Paris et Berlin proches d'un accord sur la réforme de la zone euro

 |   |  549  mots
Emmanuel Macron et Angela Merkel.
Emmanuel Macron et Angela Merkel. (Crédits : Reuters)
Un accord pourrait être signé mardi lors de la tenue du conseil franco-allemand. Il pourrait notamment entériner la création d'un budget d'investissement de la zone euro, limité à quelques dizaines de milliards d'euros, financé par une taxe sur la transactions financières. Mais on est loin des ambitions de réforme du président français.

Après des mois de divisions sur le sujet, Paris et Berlin sont désormais très proches d'un accord sur la réforme de la zone euro, a annoncé samedi soir le ministre français des Finances, Bruno Le Maire. "Un accord est désormais à portée de main", a-t-il indiqué sur son compte twitter, à l'issue d'une dernière réunion de négociation sur le sujet avec son homologue allemand Olaf Scholz à Hambourg en Allemagne.

Le ministre a ajouté avoir bon espoir qu'un accord puisse être finalisé au plus haut niveau à l'occasion d'un conseil franco-allemand prévu mardi près de Berlin, qui sera présidé par la chancelière allemande Angela Merkel et le chef de l'Etat français Emmanuel Macron.

"Il reste deux ou trois points  importants" à régler "mais ils sont bien cernés et limités. Maintenant aux chefs d'états de voir si le dernier pas peut être franchi lors du séminaire ministériel mardi", a indiqué à l'AFP une source européenne proche des négociations.

La crainte de devoir payer pour les autres pays

Emmanuel Macron avait initié l'an dernier le débat sur une refonte de la zone euro. Mais pendant des mois l'Allemagne a traîné des pieds sur le sujet, de crainte de devoir payer pour les autres pays.

Le ministre français de l'Economie et des Finances n'a pas donné de détails sur les points de convergence. Mais au vu des plus récentes prises de position des deux gouvernements, un accord se dessine sur la création d'un budget d'investissement de la zone euro. "De vrais progrès ont été faits sur les points sensibles qui restaient à trancher, en particulier sur le budget de la zone euro", a confirmé la source européenne à l'AFP.

Une taxe sur les transactions financières

L'Allemagne entend toutefois le limiter à seulement quelques dizaines de milliards d'euros, là où Emmanuel Macron souhaitait au départ plusieurs centaines de milliards d'euros. Ce budget d'investissement pourrait être financé par une taxe sur les transactions financières, une proposition française d'utiliser une taxe sur les géants du numérique ayant été rejetée par Berlin, selon les médias allemands.

Le Fonds de secours de la zone euro pour les pays très endettés, le Mécanisme européen de stabilité (MES) devrait voir ses compétences élargies. Il pourrait notamment accorder des prêts aux pays confrontés à des crises d'origine exogène (par exemple, l'Irlande en cas de problèmes suite au Brexit). Il ne devrait pas prendre néanmoins le nom de Fonds monétaire européen, contrairement à ce que souhaitait l'Allemagne, la France ayant refusé pour ne pas faire d'ombre au FMI, selon la presse allemande.

Pas de ministre des Finances européen

A l'inverse, Berlin a refusé l'idée d'une ministre des Finances ou d'un Parlement de la zone euro. De même, les deux pays divergent encore sur l'achèvement de l'union bancaire, pour mieux protéger la zone euro de crises financières. La France aurait aimé sans tarder créer une garantie de dépôt commune pour les tous les clients des banques de la zone euro. Mais Berlin exige que les banques, au niveau national, assainissent d'abord leurs comptes.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 20/06/2018 à 10:32 :
Paris et Berlin proches d'un accord qui les avantage aux dépens des autres, surtout de l'Italie, comme d'habitude.
On s'étonne ensuite que l'UE ne fonctionne pas.
a écrit le 18/06/2018 à 15:02 :
"La crainte de devoir payer pour les autres pays"

Il est impossible que ce peuple qui est si bien décrit et admiré d'ailleurs par Nietzsche ne soit plus qu'actuellement défini que sous la forme de peurs. Peur de la dette, peur des américains, peur des russes, peur de payer, peur du bruit, peur des gens...

Les allemands sont ils tous devenus des trouillards ?

Certainement pas, seulement comme d'habitude une minorité mais qui possède tout.

"Plus on possède et plus on est possédé."
Réponse de le 19/06/2018 à 1:21 :
Le son de cloche présenté par LT est faux. Mme. Merkel a passé son temps à former un gouvernement avec difficulté et n‘a à peine entamé la discussion de la réforme de l‘UE avec le public. L‘utilité de certaines mesures proposées par M. Macron est mise en question par le public allemand, tout comme aussi par M. Rutte ces jours-ci. Les vrais réformes demanderont d‘autres mesures que de distribuer plus d‘argent.
Réponse de le 19/06/2018 à 8:50 :
@ multipseudos

"Le son de cloche présenté par LT"

LT = la tribune je suppose ? De quelle son de cloche parlez vous donc ? Puisque c'est une information mais bien entendu pour les prêtres néolibéraux la vérité est "un son de cloche" comparé à leur dogme.


