Médicaments, couvertures, eau... L'UE fait ses stocks en cas de guerres ou de catastrophes

Parmi les stocks de biens essentiels à constituer figurent les médicaments (photo d'illustration).
Wikimedia Commons

Parmi les stocks de biens essentiels à constituer figurent les médicaments (photo d'illustration).
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Mieux vaut prévenir que guérir. Une vision justement partagée par la Commission européenne dans sa stratégie « Préparation 2030 », présentée ce mercredi. L'idée est d'anticiper des stocks de certains produits de base pour assurer le ravitaillement en cas de crise. Et ainsi de « garantir que les produits essentiels qui assurent le bon fonctionnement de nos sociétés soient toujours disponibles », a résumé la commissaire européenne chargée des situations de crise, Hadja Lahbib, lors d'une conférence de presse au Parlement européen, à Strasbourg. « C'est une première pour l'UE », a-t-elle souligné.
Cette stratégie s'applique aux « biens essentiels », indique Bruxelles dans un document détaillant cette stratégie de stockage. Ce qu'elle définit comme « tout objet physique nécessaire au maintien des fonctions sociétales vitales », ces dernières englobant « les systèmes et structures fondamentaux qui permettent à une société de fonctionner, tout en préservant nos sociétés, nos économies, nos cultures et nos institutions démocratiques en toutes circonstances ».
La Commission européenne n'a pas établi une liste exhaustive de ces biens essentiels, mais a donné de grandes catégories. À savoir :
Des fournitures d'urgence, soit des équipements et matériels essentiels pour répondre aux catastrophes (des tentes, des couvertures, des kits de purification d'eau),
Des contre-mesures médicales, c'est-à-dire des vaccins, médicaments et équipements pour les urgences sanitaires,
Des matières premières critiques, car ce sont des ressources vitales pour l'industrie et l'autonomie stratégique,
Des équipements énergétiques, tels des générateurs d'électricité et des équipements haute tension. En d'autres termes, des composants permettant de maintenir la sécurité énergétique,
Des stocks de nourriture et d'eau, pour éviter les pénuries.
Comme le rappelle Bruxelles, l'UE est « confrontée à un paysage sécuritaire de plus en plus complexe et instable ». D'un point de vue géopolitique notamment, avec le risque de conflits armés ou d'agression potentielle contre un État membre — l'Otan a récemment averti d'une attaque possible de la Russie contre un pays européen dans les trois ou cinq ans à venir. Mais pas que. « Si vous avez une frontière de 1 000 kilomètres avec la Russie, vous vous sentirez potentiellement menacé par une guerre. Mais il est normal qu'en Espagne, les gens aient l'impression que les incendies de forêt sont plus susceptibles de se produire. Il n'y a pas de solution unique », a rappelé Hadja Lahbib.
C'est pourquoi la stratégie de préparation de la Commission européenne englobe d'autres types de crise. Comme celles liées à des catastrophes naturelles (inondations, incendies de forêt, tremblements de terre et phénomènes météorologiques extrêmes aggravés par le changement climatique), d'origine humaine (accidents industriels, défaillances technologiques) ou des urgences sanitaires (pandémie). Dans la liste figure aussi les menaces hybrides telles que des cyberattaques, des campagnes de désinformation ou des sabotages d'infrastructures critiques.
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« Cette stratégie adopte une approche intersectorielle et transfrontalière, axée sur les domaines où l'action de l'UE apporte la plus grande valeur ajoutée », précise la Commission européenne. Dit autrement, l'institution n'attend pas à ce que chaque État membre des Vingt-Sept se fasse un stock pour toutes les catégories listées. « Nous n'avons pas besoin, par exemple, d'une flotte d'avions Canadair dans chaque État membre », a illustré Hadja Lahbib. Mieux vaut un système permettant le déploiement « rapide, où et quand cela est nécessaire ».
« Une approche coordonnée à l'échelle de l'UE peut garantir la disponibilité continue des biens dans tous les États membres en situation de crise, éviter la concurrence entre eux et réduire les coûts pour eux, leurs entreprises et leurs citoyens », appuie Bruxelles dans son document. Et d'ajouter : « Les crises et les menaces ne connaissent pas de frontières, ce qui rend une préparation adéquate au niveau de l'UE d'autant plus pertinente ».
Il n'est, en outre, pas question de stocker de grandes quantités de chaque bien essentiel, sans toutefois donner plus de détails quant à la taille des stocks.
La stratégie prévoit la création d'un réseau européen de stockage comprenant une logistique adaptée et des entrepôts stratégiques. Là non plus sans davantage d'information pour le moment concernant les emplacements de ces hangars.
Ces réserves centralisées seront constituées avec les contributions des États membres, soutenues par des partenariats public-privé « afin de garantir l'efficacité, l'évolutivité et le rapport coût-efficacité », souligne Bruxelles.
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Ce stockage au niveau de l'UE a toutefois vocation à n'être utilisé que s'il s'agit de « la solution la plus efficace pour garantir l'approvisionnement en biens essentiels en cas de crise ». Chaque État membre est donc toujours tenu d'assurer en parallèle sa propre préparation matérielle.