Matteo Renzi veut en finir avec le "capitalisme à l'italienne"

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Matteo Renzi a dénoncé l'opacité d'un système fondé sur le relationnel.
Matteo Renzi a dénoncé l'opacité d'un système fondé sur le relationnel. (Crédits : FRANCOIS LENOIR)
Pour le chef du gouvernement italien, l'économie italienne souffre de pratiques opaques fondées sur une forme de clientélisme. Il a demandé aux entreprises de s'ouvrir et d'être plus transparentes.

Après l'éloge du capitalisme à la française, une tribune dont s'est fendue Emmanuel Macron au Monde, voilà que Matteo Renzi s'est lancé dans une diatribe du capitalisme à l'italienne.

"Le moment est arrivé de mettre fin à un système basé davantage sur les relations que sur la transparence et sur les rapports avec le monde extérieur", a fustigé le président du Conseil italien devant un parterre d'hommes d'affaires réunis lundi à la Bourse de Milan.

"Ouverture et transparence"

Il a dénoncé les effets négatifs du "capitalisme de relations" à l'italienne, appelant les entrepreneurs du pays à privilégier "l'ouverture et la transparence".

"Le moment est arrivé de mettre fin à un système basé davantage sur les relations que sur la transparence et sur les rapports avec le monde extérieur", a lancé le chef du gouvernement devant un parterre d'homme d'affaires.

Selon lui, le modèle économique dominant en Italie dans les décennies d'après-guerre, qui reposait sur un tissu industriel composé de nombreuses PME familiales et basé sur des relations étroites entre grandes entreprises et banques, a eu des "effets vraiment négatifs" pour le pays.

Matteo Renzi veut que les entreprises se remettent aussi en cause

Les réformes urgentes dont a besoin l'Italie ne peuvent reposer sur la seule classe politique, a-t-il argué, appelant les milieux d'affaires à apporter leur contribution.

"Il est très commode mais profondément injuste d'accuser la politique de tout ce qui s'est produit ces vingt dernières années. Ce pays a un problème de classe dirigeante, pas seulement de politique. (...) Le système de relations comme élément clé d'un pays dans lequel journaux, entreprises, banques,  fondations bancaires, partis politiques pensaient pouvoir aller de l'avant en parlant entre eux, ce système-là est mort. Et s'il ne meurt pas, c'est l'Italie qui va mourir", a-t-il lancé.

"La Bourse aujourd'hui n'est pas seulement un endroit où l'on se rend pour trouver un peu d'argent frais pour investir, la Bourse, en particulier celle de Milan, représente un changement de mentalité", a-t-il estimé. Il a appelé les chefs d'entreprise "à avoir le courage d'ouvrir (leurs) entreprises", en cédant une part de leur capital, au lieu de chercher à le transmettre intégralement à leurs enfants.

Le système financier italien menacé par les créances douteuses

M. Renzi a par ailleurs évoqué le problème des créances douteuses qui plombent les comptes des banques italiennes, freinant le crédit et entravant la reprise de l'économie réelle, et que le gouvernement envisage de régler via la constitution d'une "bad bank".

"Nous sommes en train de négocier avec la Commission européenne sur quelques hypothèses d'intervention", a-t-il dit, sans plus de détails.

"Je crois que dans les prochaines semaines, les dossiers portant sur les créances douteuses et sur les éléments visant à replacer notre système bancaire dans les mêmes conditions que ceux des autres pays européens, trouveront une concrétisation, après des décennies de paroles en l'air", a-t-il assuré.

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 05/05/2015 à 11:01 :
IL EST BIEN CE PETIT ITALIEN? SI LES ITALIENS LE SUIVENT ILS PEUT FAIRE EVOLUE L ITALIE.CAR IL A DE BONNE IDEES???
a écrit le 04/05/2015 à 20:38 :
Certes. Nous ne pouvons qu'admirer l' "opération mains propres" qui a permis de réduire un peu l'emprise de la Mafia. Mais coté corruption, il est tout à fait illusoire de croire pouvoir lutter contre elle tant que l'argent existera. Je ne sais plus qui disait : "Tout "homme" a un prix.", mais le gars était bien inspiré... Sinon, si le pays qui a inventé les banques rêve d’honnêteté, je suppose que c'est pour nous faire rire. Et nous ne sommes pas mieux nul part, en plus.

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