Les trois certitudes et les trois inconnues du Brexit

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(Crédits : © Hannah Mckay / Reuters)
[ANALYSE] Les Européens ont répondu à l'improvisation britannique en posant un cadre procédural et un calendrier les plus clairs possibles, sans rien cacher des périls de la négociation ouverte le 29 mars. S'ils arrivent à sortir par le haut de la négociation, cela pourrait améliorer leurs relations avec d'autres pays tiers.

« Ce sera une négociation très dure, mais ce ne sera pas la guerre », a expliqué le Premier ministre maltais Joseph Muscat qui présentait le 31 mars depuis La Valette les neuf pages de « lignes directrices » aux côtés du président du Conseil Donald Tusk. Le ton est donné. « Brexit veut dire Brexit. Et le Brexit aura des conséquences. Les choses changeront. Il y aura des perturbations. Il y aura des barrières... Notre tâche vise à les réduire au maximum... Cette négociation a pour objet de limiter les dégâts », déclarait pendant ce temps à Bruxelles un haut fonctionnaire. Voici les trois certitudes et les trois inconnues de la négociation, la plus périlleuse qu'ait jamais eu à mener l'Union européenne.

Trois certitudes

. Le couperet tombera en 2019

A partir du 29 mars, il n'y aura plus de députés européens britanniques siégeant au Parlement, plus de ministre de sa Majesté dans les réunions du Conseil, plus de juge britannique à la Cour de Luxembourg. L'Union continuera à travailler dans une langue, l'anglais, qui n'est celle que de 1% de ses habitants. Les relations entre l'Union européenne et du Royaume-Uni seront celles de deux « tiers », elles se joueront sur le registre de la diplomatie, comme avec les Etats-Unis, la Russie ou le Japon.

. Chacun des Vingt-Sept disposera de facto d'un droit de veto

Juridiquement, seules les « lignes directrices » qui viennent d'être proposées doivent être adoptées à l'unanimité. L'accord de sortie, comme le futur partenariat, s'il en est un, ne requièrent qu'une majorité qualifiée des Vingt-Sept. Mais la nécessité de faire ratifier ces futurs accords par chaque parlement national leur donne de facto un droit de veto tout au long des discussions puisque les ministres des affaires étrangères devront valider régulièrement les progrès réalisés par l'équipe de Michel Barnier.
D'autres sujets "classiques" pourraient ainsi s'inviter dans les discussions, qu'il s'agisse d'accords commerciaux en cours de discussion, comme avec la Chine ou le Japon, de réforme de la zone euro, de politique industrielle ou encore du prochain "cadre budgétaire" pour la période 2021-2028 dont la négociation commencera l'année prochaine.

L'Espagne s'est en outre déjà vu accorder un droit de veto. « Aucun accord entre l'UE et le Royaume-Uni ne pourra s'appliquer au territoire de Gibraltar sans un accord entre le Royaume d'Espagne et le Royaume-Uni », peut-on lire dans le projet de lignes directrices qui doit être approuvé le 29 avril par les chefs d'Etat.

. Une négociation parallèle sur la sécurité et la défense

« Il n'est dans l'intérêt de personne d'utiliser la coopération en matière de sécurité comme un argument de négociation », a expliqué le président du Conseil Donald Tusk en réponse à la Première ministre britannique qui n'avait pas manqué de rappeler aux Européens qu'ils étaient en partie dépendant de son pays pour assurer leur défense et lutter contre le terrorisme. Si un haut fonctionnaire a jugé irresponsable de vouloir « troquer » de la sécurité contre un accès au marché, le Royaume-Uni n'en retrouvera pas moins en 2019 la capacité de réapprécier le prix de sa précieuse coopération.

Trois inconnues

. La date de début des discussions sur le futur partenariat

Pas une feuille de papier à cigarette ne sépare le négociateur Michel Barnier du président du Conseil Donald Tusk sur le fait qu'il faudra, avant d'engager toute discussion sur un partenariat futur, s'entendre sur les « principes » régissant trois sujets clés : les droits futurs des Britanniques vivant ou ayant vécu sur le Continent et des citoyens européens vivant ou ayant vécu au Royaume-Uni, la gestion de la frontière entre la République d'Irlande et l'Ulster, les engagements financiers restant du Royaume-Uni vis-à-vis de l'Union après mars 2019.

