Pourquoi la BCE a tout intérêt à accélérer la hausse des taux
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Isabel Schnabel, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), au Symposium de Jackson Hole, aux Etats-Unis.
Reuters
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Isabel Schnabel, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), au Symposium de Jackson Hole, aux Etats-Unis.
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Les membres de la Banque centrale européenne (BCE) vont augmenter à nouveau les taux directeurs lors de leur réunion le 8 septembre. La seule inconnue est l'ampleur. 75 points de base plutôt que 50 semble faire consensus. Une option qui se justifie d'autant plus que le chiffre de l'inflation du mois d'août, 9,1% sur un an, accélère par rapport au 8,9% de juillet.
« Aujourd'hui, l'inflation élevée est devenue la principale préoccupation des citoyens de nombreux pays », constatait Isabel Schnabel, membre influent du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), lors du Symposium de Jackson Hole le 27 août, la messe annuelle des banquiers centraux, où elle représentait l'institution monétaire européenne. « Les banques centrales doivent réagir avec force. Elles doivent prendre au sérieux le risque que les gens commencent à douter de la stabilité à long terme de nos monnaies fiduciaires », a-t-elle mis en garde, dans un discours remarqué, intitulé « La politique monétaire et la Grande Volatilité ».
« Pour regagner et préserver la confiance, nous devons ramener rapidement l'inflation à son objectif. Plus longtemps l'inflation restera élevée, plus grand sera le risque que le public perde confiance dans notre détermination et notre capacité à préserver notre pouvoir d'achat », a-t-elle asséné.
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Ce retour prioritaire à l'objectif des 2%, taux cible de la BCE et de la Fed, n'est toutefois pas facile à atteindre. La pandémie et la guerre en Ukraine ont ouvert une période de forte volatilité où les chocs d'offre font monter les prix et réduisent la production. La « Grande Modération », cette période qui a démarré à la fin des années 1980 et qui se caractérisait par une faible volatilité des prix, une stabilité de la production et une expansion économique qui a permis d'améliorer considérablement les conditions de vie des habitants dans la plupart des pays durant des décennies, a disparu. « La volatilité de la croissance de la production dans la zone euro au cours des deux dernières années a été environ cinq fois plus élevée que durant la période de récession de 2009. La volatilité de l'inflation a dépassé les niveaux observés au cours des années 1970 », relève Isabel Schnabel.