En présentant hier le cadre financier pluriannuel de l’Union européenne, la Commission a affirmé qu’au moins 300 milliards d’euros seront consacrés aux revenus des agriculteurs. Ces derniers dénoncent donc une baisse par rapport aux 387 milliards de la politique agricole commune (PAC) annuelle.Pour rassurer les agriculteurs inquiets des conséquences de la réforme de la politique agricole commune (PAC) proposée hier par Bruxelles, la Commission européenne promet qu'au moins 300 milliards d'euros seront réservés au soutien de leurs revenus entre 2028 et 2034. Ce qu'a annoncé hier sa présidente, Ursula von der Leyen, en présentant le nouveau cadre financier pluriannuel (CFP) de l'UE.
« 293,7 milliards seraient ainsi consacrés à différents paiements, tirés des deux piliers de la PAC actuelle (soutiens à l'hectare, aides couplées, soutien aux petits agriculteurs, contraintes territoriales, actions environnementales et climatiques...). À cette somme s'ajoutent 6,3 milliards consacrés à la réserve agricole, renommée "filet de sécurité", dont l'allocation est doublée », précise le média « Contexte ».
Il s'agissait du principal élément en suspens depuis la fuite, le 14 juillet, d'un document dessinant la réforme de l'ensemble de l'architecture de la PAC voulue par la Commission. Mais loin de tranquilliser le milieu agricole, le montant annoncé a plutôt renforcé les critiques contre le projet bruxellois.
Un accès à de nouveaux fonds
La Commission a certes mis en garde contre toute comparaison avec les montants de la PAC en cours : 387 milliards d'euros sur sept ans, entre 2021 et 2027, dont quelque 290 milliards d'euros pour les aides directes et 96 milliards pour le fonds régional. D'une part, les 300 milliards désormais garantis par Bruxelles recouvrent en effet un « concept assez vaste », allant au-delà des « paiements directs » actuels, a souligné la directrice générale de l'Agriculture et du Développement rural, Elisabeth Werner.
D'autre part, puisque la PAC sera désormais intégrée à un nouveau grand fonds de « partenariat national et régional », où seront aussi réunis les budgets d'autres politiques sectorielles, les agriculteurs « pourront potentiellement accéder à d'autres fonds, davantage qu'avant », a précisé Ursula von der Leyen. Le budget européen global, de près de 2 000 milliards d'euros, est en effet en forte hausse.