Mais à quel degré de détail ? La question n'est évidemment pas tranchée. Et elle ne pourra l'être que les gouvernements des Vingt-Sept. « Le verrou est qu'il y ait des progrès suffisants, la clé est dans les mains du Conseil », a insisté un haut fonctionnaire. Michel Barnier aimerait que la porte s'ouvre dès l'automne. Mais de nombreux observateurs estiment irréaliste un tel délai, du fait notamment de la pression que pourraient exercer certaines capitales pour garantir les droits de leurs ressortissants.

. Une période de transition de 2, 5, 10 ans ?

A fortiori si l'on tarde à commencer à parler de l' « après-2019 », il faudra de nombreuses années avant que les relations entre le Continent et les îles britanniques s'inscrivent dans un cadre stable. Ce cadre prendra vraisemblablement la forme d'un « accord mixte » que devront approuver plusieurs dizaines de parlements en Europe, à l'image de celui avec le Canada. « L'expérience montre que la ratification prend au moins deux ans », note une source officielle. Une fois les conditions du divorce arrêtées, deux négociations parallèles s'engageront sur la transition, d'une part, et le partenariat futur, de l'autre, avec l'ambition de conclure la première pour le 29 mars 2019. La seconde se prolongera certainement bien après. L'accord CETA avec le Canada, signé en 2016 et encore loin d'être ratifié, a commencé à être négocié en... 2004.

. Le futur cadre de résolution des conflits

C'est probablement l'un des sujets les plus épineux. L'autorité suprême de la Cour de Luxembourg reste le véritable ciment entre les membres de l'Union européenne. C'est là que se résolvent de façon définitive et incontestable les disputes les plus ardues entre les institutions européennes, les entreprises, les citoyens ou même les gouvernements nationaux de l'Union. En votant pour sortir de l'Union, les Britanniques ont voulu avant tout se soustraire à cet arbitre suprême.

Dès lors, devant qui les citoyens pourront-ils faire valoir leurs droits à la retraite accumulés pendant leurs « années britanniques » pour les Européens ou européennes pour les Britanniques ? Qui aura le dernier mot sur l'équivalence - si elle est reconnue - entre la réglementation financière de la City et celle prévalant à Francfort ou Paris ? Bruxelles pourra-t-elle contester des tarifs douaniers excessifs et Londres des subventions européennes fatales à ses propres entreprises ?

Pour éviter le chaos au lendemain du 29 mars 2019, une fois que les jugements de la Cour de Luxembourg ne feront plus autorité sur le territoire britannique, il faudra répondre rapidement à ces questions cruciales. Or, si l'on met de côté les pays tiers qui, comme la Norvège, ont fait le choix de reconnaître l'autorité de Luxembourg en adhérant à l'Espace économique européen de libre échange, la résolution des conflits reste une épine dans le pied de toute relation avec des pays tiers.

Avec la Suisse, Bruxelles a créé le pis-aller des « comités mixtes » sensés arbitrer les conflits, mais sans recours unique, chacun n'ayant ensuite d'autre recours que devant son propre ordre juridictionnel. Pour les aides d'Etat ou les tarifs douaniers, l'Organisation mondiale du commerce serait la solution naturelle, mais les procédures y durent plusieurs années comme le montrent les contentieux avec les Etats-Unis. Les tribunaux arbitraux, eux, sont très impopulaires comme l'a montré l'opposition au CETA. Ils peuvent mettre en péril la ratification d'un accord et surtout ne couvrent que les investissements.

Bref ! Faire du Brexit un succès exigera de résoudre des problèmes irrésolus depuis des décennies. Mais si les solutions étaient satisfaisantes, elles pourraient être mises à profit dans les relations avec d'autres partenaires que ce soit la Suisse, les Etats-Unis, la Turquie ou la Russie. Le coup de canon britannique aurait alors rendu un grand service à l'Union.

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Commentaires
a écrit le 04/04/2017 à 0:03 :
Attention, piège : perdre deux ans à ferrailler avec les Anglais. Laisser l'UE se faire endormir, anesthésier. La sortie du Royaume-Uni ne doit en aucun cas paralyser l'Europe. Au contraire. Elle doit continuer sa route. En snobant les snobeurs.
a écrit le 03/04/2017 à 20:08 :
Je pense que le réveil va être difficile à la fin des négos... L' Anglois ayant tout à perdre
son économie étant surtout basée sur la banque / assurance., ces derniers préparant les transferts vers le continent , des jours tristes à venir pour les petites gens . Hasta la vista .
Réponse de le 04/04/2017 à 13:08 :
@roro: il s'agit d'un choix de société entre les libertés individuelles et le collectivisme dont le socialisme n'est qu'une branche. On peut préférer le collectivisme qui se traduit par plus de réglements et plus de taxes et impôts pour maintenir le régime (parce que rien n'étant gratuit, ce que ne paie pas l'un est forcément payé par l'autre). L'Histoire nous enseigne toutefois que le socialisme qui prétend agir au nom du bien public nous entraine toujours vers la dictature. Les collectivistes de tous poils les plus connus du siècle dernier sont Adolf (National Socialiste), Benito (Idéal collectif suprême - i.e. fasciste), Staline (Communiste), sans oublier le socialiste Pierre Laval qui n'a pas hésité à rejoindre l'idéologie d'Adolf quand le vent a tourné. La liberté a un prix supérieur à la lâcheté, parce qu'il est plus facile de se soumettre et de collaborer que de se battre, n'est-ce pas :-)
a écrit le 03/04/2017 à 19:58 :
Le jour où la France est mourue ...

