Les Britanniques toujours divisés sur le Brexit

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Après le référendum du 23 juin 2016, les Britanniques semblent en désaccord avec le hard Brexit que veut enclencher la Première ministre Theresa May.
Après le référendum du 23 juin 2016, les Britanniques semblent en désaccord avec le "hard Brexit" que veut enclencher la Première ministre Theresa May. (Crédits : Reuters)
Un an après le référendum, les Britanniques restent divisés sur le sujet du Brexit. Selon les sondages, c'est en faveur d'un "soft Brexit" qu'ils se tournent, s'opposant à Theresa May. Et si l'incertitude règne outre-Manche, pour certains, elle se transforme en crainte profonde. Témoignages.

Le 23 juin 2016, une courte majorité de Britanniques décidait de voter en faveur du Brexit. Un an après, La Tribune dresse le bilan de douze mois mouvementés, ponctués par le début officiel des négociations entre le Royaume-Uni et l'UE.

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Il y a tout juste un an, les Britanniques se divisaient sur la question du Brexit, privilégiant, à 51,9% une sortie de l'Union européenne. Juste avant le référendum, les sondages alternaient les hypothèses pour les intentions de votes : tantôt Leave, tantôt Remain. Un an plus tard, les résultats restent serrés et les courbes continuent de se chevaucher, selon les organismes de sondages.

sondage Statista Brexit

[Crédits : Statista.]

Et si l'opinion concernant le divorce UE-Royaume-Uni est instable, plusieurs sondages révèlent que les Britanniques n'adhèrent pas à la façon dont le Brexit est mené par Theresa May. Le taux de confiance des Britanniques en la Première ministre baisse : il est passé de 48% en mars à 37%, selon Yougov. Gah-Kai Leung, jeune Anglais, tente d'y apporter une explication:

"Dans l'opinion de tous les britanniques, sa position est extrêmement affaiblie après les élections, qui ont prouvé que les gens en ont assez de l'austérité fiscale, qui a ruiné les services publiques."

|  Lire aussi Royaume-Uni : les conservateurs perdent leur majorité absolue

De la même façon, la proportion de Britanniques pensant que le gouvernement adopte le bon comportement vis-à-vis du Brexit est descendue de 40% en avril à 22%, toujours selon Yougov. La manière de mener à bien le Brexit est controversée puisque, 43% des Britanniques estiment que le gouvernement devrait continuer sur sa lancée tandis que 23% des Britanniques souhaiteraient que l'Etat reconsidère les termes des négociations avec l'UE et choisiraient plutôt un "soft brexit", 17% souhaiteraient un nouveau référendum et 7% pensent qu'il faudrait tout bonnement abandonner le Brexit (10% d'abstention sur la question). Selon Survation, lorsqu'il s'agit de ne choisir qu'entre deux propositions: un hard Brexit et un soft Brexit, 55% des Britanniques interrogés affirmeraient être en faveur d'un divorce "en douceur".

 "Les gens qui ont voté pour le Brexit étaient choqués du résultat du référendum de l'an dernier. Certains ont même regretté leur vote, mais avec le temps qui passe, l'opinion générale semble plutôt être 'nous y sommes, finissons-en'", relève Anna Fayemi, ressortissante française vivant à Londres.

Pour Joe Twyman, directeur du pôle politique et social à Yougov, l'intérêt pour le Brexit semble avoir été surestimé durant l'année écoulée :

"Beaucoup de Britanniques n'ont pas suivi avec attention les événements. D'un côté, l'opinion n'a pas changé pour beaucoup, mais de l'autre, s'il y a des évolutions à ce sujet, ce sera petit à petit. Les négociations ne viennent que de commencer. Elles vont sans doute jouer un rôle clé."

Des sérieuses craintes

Et si l'incertitude règne outre-Manche, pour certains, elle se transforme en crainte profonde. Anna Fayemi, dont la petite fille et le mari sont anglais, en témoigne:

"Nous ne savons pas encore ce que le Brexit va nous apporter : ni en tant qu'Anglais - hausse ou baisse de salaire ? Création d'emploi ou perte de main d'œuvre? Diminution ou augmentation du pouvoir d'achat ? Baisse de la livre ? - ; ni en temps en tant que ressortissants européens. Nous avons entendu, que tous les ressortissants européens ayant vécu en Grande-Bretagne depuis 5 ans seraient autorisés à y rester mais nous ne sommes pas sûrs des négociations entamées !"

Et d'ajouter :

"Ne pas savoir si je vais pouvoir rester vivre en Angleterre et travailler ici. Si j'aurai besoin d'un visa pour venir voir ma fille, qui possède la double nationalité, si elle choisit de faire ses études au Royaume-Uni. Si la libre circulation de la culture, de la science, de la recherche médicale, le partage des données, des connaissances sera encore possible ? Le Brexit soulève énormément de questions. Qu'en est-il de l'entente cordiale entre la France et l'Angleterre ? Du tunnel sous la manche ? Encore beaucoup de questions restent en suspens. Nous attendons de voir ce qu'il va se passer. Les âmes se sont apaisées, semble-t-il, mais le Brexit a vraiment divisé une nation entière..."

| DOSSIER : Brexit, un an après le référendum, où en sommes-nous ?

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Commentaires
a écrit le 26/06/2017 à 8:48 :
La question ne se pose plus, le peuple s'est prononcé, il n'y a qu'en France que lorsque le peuple se prononce, les politiques font exactement l'inverse de ce que le peuple a voté (cf Mitterrand). C'est ce que l'on appelle la parallélisme du contraire.
Réponse de le 26/06/2017 à 14:04 :
"cf Mitterrand"

Le traité constitutionnel réfusé par les français via référendum et validé deux ans plus tard dans notre dos via l'assemblée c'était sous chirac puis sous sarkozy et pas sous mitterand.

Si vous ne vous êtes pas trompé pouvez vous nous dire à quoi vous faites références svp ? Merci.
a écrit le 25/06/2017 à 11:19 :
les britanique peuvent reste dans l'Europe
il n'y a qu'a revoir comment sarko a realise son tour de passe
apres le non des Français a l'Europe voulu et impose par mme Merkel
la question doit etre repose
a écrit le 25/06/2017 à 5:32 :
Des etoiles a 6 branches sur le flag europeen.
De mieux en mieux.
a écrit le 24/06/2017 à 11:22 :
Je regardais récemment un reportage de la BBC sur le Brexit. Un an après, les Britanniques "de souche" seraient à nouveau prêts à voter le Brexit. Les réfractaires seraient, semble-t-il, les nouveaux Britanniques et surtout les étrangers qui ont le sentiment d'être expulsables. Qu'ils se rassurent, s'ils appartiennent à une communauté importante en France, ils seront les bienvenus avec allocs diverses et variées à la clé :-)
a écrit le 24/06/2017 à 10:47 :
Le fameux marronnier, véritable fable même, de ces pauvres anglais qui voulaient rester dans l'UE mais qui ont été pris en otage par des méchants vauriens qui eux voulaient sortir de l'UE ces inconscients.

Énième interprétation de l'actualité par les médias, toujours dans le sens des intérêts de leurs actionnaires et patrons, énième fabrique à opinion.
a écrit le 24/06/2017 à 10:02 :
Que les Anglais restent ou pas m'indiffère. Par contre, Brexit ou pas, il est totalement anormal que des services financiers, de contrôle impliquant l'€uro soient établis dans un pays qui n'utilise pas cette monnaie. Le "soft Brexit" n'existe pas. Ils sont dedans OU dehors. On ne va pas recommencer avec les turpitudes Thatchériennes.
a écrit le 24/06/2017 à 9:37 :
Que les britanniques, qui ont exprimé leur choix par référendum, se démerdent.
Réponse de le 26/06/2017 à 5:23 :
Quoi ! Comment est - ce possible ? Un journal serieux comme la Tribune autorise les grossieretes. C'est decide, a l'instar Patrick-b je vais lire l'equipe.
a écrit le 24/06/2017 à 9:32 :
En France, on est divisé sur le Frexit, c'est la faute a qui?
Réponse de le 24/06/2017 à 18:09 :
Euh... pas vraiment.

Même le FN est maintenant obligé de revoir sa copie sur la sortie de l'UE et de l'euro.
Réponse de le 25/06/2017 à 8:51 :
@Tom: le Frexit serait beaucoup plus difficile que le Brexit parce que le contrôle de ses finances et donc de sa monnaie est primordial pour gérer le pays. La France n'a pas ce contrôle :-)
a écrit le 24/06/2017 à 9:31 :
En France, on est divisé sur le Frexit, c'est la faute a qui?
Réponse de le 26/06/2017 à 4:06 :
C'est curieux pas une ligne sur les "affaires" du bismuth. Serait-il embastille ?

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