Moscovici : pas d'amende pour l'Espagne, pour "éviter un sentiment d'humiliation"

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Imposer des amendes aurait généré un sentiment anti-européen et une perception d'humiliation dans un pays comme l'Espagne, qui a fait énormément de sacrifices ces derniers temps, affirme le Français Pierre Moscovici.
"Imposer des amendes aurait généré un sentiment anti-européen et une perception d'humiliation dans un pays comme l'Espagne, qui a fait énormément de sacrifices ces derniers temps", affirme le Français Pierre Moscovici. (Crédits : © Eric Vidal / Reuters)
La Commission européenne a renoncé à infliger une amende pour déficit excessif à l'Espagne. Le commissaire aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, explique pourquoi dans un entretien à El Pais.

La Commission européenne a renoncé à infliger une amende pour déficit excessif à l'Espagne et au Portugal pour éviter "un sentiment d'humiliation", affirme dimanche dans le quotidien espagnol El Pais le commissaire aux Affaires économiques, Pierre Moscovici. "Imposer des amendes aurait généré un sentiment anti-européen et une perception d'humiliation dans un pays comme l'Espagne, qui a fait énormément de sacrifices ces derniers temps", affirme le Français Pierre Moscovici, après que la Commission a renoncé à sanctionner l'Espagne et le Portugal pour dérapage budgétaire.

En 2015, le déficit public espagnol avait atteint 5,1% du PIB, un chiffre bien au-dessus du plafond de 3% fixé par le pacte de stabilité et des objectifs de la Commission, de 4,2%. "Les Espagnols ont fait des efforts considérables", souligne Pierre Moscovici, après des années de crise économique et d'austérité budgétaire, ajoutant que "l'approche corrective n'est pas la plus adéquate, alors que nous voyons comment les citoyens doutent de l'UE".

En février, il avait exhorté les Espagnols à "respecter les recommandations" et à "être très rigoureux". Les promesses faites par le ministre espagnol de l'Economie, Luis de Guindos, "devront être respectées", avertit le commissaire européen, agitant la menace du gel de fonds structurels européens. M. Moscovici demande dès cette année des "mesures fiscales structurelles qui apportent cinq milliards d'euros" au budget espagnol, pour atteindre l'objectif de déficit exigé par la Commission de 4,6% du PIB en 2016 et 3,1% en 2017, ce qui supposerait de nouvelles mesures d'économies.

Luis de Guindos a annoncé en juillet une hausse de l'impôt sur les sociétés, qui devrait selon Madrid rapporter environ sept milliards d'euros. Le gouvernement sortant du conservateur Mariano Rajoy, qui expédie les affaires courantes depuis les législatives de décembre 2015 après lesquelles son parti, sans majorité absolue, n'est pas parvenu à trouver d'alliés pour gouverner, ne peut pas approuver de nouveau budget.

L'Espagne connaît une croissance économique parmi les plus fortes de la zone euro, de 3,2% en 2015, et selon ses prévisions, de 2,9% en 2016, mais son taux de chômage reste très élevé, à 20%. (AFP)

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Commentaires
a écrit le 03/08/2016 à 9:29 :
ah ah ah ...il ne manque pas d'humour notre ami ...!
ne serait il pas entrain de faire du previsionnel pour la situation française ?
ne va t il pas nous sortir l'an prochain : " nous l'avons bien fait pour l'Espagne " ...?
a écrit le 02/08/2016 à 14:42 :
l'UE voulait surtout éviter l'humiliation envers la France l'année prochaine quand le gouvernement annoncera qu'il ne pourra pas etre en dessous des 3% de deficit.
et demandera un nouveau délai pourtant à 9 ans de délai pour essayer de revenir dans les clous....

l'UE aurait pris le risque de tourner tout les pays contre les technocrates de bruxelles.

donc on est complaisant avec tout le monde. ce qui ne veut plus rien dire
a écrit le 01/08/2016 à 18:58 :
Quel foutoire cette Europe, même pas foutue de faire respecter ses propres règles. Bref! de plus en plus, ce sera direction vau-l'eau!
a écrit le 01/08/2016 à 13:33 :
Respecter l'equilibre budgetaire n'est rien d'autre que respecter les citoyens et surtout ceux qui viennent et qui devront payer la dette de cigales d'aujourd'hui, donc cette regle est vertueuse mais contraignante, raison pour laquelle les populistes et les bas-du-front la rejettent.
Maintenant la faire respecter en Espagne aurait permis de redresser le budget mais peut aussi briser la croissance donc un etalement peut se comprendre ... sauf qu'il n'y a plus de progression et c'est la qu'est le probleme.
Et la France dans tout ca ? Problematique proche, sauf que la crise est moins aigue .... et que nous ne faisons aucune reforme d'ou creusement du deficit. Mais s'en fout c'est le jeunes qui paieront pour le confort des vieux.
Réponse de le 01/08/2016 à 20:40 :
Respecter "l'équilibre budgétaire" n'est absolument pas respecter ses citoyens, mais respecter les désidératas d'une finance apatride qui se gave grâce à l'austérité.