Elle me séduit par l'immédiateté de la proposition, par son indépendance financière, par la représentation de son président François Asselineau, sa spécialisation, son désintéressement, sa sagesse, la fédération sans distinction d'un peuple uni derrière le FREXIT IMMEDIAT. Tous en gardant l'esprit ouvert, c'est aussi la reconstruction de son Histoire, de la culture française dans lesquels les adhérents se retrouvent. Il faut rétablir notre constitution modifiée sans notre accord pour correspondre au TFUE. Il ne faut pas négliger les conséquences d'une élection des extrêmes. Je précise que j'étais abstentionniste et jamais encartée dans un parti politique.

https://www.youtube.com/watch?v=JnklnGk4yKM
a écrit le 03/04/2017 à 16:14 :
Si je dois choisir entre l'Allemand ou l'Anglais comme langue principale de l'union, je vote l 'Anglais. La grammaire est similaire à la notre et 30% environ de leur vocabulaire c'est du Français, ou plutôt un patois français. Alors à tout prendre...Je précise que j'ai étudié pendant 10 ans l'Allemand à l'école et que faute de ne jamais le pratiquer, il ne me reste pas grand chose, si ce n'est le souvenir que ce n'était pas simple...

De toute façon on ne me demandera pas mon avis, ça ne changera jamais rien à mon quotidien et je préfère simplement que nos instituions européennes fonctionnement le mieux possible pour le moindre coût. J'aime le français, mais ça me fait sourire tout c'est commentaire anglophobe et bien franchouillard.
a écrit le 03/04/2017 à 10:19 :
Garder l'Anglais comme langue de référence, c'est laisser aux anglo-saxons un pied dans l'UE. S'il y a une mesure immédiate à prendre, c'est d'officialiser le multi-linguisme européen qui définit la multi-culture des peuples européens face à la "sous- mono-culture pro-business" anglo-américaine. US et l'Anglais (la langue) GO HOME.
Réponse de le 04/04/2017 à 9:24 :
Pourquoi s'exciter ainsi contre l'anglais ? Il y a tellement de petits et grands jobards bien de chez nous qui nous soulent tous les jours de leurs logorrhées franglaises que les supports médiatiques qu'ils soient d'information ou de publicité ont déjà déserté la langue de Molière depuis longtemps. Même la loi et les décrets de Jacques Toubon n'ont pas réussi à endiguer cette vague pourtant interdite dans les supports publiques. D'ailleurs des apôtres bien nationaux de ce nouveau langage ont réussi en son temps à éliminer une bonne partie des dispositions coercitives contenues dans ces décrets. Il n'y a pas eu besoin de Bruxelles pour cela.
Alors, plutôt que de se faire servir une soupe bâtarde qui n'ose pas dire son nom, laissons donc le pur anglais s'exercer où il peut. C'est son utilité qui décidera de ses utilisations/implantations.
De mon côté je n'oublie pas que l'anglais contemporain a fini par devenir ce que des hordes de normands qui ont colonisé la Grande Bretagne ont concouru à labelliser.
a écrit le 03/04/2017 à 10:19 :
L’accès au marché sera déterminé simplement par la demande intérieure de cet UE de Bruxelles et non pas par l'offre de la G.B. qui lui est adaptable! Et ce n'est pas cette zone administrative qui interdira quoi que ce soit!
Réponse de le 03/04/2017 à 17:03 :
La zone administrative qu'est l'UE n'est effectivement pas une dictature et n'interdit rien. Elle met juste des barrières douanières et tarifaires, comme tous les grands ensembles économiques intégrés. Et quoi qu'en dise les idolatres du Brexit, UK sera bientôt derrière cette barrière.
Réponse de le 04/04/2017 à 10:20 :
@Brice: Oui comme la France après son "Frexit" et tout les États qui sont souverain.
Réponse de le 04/04/2017 à 16:05 :
@OuiMais
Quand il y a une barrière, il faut déterminer qui est du bon côté de la barrière.
La vache qui hurle dans son pré en meuglant "c'était mieux avant" ou le paysan qui s'associe avec ses collègues pour agrandir, consolider et moderniser sa ferme ?
a écrit le 03/04/2017 à 6:33 :
" .... s'ils (les européens ) arrivent a sortir par le haut ... " ?!?
Ce serait quand mème assez incroyable d'une nation , qui a passé son temps a tricher , arrive a imposer ses dictats a une union qui ,méme délabrée , represente une population presque 10 fois supérieure a la sienne !
a écrit le 02/04/2017 à 22:50 :
>L'Union continuera à travailler dans une langue, l'anglais, qui n'est celle que de 1% de ses habitants.

