L'Europe dit stop au blanchiment d'argent via les cryptomonnaies
Jeanne Dussueil
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... ntité des propriétaires des cryptos. Pour ceux qui refuseraient de s'y plier, l'UE pourrait avoir recours au "name and shame" des acteurs.
De reports, en tractations intenses dans les couloirs du Parlement européen, pour finalement aboutir à un premier dénouement. Après plusieurs mois de discussions, les trois institutions européennes qui interviennent sur le circuit de la loi (Commission, Parlement et Conseil de l'Europe) dans le cadre du trilogue, sont parvenues jeudi 29 et vendredi 30 juin à fixer un cadre plus strict pour la régulation des cryptoactifs. "Un objectif important de la présidence française de l'UE", se félicite-t-on au Ministère de l'Economie au lendemain de la signature de l''accord à Bruxelles.
Parmi les mesures phares, celle sur l'identification de tous types de propriétaires de cryptomonnaies, rendue obligatoire pour les plateformes hébergeant ces actifs en Europe, via la disposition TFR (Transfert of Funds Regulation). Autrement dit, même pour de petites sommes détenues, c'est la fin de l'anonymat dans l'univers de la blockchain. Jusqu'ici, seules les adresses cryptées des portefeuilles numériques pouvaient être connues, car enregistrées et rendues publiques sur la "chaîne de blocs", mais pas l'identité de l'investisseur. Désormais, en obligeant de déclarer une identité, les parlementaires compte faire reculer les fraudes, dont le blanchiment d'argent et "le financement du terrorisme", explique la Commission. Particularité du texte, les portefeuilles non hébergés en ligne (sur des clés USB ou autre) devront aussi se soumettre aux mêmes déclarations d'informations personnelles, à l'image du KYC des banques (Know Your Customer).
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Surtout, ce premier accord, bien que provisoire, acte un tournant dans la vision que les Vingt-Sept entendent donner à ces jetons qui promettent un monde sans intermédiaires. Parmi les parlementaires européens, des voix se sont élevées pour leur imposer la logique et le même cadre réglementaire que celui utilisé pour le monde bancaire et les actifs financiers traditionnels. "Quand vous retirez ou déposez de l'argent auprès d'une banque, tout est identifié et c'est bien normal. Il faut qu'il en soit de même pour les cryptos", expliquait à La Tribune la député européenne Aurore Lalucq.
Jeanne Dussueil