Dépenser des milliards pour la santé de ses citoyens est bien plus respectable que de les laisser crever dans le caniveau sous prétexte "d'équilibre budgétaire".
a écrit le 01/08/2016 à 12:34 :
Personne ne croit encore que Bruxelles sert encore le bien des européens, y compris les plus européens: le laxisme à tous les étages du millefeuille..
a écrit le 01/08/2016 à 12:16 :
Pas d’amende pour l’Espagne sinon il serait obligé d'en demander une à la France.
a écrit le 01/08/2016 à 9:58 :
Le vrai sujet est de poser les règles à respecter permettant à la BCE de gérer l'euro avec un objectif de stabilité des prix et des taux. Au delà de ces règles chaque pays doit pouvoir faire ce qu'il veut. Je ne suis pas certain que le déficit espagnol gène en quoi que ce soit la BCE dans sa mission.
a écrit le 01/08/2016 à 9:12 :
A un moment faut arrêter d'être con surtout hein...
a écrit le 01/08/2016 à 8:56 :
Le système de l'euro-zone est en faillite. La question n'est pas de savoir s'il va s’effondrer mais quand il va s'effondrer.
a écrit le 01/08/2016 à 8:40 :
A part, faire la police pour imposer une convergence a leur sauce, en suivant le dogme en cours, je ne vois pas l'utilité de cette commission! De plus, leur membre ne se sentent pas responsable et, le comble, déresponsabilise les États vis a vis de leur population!
a écrit le 01/08/2016 à 5:04 :
L'europe : une "democratie ploutocrate" a geometrie variable.
De la daube, rien d'autre.
a écrit le 31/07/2016 à 20:14 :
intéressant pour la France d'avoir une ses cancres socialistes pour juger de l'état des finances publiques de certains pays.
la France, 2ème puissance économique de la zone Euro, s'est assise avec mépris sur les critères de respect des contraintes budgétaires depuis 2008.
comment donner maintenant des leçons à d'autres pays plus petits ou en difficulté ?
la France fera également l'objet d'une analyse lamentable de la Commission...
Réponse de le 01/08/2016 à 11:24 :
Et que pensez-vous des génies qui en 2011 ont laissé un déficit public de 5.2 % du PIB alors que l'Allemagne avait seulement 1 %.

Plus, une FRANCE qui depuis 2010 avait des coûts salariaux dépassant ceux de l'ALLEMAGNE ?

Plus une FRANCE, qui en 2002 fabriquait 3.7 millions de véhicules, et l'Allemagne 5 millions, et qui en 2011 n'en fabriquait plus que 1.7 millions et l'Allemagne 5.4 millions ?

Des génies je vous dis.
a écrit le 31/07/2016 à 17:20 :
Le vrai scandale est de voir ce Moscovici plaider l inverse de ce qu'il a fait en
France
Il faut une règle d or européenne. Sur les deficits sinon les politicards dépenseront toujours plus que les rentrés fiscales
Le FN est le premier parti européen et ce n'est pas avec ce genre de personne que cela va changer
a écrit le 31/07/2016 à 16:36 :
Un Pays et un seul mérite, de lourdes amendes, pour le forcer aux réformes, que LUI SEUL DANS LE MONDE REFUSE : la france
a écrit le 31/07/2016 à 15:15 :
Aucune analyse des raisons du dérapage, par contre la Commission qualifie indirectement d'humiliation, si on attend le respect de ce qui a été convenu. Le politique prime l'état de droit, on peut se croire au bout du monde civilisé.
a écrit le 31/07/2016 à 15:15 :
Aucune analyse des raisons du dérapage, par contre la Commission qualifie indirectement d'humiliation, si on attend le respect de ce qui a été convenu. Le politique prime l'état de droit, on peut se croire au bout du monde civilisé.

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