C'est une plaisanterie ! En effet, lorsque le retrait du Royaume-Uni de l'UE sera effectif en 2019, plus aucun pays n'utilisera l'anglais, qui perdra donc automatiquement son officialité. Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, a déjà décidé de ne plus jamais s'exprimer en anglais. Tout le monde va lui emboîter le pas. J'ajoute que les institutions européennes peuvent parfaitement fonctionner sans l'anglais. Le français redeviendra ainsi une langue de travail prisée, statut d'autant plus mérité que les trois capitales de l'Europe (Bruxelles, Luxembourg et Strasbourg) sont francophones. J'ajoute enfin qu'il serait profondément scandaleux et profondément injuste que l'Union travaillât dans une langue qui n'est celle que de 1% de ses habitants. Cela n'a aucun sens.
Réponse de le 02/04/2017 à 23:59 :
Quelle langue parlent les Irlandais ? Et sont-ils membres de l'union européenne ?

Je trouve l'anglais plus acceptable que la langue allemande ou française, afin de ne pas glisser vers une domination culturelle d'un pays plus peuplé que les autres, ce qui serait dommage à la totalité de l'union. Surtout étant donné qu'aucune langue n'est davantage comprise, étant donné la place de l'anglais à l'international. Pour qu'un letton, un italien, un espagnol et un slovène se comprennent, à moins de dire la même chose dans chaque langue, il n'y a que l'anglais.
Réponse de le 03/04/2017 à 1:08 :
Il faudrait s'inspirer de la Bulle d'or de 1356 dans la version promulguée par la diète de Metz et demander que les décideurs de l'union apprennent les 3 langues les plus parlées pour assurer l'égalité de tous ses membres, plus une lingua franca.
Réponse de le 03/04/2017 à 9:31 :
@Michel078: le français est une langue que même les bac +2 ne parlent, ni n'écrivent, correctement. D'autre part, qui apprend le français de nos jours ? Même les pays de l'Est préfèrent aujourd'hui l'anglais. La nostalgie est une chose, la réalité en est une autre :-)
Réponse de le 03/04/2017 à 9:35 :
Regardez quelle est la langue la plus parlée en Europe continentale et vous constaterez que c´est de loin l Allemand. Pas seilement par ceux dont c est la langue maternelle mais tous les limitrophes surtout à l Est ( Luxembourg et Belgique compris) dont la plupart des habitants parlent tres bien l allemand.
a écrit le 02/04/2017 à 22:01 :
La géopolitique demeurait exclue du débat, et avec elle, le FREXIT. Le peuple infantilisé, n'avait pas à s'en mêler. Fallait-il autoriser le port du voile, monter ou baisser telle ou telle taxe? François Asselineau faisait de courtes apparitions sur les grands médias publics, soit un clignement d’œil, par paquets de dix-mille, à des citoyens désabusés.

La démarche de ce personnage semblait singulière. Ce "souverainiste". Ils avaient inventé le terme. La souveraineté est pourtant définie par le titre premier de la Constitution, avec l'autorité de l'Etat républicain et la nature de son pouvoir. Tous les français étaient donc souverainistes. Les monarchistes, ceux qui voulaient plus d'Union européenne, tout le monde. Mais la France n'hésitait pas à laisser des journalistes, inlassablement, noyer littéralement l'intelligence des français avec ce terme idiot.

