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ÉconomieUnion européenne

Pourquoi l'euro ne s'effondrera pas davantage par rapport au dollar

Photo de Coline Vazquez

Coline Vazquez

Publié le 06 septembre 2022 à 12:05 - Mis à jour le 21 septembre 2022 à 09:09

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Les banques de la zone euro face a des risques croissants jusqu'en 2023

L'euro signe sa plus mauvaise performance annuelle depuis son lancement avec une baisse de 13% depuis le début de 2022.

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Lundi, l'euro a reculé de 0,25% à 0,9929 dollar vers 15h30 après avoir chuté jusqu'à 0,978 dollar, son plus bas depuis décembre 2002. En juillet, il était descendu à 0,9998 dollar. En cause, la crise énergétique qui menace l'Europe et l'écart entre les relèvements des taux européens et américains. Deux facteurs qui vont continuer de peser sur l'euro. Faut-il alors s'inquiéter pour la devise européenne ? Explications.

La devise européenne est à nouveau passée en dessous du dollar, lundi. Elle a reculé de 0,25% à 0,9929 dollar vers 15h30 après avoir chuté jusqu'à 0,9878 dollar, son plus bas depuis décembre 2002, année de sa mise en circulation. Une parité qui n'avait pas bougé ce mardi après-midi. Pour rappel, en juillet dernier, l'euro avait déjà créé l'émoi en tombant à 0,9998 dollar. Depuis, les aller-retours en dessous du billet vert se multiplient avec, à chaque fois, un nouveau record si bien que la monnaie européenne signe actuellemennt sa plus mauvaise performance annuelle depuis son lancement avec une baisse de 13% depuis le début de 2022.

L'euro peut-il donc encore tomber plus bas ? S'il est toujours difficile de faire des projections, pour Christian de Boissieu, professeur à l'université Paris 1 et vice-président du Cercle des économistes, l'heure n'est pas encore à la panique, rappelant qu'en octobre 2000, la devise européenne avait atteint 0,8230 dollar, niveau jamais égalé pour l'instant. « Nous n'y sommes pas encore », tempère-t-il. Selon lui, l'euro pourrait encore voir sa valeur baisser « un peu », tant que la crise énergétique continuera de menacer l'Europe. « L'un des trois facteurs de la baisse de l'euro par rapport au dollar est la dépendance énergétique des Vingt-Sept quand les Etats-Unis parviennent à être indépendants à tel point qu'ils exportent de l'énergie. Ce qui rassure les marchés par ailleurs inquiets de la situation en Europe et fait monter la devise américaine quand celle européenne en pâtit », analyse-t-il. C'est d'ailleurs l'annonce vendredi de l'arrêt complet du gazoduc Nord Stream 1 par le russe Gazprom qui a provoqué cette nouvelle chute de l'euro.

Pas de risque d'effondrement

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Christian de Boissieu ne croit pas pour autant à un scénario comme en 2000 : « le rapport de force entre les Etats-Unis et la zone euro n'est pas le même. L'Europe, à l'époque, était plus fragile. Et malgré l'enjeu énergétique, elle a quand même des atouts ». Un point de vue partagé par Alexandre Laporte, directeur salle de marchés chez IbanFirst qui rejette toute idée d'un effondrement de l'euro voire même d'un retour à son plus bas en 2000. « Nous sommes partis de 1,20 dollar à la fin de 2020 pour atteindre environ 1 dollar actuellement. Pour perdre 0,20 centime il a fallu la guerre en Ukraine. Il faudrait donc un événement d'une même ampleur pour atteindre 0,80 dollar de nouveau », fait-il valoir. Selon lui, l'une des hypothèses la plus probable est celle d'un euro à 0,96 dollar à la fin de l'année 2022. « Cela aura un impact pour certains secteurs plus que d'autres mais les entreprises s'adapteront. C'est surtout cette période actuelle de volatilité qui est préjudiciable », analyse-t-il, témoignant de la forte inquiétude de certaines entreprises de voir l'euro chuter de nouveau.

Coline Vazquez

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