Lutte contre le blanchiment d'argent : feu vert pour la création d'une agence de contrôle à l'échelle européenne

Le Parlement européen et les États membres ont approuvé la création d'une agence de l'Union européenne contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme. Souhaitée de longue date, l’AMLA « changera la donne en matière de lutte contre l'argent sale », assure une eurodéputée. La France a candidaté pour accueillir son futur siège, ainsi que huit autres villes d’Europe.
Le quartier d'affaires La Défense est candidat pour accueillir le siège de la future agence européenne contre le blanchiment.
Le quartier d'affaires La Défense est candidat pour accueillir le siège de la future agence européenne contre le blanchiment. (Crédits : Reuters)

Le projet d'agence européenne contre le blanchiment a passé une nouvelle étape. Sa création a été approuvée par le Parlement européen et les États membres ce mercredi 13 décembre. Cette nouvelle entité, désignée sous son acronyme anglophone AMLA (pour « Anti-money laundering authority »), sera notamment chargée de superviser et de coordonner les autorités nationales afin de mieux détecter et combattre les activités douteuses transfrontalières.

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Un rôle « crucial »

Dotée de pouvoirs de surveillance et de sanctions afin d'assurer le respect des règles financières européennes, elle supervisera directement une quarantaine d'établissements de crédits et institutions financières jugés les plus à risque, y compris des fournisseurs de services de crypto-actifs.

« L'AMLA changera la donne en matière de lutte contre l'argent sale dans l'UE », assure la co-rapporteuse espagnole du texte, Eva Maria Poptcheva (Renew, libéraux).

Mieux réprimer les transactions illicites doit ainsi contribuer à rendre plus difficile le financement d'attentats en Europe. La nouvelle agence européenne « jouera également un rôle crucial pour éviter le contournement des sanctions financières, comme celles prises à l'encontre de la Russie », a souligné Eva Maria Poptcheva. Les activités financières suspectes pèsent environ 1% du produit intérieur brut de l'UE, soit quelque 130 milliards d'euros, selon l'agence européenne de police Europol.

Mettre fin aux scandales financiers

L'accord politique intervenu ce mercredi sur ce projet doit encore être formellement approuvé par les eurodéputés en séance plénière et par le Conseil de l'UE qui réunit les 27 États membres.

L'idée de créer cette nouvelle autorité n'est cependant pas nouvelle. Elle avait été proposée par la Commission européenne en juillet 2021, suite à plusieurs scandales qui ont révélé la vulnérabilité d'un système juridique morcelé entre les 27 pays membres de l'UE. Parmi ces scandales, celui lié à Danske Bank, au cœur d'une affaire de blanchiment d'environ 200 milliards d'euros entre 2007 et 2015, via sa filiale estonienne. De façon générale, les affaires ont souvent concerné des filiales de banques basées dans les États baltes de l'UE, utilisées par des Russes fortunés pour des transactions douteuses. La troisième plus grande banque de Lettonie, ABLV, avait par exemple été fermée en 2018 après avoir été accusée de blanchiment au profit de clients russes et de violation des sanctions contre la Corée du Nord.

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Paris ville candidate pour l'accueillir

Reste encore une inconnue : le siège de cette future agence. Le Parlement européen et le Conseil devront décider de la ville qui l'accueillera, elle et ses quelque 250 employés. Ils discutent actuellement des règles du processus de sélection.

Parmi les pays candidats, la France. Selon le gouvernement, Paris offrirait à l'AMLA « les conditions idéales pour son installation » et lui apporterait « un gage de stabilité et de pérennité ». Le pays héberge déjà le Groupe d'action financière (GAFI), l'Autorité européenne des marchés financiers (AEMF) et l'Autorité bancaire européenne (ABE), « organismes avec lesquels l'AMLA aura des interactions nombreuses et pourra développer des synergies fructueuses », a fait valoir l'exécutif. Qui n'a pas manqué d'énumérer les autres atouts de la capitale française : « les liaisons aériennes et ferroviaires de qualité », « la profondeur du bassin d'emplois international de la région parisienne, l'offre éducative exceptionnelle en langue étrangère et l'offre culturelle et de loisirs incomparable au sein de la capitale ».

Paris n'est toutefois pas la seule à convoiter l'accueil de cette agence. Huit autres villes ont déposé leur candidature auprès de la Commission européenne, à la date-limite du 10 novembre. À savoir Bruxelles, Francfort, Dublin, Madrid, Rome, Riga, Vilnius et Vienne. « Les co-législateurs ont l'intention d'organiser des auditions avec les candidats qui ont manifesté leur intérêt », a précisé le Parlement européen dans un communiqué ce mercredi. Affaire à suivre.

(Avec AFP)

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Commentaires 3
à écrit le 14/12/2023 à 13:47
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Riga et Vilnius me semblent de bonnes candidates. Vienne et Dublin aussi!

à écrit le 14/12/2023 à 7:22
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Le siège devrait être au Luxembourg, champion en la matière.

à écrit le 13/12/2023 à 18:34
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Ben oui ça déborde de partout en UERSS empire prévu pour durer mille ans.

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