François Asselineau, qui se souciait de notre éducation, nous l'avait expliqué. Pourtant, une fois sur deux, quand il entrait sur un plateau de télévision, cette homme généreux, courageux et intègre était traité de "souverainiste", comme si vouloir la souveraineté du peuple Républicain était un cas particulier. Tans d'ignorance à un si haut niveau, une imbécilité perpétrée par un si grand nombre de journalistes, on ne pouvait que supposer un état de guerre sournois contre la République française. C'était un crime, seriné tranquillement, insidieusement contre la Constitution et la démocratie.

Asselineau refusait de commenter les affaires de justice et les faux débats. Il persistait à rester sur l'essentiel, l'article 5 de notre constitution, qui garantit l'indépendance de la France. Cette façon si particulière qu'il avait de prononcer le mot "indépendance", en insistant sur la première syllabe, comme Charles de Gaulle. Le Patron de l'UPR était un "gourou" qui avait l'audace d'inspirer la confiance de ceux qui l'écoutaient en dehors du cadre fixé par la télévision, cette machine à hypnotiser les masses, et c'est dans cette image qu'une fois de plus Guillaume Meurice, dans un "moment" de faiblesse, essaya de le confiner en vain. Inarrêtable, François Asselineau n'était pas un autre de ces traders du marché électoral. Son parti ne dépendait que du financement de ses adhérents. Il voulait une vraie politique d'indépendance et de protection sociale. C'était un homme redoutable par la connaissance de ses dossiers, éclairé, ouvert sur le monde, qui avait voyagé dans 85 pays, qui avait de l'expérience politique. Ceux qui le traitait comme s'il avait été en proie à un autisme obsessionnel avait pris le risque de sa victoire. A cette pensée, ils riaient. Même Franck Le Page, que j'admirais parce qu'il avait tenté de remettre à l'honneur l'éducation populaire, le considérait comme un phénomène marginal et balayait la possibilité de son élection d'un revers de la main. Beaucoup de français avaient leur président et semblait ne pas le voir.

Le rêve des patrons de la télévision continuait de se propager sur la surface médiatique saturée par la présence, ou plutôt l'étalement des candidats choisis par TF1. Le rêve des possesseurs de médias était pourtant le cauchemar des français. Et le réveil était inéluctable. "Allez voir le site de l'UPR, répétait Asselineau, le site le plus consulté des français". Un candidat bousculait l'ancienne médiation démocratique, basée sur le mimétisme, la pulsion et la vengeance, la manipulation de la prophétie auto-réalisatrice des sondages et finalement, le défouloir de l'urne. Avec une poignée de Grecs, en face des Armées de Xerxès, donnant l'exemple de sa dignité, il invitait l'audience à consulter ses dossiers composés sur internet. Un Président qui informait le peuple et n'avait pas l'air farfelu, c'était du jamais vu.

Dans ces dossiers, on trouvait ce document qu'Asselineau exhibait partout: la preuve de l'imposture Macron, Hollande, Fillon et les autres, la feuille de route imposée par Bruxelles à tous les faux-nez de l'UE (ou plutôt de l'U€) qui avaient le culot de se présenter au poste de Président de la République alors que le pouvoir du Président avait été ouvertement sabotée. "Vous pourriez mettre une chèvre à l’Élysée, elle aurait le pouvoir de bêler pour nommer les préfets", résumait Yves Rougeyron. Les Grandes orientations de politique économique de Bruxelles (GOPE) étaient des ordres auxquels Dupont-Aignan, Fillon, Macron et Hamon étaient pressés d'obéir. Ils osaient nommer "Europe" cette Usine à Gaz économique destinée à emplir les poches des riches. Le Pen et Mélenchon, eux, proposaient même pire, d'aller quémander le pouvoir d'être Président de la V° République. Dans leur Tour de Garde, flanquée à l'entrée du débat électoral, ils prenaient soin de confiner aux extrêmes le débat urgent, celui de FREXIT.