Vous pouvez arrêter de me coller svp ? Je n'ai pas besoin que vous mettiez mon commentaire en valeur d'une façon ou d'une autre, faut arrêter de prendre les gens pour des gonds avec internet ils commencent à prendre l'habitude d'aller chercher ce qu'ils veulent où ils veulent sans que des neuneux aient à leur montrer où regarder.

Merci et adieu svp.
a écrit le 18/06/2018 à 15:00 :
Le president des riches lèges bottes de Merkel Jupiter
Réponse de le 18/06/2018 à 15:15 :
votre commentaire est affligeant de mesquinerie partisane , et d'un total manque d'informations sur le fond. Déduction : vu la profondeur de votre raisonnement, vous votez probablement LePen ou Melenchon, à moins que ce soit l'inverse .. je vous plains.
Réponse de le 18/06/2018 à 21:42 :
Voilà ce que j'appelle un commentaire slogan, il suffit de lire le mot "Macron" dans un article et hop, on balance le slogan, c'est facile, pas besoin de s'embêter à argumenter.
a écrit le 18/06/2018 à 13:09 :
L’objectif de ce socle commun financier est de pallier les futurs «  vagues » économiques ?

plutôt une bonne idée mais je ne comprends pas pourquoi Berlin refuse de taxer les «  Grands du numérique » car ces derniers dont quand même à l’origine des grands écarts économiques en Europe.
a écrit le 18/06/2018 à 9:22 :
L'Euro doit être fort à l'internationale pour les échanges et flexible en interne pour tenir compte de chaque économie. Les états doivent prendre leurs responsabilité devant leurs peuples.
a écrit le 18/06/2018 à 7:52 :
depuis Giscard on nous vente l'effet de l'investissement mais a chaque fois le seul resultat est une augmentation de la dette sans resulat il raisonne en BANQUIER pas en homme d'etat
a écrit le 18/06/2018 à 7:40 :
Macron est foutu ! sa politique economique personne n en veut et de fait le probleme il est pour nous simple citoyen ?
Pour sauver la face jusqu ou osera t il vendre nos usines aux etrangers .
a écrit le 17/06/2018 à 19:10 :
ça ne changera pas du jour au lendemain. Et si c'était nous qui avions de l'argent, on ne voudrait pas non plus payer pour les autres.

Mais c'est un pas , et ça augmentera progressivement.

en tout cas, je pense que derrière un montant de départ modeste, la porte n'est pas grande ouverte, mais elle est déverrouillée pour un budget d'investissement commun.

Par contre il y a 2 questions que je me pose :
1- comment se fera le choix des investissements ? chaque pays voudra que ce soit chez lui.
2- comment ça se positionne par rapport aux fond d'investissement structurel et autres subvention européennes qui existent déjà ?

A un moment, s'il y a un budget d'investissement au niveau européen, il faudra que ça passe par là, et y intégrer les multiples aides européennes pour avoir quelque chose de cohérent.
a écrit le 17/06/2018 à 19:01 :
quand on travaille ses equations macroeconomiques, notamment sur la vitesse de circulation de la monnaie, on apprend ce qu'est une transaction financiere entre deux agents.........
ca serait marrant qu'ils collent une taxe sur les paiements, qui sont des transactions financieres par excellence! et ca rpporterait autant qu'une tva ( mais sans la nommer), avec les memes effets..........
argh, ils vont nous sortir des arguments fallacieux pour expliquer qu'ils preferent une taxe ' payee par personne'.........
on attend les details avec impatience
a écrit le 17/06/2018 à 15:04 :
Quand ils s'accordent en haut, c'est au dépend d'en bas; nous devons nous préparer a en souffrir!
a écrit le 17/06/2018 à 12:18 :
Ce sera à strict minima contrairement aux attentes de Macron car l’ Allemagne, prise au piège de la divergence des soldes Target 2, refuse toute idée de mutualisation des dettes : elle ne veut pas devoir payer pour les pays du Sud.
Les événements ne cessent, encore une fois, de valider a posteriori toutes les analyses faites depuis 11 ans par François Asselineau, Vincent Brousseau et l’UPR ..
https://www.upr.fr/actualite/france/lallemagne-propose-une-voie-de-sortie-de-leuro-pour-se-proteger-elle-meme-un-article-de-leconomiste-italien-marcello-minenna-traduit-par-vincent-brousseau
a écrit le 17/06/2018 à 11:31 :
"Creer une cagnote de quelques dizaines de milliards...." ce ne sera pas assez.
Il faudrait un fonds de plusieurs centaines de milliards.
La, ce serait pertinent. Pour l'heure, on continue de trainer, a Paris comme a Berlin.
Micron fait vraiment freluquet aux cotes de la mutter Angela. Ce qu'il est en fait.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :