la montée du populisme... Les chinois et autres émergents s’enrichissent comme les 10% des français les plus riche pour le reste de la population elle survie...
Réponse de le 12/09/2019 à 18:50 :
D'ailleurs, quand une boite ou une partie de la boite est délocalisée ,on dit maintenant aux salariés pour les rassurer ,ne vous inquiétez pas l'activité reste en Europe et ne part pas en Chine, ouf.Comme ça ,le salarié une fois rassuré peut ensuite l'esprit libre pointer tranquillement au chômage.
a écrit le 12/09/2019 à 15:01 :
Rien, sur les pseudos autoentrepreneurs.
a écrit le 12/09/2019 à 13:51 :
La smicardisation par MITTERAND n'a pas résolu le problème; la solution est ailleurs: il est vrai que quand un salarié paye un quart de son salaire brut en cotisations sociales et que le patron débourse au moins autant, il ne voit âs la vie en rose.
a écrit le 12/09/2019 à 13:40 :
"Les effets de la crise de 2008 se font encore ressentir sur le porte-monnaie des Français".

Pas pour tout les français, puisque l'article précise en dessous que les disparités de niveau de vie ont fortement bondi après la grande crise de 2008.En tout cas, l'electorat bourgeois de Macron continue de se gaver sur le dos des autres ,crise ou pas.
a écrit le 12/09/2019 à 12:23 :
Tous les présidents qui se sont présentés comme les champions de la valeur travail sont des gros mythomanes puisque le travail non seulement ne paye pas plus qu'avant mais il ne protège même plus de la misère.

Etonnez ensuite vous que des gens ne soient pas enthousiasmés par leur job et enfilent des gilets jaunes.
a écrit le 12/09/2019 à 12:06 :
Je vois bien le ruissellement, ou tout du moins son inexistence... Mr le Président, il va falloir nous expliquer d'où vous tenez cette théorie. La réalité de la baisse du chômage, des travailleurs à l'emploi assisté (comprendre emploi aidé) qui coutent encore plus cher à la société, au profit de ceux qui les utilisent.
a écrit le 12/09/2019 à 11:21 :
le taux de pauvreté français a baissé de 13,6% en 2016 à 13,3% en 2017 (Eurostat ; les taux sont de 16,1% en Allemagne et 17% au UK). depuis 2005, progression de près de 7 points en Suède, près de 4 points en Allemagne, 2,7 points aux Pays-Bas ou 1 point au Danemark. seulement 0,3 points en France (Eurostat).
le taux de pauvreté des travailleurs français est le plus bas parmi les 5 grands pays de l'UE (The rise of poverty among EU workers since the financial crisis - in charts, Financial Times, 27/12/2018). la progression du taux de pauvreté a en effet été bien plus rapide en Allemagne depuis 2006.
a écrit le 12/09/2019 à 10:29 :
Au détriment de leur santé que leur budget ne permet bien souvent pas de soigner. Le nombre de travailleurs, salariés ou non, qui n'ont pas de mutuelle est désespérant ne pouvant qu’alimenter cette spirale dans laquelle le consortium financier européen nous a dirigé à savoir en amputant les services publics du fait de son dumping fiscal tout en faisant plonger les salaires du fait de son dumping social.CQFD

Malgré la manipulation des médias de masse ne voulant pas nous montrer ces phénomènes majeurs expliquant également la pollution massive de la planète, il n'y a plus que seule l’humanité qui soit menacée, les faits sont là, bien visibles grâce à internet de nos jours, et les faits comme tout le monde le sait sont têtus.
Réponse de le 12/09/2019 à 12:42 :
Il existe la CMU et pour ceux qui n'y ont pas droit l'ACS aide à la complémentaire santé .
Par ailleurs tous les employeurs du privé sont tenus de proposer une complémentaire santé à leurs salariés et de participer au financement !!!
Réponse de le 12/09/2019 à 13:34 :
@idx

Sans oublier que la loi de finances 2014 a opéré des changements en ce qui concerne les salariés dans le cas où l’employeur prend en charge une partie des frais de santé. La loi publiée le 30 décembre 2013 au Journal Officiel modifie les conditions d’exonération d’impôts sur le revenu au titre de la mutuelle santé puisque la cotisation de l’employeur pour couvrir les frais de santé des salariés est devenue imposable. Cela veut dire que la contribution de l’employeur à la mutuelle entreprise de tout salarié est dorénavant soumise à l’impôt sur le revenu. Concrètement, toutes les cotisations santés versées par l’employeur sont réintégrées au salaire imposable de l’employé et deviennent par conséquent déductibles et se retrouvent dans la partie net imposable.
Réponse de le 12/09/2019 à 16:12 :
Si je ne peux pas répondre au multipseudos vous virez mon commentaire de base, vous ne l'instrumentalisez pas

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