Car la hantise, la terreur secrète, c'était que le FREXIT ne devienne le sujet des élections présidentielles. La motivation des personnages de cette comédie, le drame secret de ce théâtre d'ombre, était d'empêcher tout débat à ce sujet. Et si les français, soudain, se souvenaient du référendum de 2005? S'ils se souvenaient brusquement qu'en 2005 ils étaient la majorité? S'ils se disaient que désormais la trahison du Traité de Lisbonne pouvait être corrigée? D'autant que l'Angleterre, avec son Brexit, n'avait pas trop l'air de souffrir. Elle ne coulait toujours pas dans l'Océan Atlantique. Elle n'était toujours pas ravagée par des nuées de sauterelles. Et si la porte cédait, si l'imposture de Mélenchon et Lepen éclatait et que le débat touchait le candidat Macron, ce mauvais acteur promu par les puissances d'argent pour jouer le rôle de la chèvre?
Réponse de le 03/04/2017 à 17:04 :
Et si les marsiens envahissaient la terre ?
a écrit le 02/04/2017 à 20:58 :
LE * CETA pas tres bon pour l élevage en FRANCE
a écrit le 02/04/2017 à 20:41 :
La bonne remarque s'est que avant que la GB soit dans notre union, nous fessons du commerce avec, et que lorsqu'ils avez un pieds dans notre union nous fession du commerce avec, donc demain nous ferons toujours du commerce avec çe pays proche voisin....mais chose est sur s'est que le marché commun s'est terminé, donc la circulation des produits devrais ce faire par l'intermédiaire d'une taxe d'importation.... Pas plus , mais pas moins qu'un pays hors de notre union.... Il n'est pas question la GB ( intermédiaire) encaissé les taxe d'importation dans notre union avec un accords trops avantageux... La GB à deja trops profiter des notre union europeen, cela ne leur convenait plus, tres bien qu'ils partent vite...
a écrit le 02/04/2017 à 19:40 :
Les anglais vont nous laisser l écosse et sortir l Angleterre .... du coup comme on imagine pas une vrai frontière entre l ange terre et l écosse il vont nous la faire à l envers et sortir tout en restant dedans ... ils sont bons.
Par ailleurs il faut s attendre à un rapprochement du commonwealth avec les usa
a écrit le 02/04/2017 à 18:48 :
"Le coup de canon britannique aurait alors rendu un grand service à l'Union.e

C'est pour dire dans quel cas désespéré l'UE se trouve, elle est tellement incompétente que nous sommes obligés d'attendre un espoir d'une réussite britannique de son brexit.

Mais bon vous ne pouvez pas vous empêcher quand même de retarder le "chaos" à 2019, une petite messe néolibérale au passage.
Réponse de le 02/04/2017 à 20:01 :
Quand l'article parle de faire réussir le Brexit, il ne s'agit en aucun cas de faire réussir le Brexit pour la Grande-Bretagne ...
Réponse de le 03/04/2017 à 8:36 :
Vous n'avez pas compris l'article mais c'est normal la pensée binaire n'aide pas en la compréhension d'un phénomène action-réaction.

L'article part du principe qu'une bonne sortie de l'angleterre permettrait à l'UE, en réaction de régler ses défauts récurrents.

L'UE est tellement incapable de se remettre en question que nous sommes obligés d'attendre que d'autres bouges pour peut-être nous faire bouger.

Mais tout ceci reste de la théorie puisque que l'UE bouge d'une façon ou d'une autre, sous cette chape de plomb allemande, on voit mal ce que ça pourrait donner donc cela reste un article d'anticipation très optimiste.

Si vous avez besoin que je vous explique d'autres articles n'hésitez surtout pas hein...
Réponse de le 03/04/2017 à 10:24 :
L'UE incompétente ?
Et bien déjà réussir à mettre sur une même ligne 27 pays dans une négociation, c'est la marque d'une compétence remarquable.
En face, nos cousins britanniques sont entrain de se déchirer, entre des provinces qui ne veulent pas du Brexit et veulent de l'Europe, et une classe politique britannique majoritairement pro-UE et obligée de gérer une sortie de l'UE...
Avez vous déjà mené une négociation complexe dans un cadre professionnel ? Avez vous déjà été confronté à une telle difficulté ?
Réponse de le 03/04/2017 à 13:49 :
ah le prêtre néolibéral de service, vous n'aviez pas à vous déranger pour si peu mon père vous savez.

"Et bien déjà réussir à mettre sur une même ligne 27 pays dans une négociation, c'est la marque d'une compétence remarquable."

IL est évident que si pour vous réunir autour d'une table des gens est un succès on comprend pourquoi vous partez de vraiment très loin.

"En face, nos cousins britanniques sont entrain de se déchirer, entre des provinces qui ne veulent pas du Brexit et veulent de l'Europe, et une classe politique britannique majoritairement pro-UE et obligée de gérer une sortie de l'UE..."

Et oui c'est vrai j'oubliais que les anglais devaient sombrer dans la plus profonde crise de leur histoire et au final ils ont une meilleure croissance que nous et même que les allemands. Vous radotez.

"Avez vous déjà mené une négociation complexe dans un cadre professionnel ? "

Oui et plus que vous même.

"Avez vous déjà été confronté à une telle difficulté ? "

ah vous vous répétez mais bon c'est votre boulot hein de rabâcher sans arrêt on le voit bien...

Au revoir mon père et amen.
Réponse de le 03/04/2017 à 14:09 :
Ne cherchez pas, selon @Citoyen blasé, le RU doit ne plus avoir la moindre contrainte mais continuer de bénéficier de tous les avantages, sinon ça serait une "injuste punition haineuse de la méchante UE".
Je lui avais d'ailleurs suggéré d'appeler son fournisseur d'accès à Internet pour annoncer qu'il arrêtait désormais de payer son abonnement, mais ne voulait pas de "punition haineuse" qui consistait à couper sa ligne.
Et au passage, il fustige l'UE "néolibérale" et applaudit des deux mains le fait que les Britanniques se retrouvent exclusivement dans les mains de la droite prédatrice locale. Il assimilait le Brexit à une "fantastique reprise de contrôle face à la Finance prédatrice", et on voit le résultat : la droite anglaise, de manière fort surprenante et imprévisible pour un parti de droite, commence déjà à baisser l'Impôt sur les Sociétés, voire à commencer à transformer le pays peu à peu en "paradis fiscal", tout en tranchant à la hache dans les aides sociales.
Réponse de le 03/04/2017 à 15:11 :
@alatar: droite/gauche sont des mots qui ne veulent rien dire dans le contexte du Brexit. La droite et la gauche en France, c’est ce que certains appellent l’UMPS. Pour les Anglo-saxons en général, il s'agit du combat de la liberté individuelle face au collectivisme que représentent le socialisme, le communiste et le fascisme. Le collectivisme, c'est la pensée unique et la servitude vis-à-vis du régime. Le bac pour tous de Jospin par exemple n'est pas un hasard, mais une stratégie visant à abêtir la populace et la rendre manipulable à merci pour imposer la dictature à plus ou moins long terme. La preuve est que les collectivistes les plus connus du siècle passé sont Hitler (national socialisme), Mussolini (fascisme) et Staline (communisme). N'oublions pas non plus Pierre Laval en France qui, ardent socialiste en début de carrière, a rejoint Adolf quand il a fallu choisir. Les Anglo-saxons sont traditionnellement attachés à leurs libertés et leur vote en est la confirmation 😊
Réponse de le 03/04/2017 à 16:33 :
"droite/gauche sont des mots qui ne veulent rien dire dans le contexte du Brexit."
Dans le contexte du Brexit non, mais dans le contexte post-brexit beaucoup plus.

"La droite et la gauche en France, c’est ce que certains appellent l’UMPS. "
La notion a été un peu galvaudée à une époque où on qualifie encore de "gauche" un Macron ou un Valls (au mieux "extrême-centre"), et où on traite d' "extrême-gauche" un Mélenchon (dont le programme ne contient aucun vrai marqueur traditionnel de l'extrême-gauche) et un Hamon (idem, aucun marqueur, et même une mesure-phare apartisane voire de droite : le Revenu Universel, dont quiconque a une once de culture historique et économique sait que ce n'est pas une lubie de bolcho).

"Pour les Anglo-saxons en général, il s'agit du combat de la liberté individuelle face au collectivisme que représentent le socialisme, le communiste et le fascisme. Le collectivisme, c'est la pensée unique et la servitude vis-à-vis du régime."
Et pourtant, les électorats de Gauche sont traditionnellement beaucoup moins "bêtes et disciplinés" que ceux de Droite. Ils se déchirent dans des batailles de chefs et d'idées, se battent, changent de parti, contestent les chefs désignés, désavouent parfois, s'abstiennent en masse. Alors qu'à Droite, autant pour les politiciens que pour les électeurs, on est dans du caporalisme : un chef, tout le monde lui obéït aveuglément quoiqu'il dise ou fasse, pas une tête qui dépasse, personne ne remet en question ses choix, et la France est la risée du monde (non, la Presse internationale n'est pas affiliée au "cabinet noir" et sait analyser sans se baser sur la Presse franchouillarde) parce que Fillon a encore 20% de l'électorat en ordre de bataille derrière lui alors que dans n'importe quel pays civilisé (ou à Gauche en France) il aurait sauté depuis des lustres.

" Le bac pour tous de Jospin par exemple n'est pas un hasard, mais une stratégie visant à abêtir la populace et la rendre manipulable à merci pour imposer la dictature à plus ou moins long terme."
Manque de pot pour vous, les catégories les moins éduquées votent au contraire à droite et à l'extrême-droite. Un des derniers électorats de Hamon (et son coeur d'électorat historique) est constitué essentiellement de 18-35 ans diplômés du supérieur, dont le secteur des nouvelles technologies. Et inutile d'expliquer que "l'école formate des gauchistes", c'est une constante partout sur la planète (par exemple Bernie Sanders qui a fait une razzia sur cet électorat de 18-35 ans éduqué), donc soit vous criez au complot socialiste international à travers l'éducation de nos chères têtes blondes, soit il y a autre chose.
Réponse de le 04/04/2017 à 10:19 :
Bon ben puisque 'on m'impose votre trollage il faut que je perde du temps avec ça...

"Ne cherchez pas, selon @Citoyen blasé, le RU doit ne plus avoir la moindre contrainte mais continuer de bénéficier de tous les avantages, sinon ça serait une "injuste punition haineuse de la méchante UE".
Je lui avais d'ailleurs suggéré d'appeler son fournisseur d'accès à Internet pour annoncer qu'il arrêtait désormais de payer son abonnement, mais ne voulait pas de "punition haineuse" qui consistait à couper sa ligne."

Le rapport entre internet et le brexit svp ? Parce que là c'est incompréhensible votre truc. Merci.

"Et au passage, il fustige l'UE "néolibérale" et applaudit des deux mains le fait que les Britanniques se retrouvent exclusivement dans les mains de la droite prédatrice locale. "

Que feriez vous sans moi dites donc ? VOus êtes inquiétant. ET oui je n'ai pas de pensée binaire c'est pour cela que je vois bien mieux que vous notez le.

" Il assimilait le Brexit à une "fantastique reprise de contrôle face à la Finance prédatrice", et on voit le résultat : la droite anglaise, de manière fort surprenante et imprévisible pour un parti de droite, commence déjà à baisser l'Impôt sur les Sociétés, voire à commencer à transformer le pays peu à peu en "paradis fiscal", tout en tranchant à la hache dans les aides sociales. "

Encore moi ! Incroable quand même moi qui ne vous li jamais vous êtes obsédé par contre par mes propos.

Si vous me lisiez au lieu de me troller vous sauriez que je suis pour une suppression totale des taxes et impôts sur les outils de production mais comme vous êtes trop pris à troller cela vous a échapper.

"@alatar: droite/gauche sont des mots qui ne veulent rien dire dans le contexte du Brexit. La droite et la gauche en France, c’est ce que certains appellent l’UMPS."

Ceux qui croient que le PS est de gauche à savoir le FN et les LR, ça fait peu de monde mais beaucoup de capitaux par contre c'est évident.

"Le bac pour tous de Jospin par exemple n'est pas un hasard, mais une stratégie visant à abêtir la populace et la rendre manipulable à merci pour imposer la dictature à plus ou moins long terme."

C'était stupide mais de vouloir que tout le monde soit instruit est relève quand même d'une bonne foi le reste c'est votre obsession.

"La preuve est que les collectivistes les plus connus du siècle passé sont Hitler (national socialisme), Mussolini (fascisme) et Staline (communisme)."

ah enfin on voit votre vrai visage vous affirmez donc que hitler était de gauche et pas d'extrême droite si ça c'est pas du trollage en bon et due forme...

" N'oublions pas non plus Pierre Laval en France qui, ardent socialiste en début de carrière, a rejoint Adolf quand il a fallu choisir."

Ah ben voilà c'est ça hitler était socialiste ! Vous trollez et on vous laisse faire, les voix de la modération sont quand même très étranges.

Bon j'arrête c'est épuisant et ridicule tout ceci...
Réponse de le 04/04/2017 à 21:52 :
@brice danus: ah bon, les 27 sont alignés, première nouvelle :-)
a écrit le 02/04/2017 à 18:41 :
il ressort de tout ça que la procédure de retrait du royaume uni de l'UE sera excessivement complexe et ce n'est pas un scoop. Par ailleurs il n'est pas certain que les anglais sortent globalement gagnant au terme de ce processus. C'est l'éternelle histoire du verre à moitié plein...les anglais qui ont voté le brexit au nom d'une certaine liberté, qui n'est que virtuelle, risquent de le payer au prix fort et les autres aussi...
a écrit le 02/04/2017 à 18:35 :
Article intéressant. Merci. Mais qui me conforte dans mon idée que les Britishs voudront, comme d'hab., le beurre, l'argent du beurre, et.. AVONS-NOUS BESOIN D'UN PAYS QUI N'A JAMAIS FAIT PARTI DE L'EU..?? (au pire : à la marge.). Le pire est que je ne les déteste pas : ils font TOUT POUR.

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