Royaume-Uni : les robots menacent 860.000 emplois dans le secteur public

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L'automatisation de certaines tâches dans le secteur public pourrait permettre des économies de l'ordre de 15 milliards d'euros.
L'automatisation de certaines tâches dans le secteur public pourrait permettre des économies de l'ordre de 15 milliards d'euros. (Crédits : Reuters)
Des chercheurs de l'université d'Oxford et le cabinet Deloitte ont indiqué qu'une grande partie des tâches réalisées dans le secteur public pourrait être automatisée d'ici 2030. L'étude risque de susciter de vives inquiétudes chez certains fonctionnaires qui pourraient voir leur emploi menacé dans les années à venir.

Le débat sur la place de la robotique dans le marché du travail outre-Manche risque d'être relancé. Plus de 860.000 emplois dans le secteur public pourraient être détruits d'ici 2030 en raison de l'automatisation de certaines tâches selon une étude menée par le cabinet Deloitte et l'université d'Oxford.

Lire aussi : 30% des emplois touchés par la révolution numérique en France

Des postes relativement préservés

Malgré de fortes inquiétudes, de nombreux postes seraient relativement protégés. Le rapport cite le cas du secteur éducatif, du système national de santé (national health service), ou de l'industrie de la santé et tous les postes qui nécessitent une interaction avec le public. Les postes qui requièrent "un haut degré d'interaction personnelle, comprenant des emplois comme les enseignants, les travailleurs sociaux et les policiers" auraient 23% de chances d'être automatisés.

Dans les services de santé, le nombre de sages femmes est passé de 210.000 en 2001 à 274.000 en 2015. Mais selon les projections du cabinet, ce chiffre pourrait baisser à 266.000 d'ici 2030. De même que si le nombre de directeurs d'hôpitaux, de cliniques et de cabinets médicaux a augmenté entre 2001 et 2015 passant de 8.500 à 10.000, ils ne pourraient être que 2.000 à l'horizon 2030. Mike Turley, en charge de l'étude du secteur public à Deloitte explique que :

"Nous sommes déjà en train de voir des exemples de technologie qui jouent un rôle dans le secteur public. Des processus automatisés sont employés dans l'administration locale pour la saisie des données, des métros et des trains sans conducteur sont de plus en plus répandus, de nombreux capteurs sont utilisés dans les hôpitaux et les maisons médicales pour contrôler les patients et donner aux sages femmes et infirmiers plus de temps pour l'échange avec les malades."

Des secteurs fortement menacés

A l'inverse, il est possible que 77% des 1,3 million de postes qui nécessitent des tâches répétitives et prévisibles pourraient être automatisés sachant que 5,3 millions de personnes sont employés dans le secteur public au Royaume-Uni. L'administration locale pourrait être la plus touchée par ces destructions de postes. D'après les chiffres avancés par l'étude, le nombre d'emplois dans ce secteur est passé de 99.000 en 2001 à 87.000 en 2015 et pourrait tomber à 4.000 d'ici 2030.

Le rapport publié ce lundi 24 octobre indique que si le secteur public pourrait être fortement touché par l'automatisation du travail, le secteur privé n'est pas en reste comme le souligne un article du Guardian. Selon des travaux précédents, Deloitte expliquait que 74% des postes dans le transport et le stockage, 59% dans le commerce de gros et de détail et 56% dans l'industrie avaient de fortes chances d'être détruits. Par ailleurs, une étude de la banque d'Angleterre publiée en novembre 2015 expliquait que 15 millions d'emplois pourraient être menacés au Royaume-Uni.

Lire aussiLes robots menacent 15 millions d'emplois au Royaume-Uni

Contrairement aux plus pessimistes et aux détracteurs de la robotisation qui prévoyaient un chômage de masse, le cabinet déclarait dans le même temps que l'automatisation avait crée plus d'emplois qu'elle n'en n'avait détruit sur les 140 dernières années. Mike Turley note aussi que "notre recherche montre que beaucoup d'emplois ont été déplacés par l'automatisation vers des nouveaux postes nécessitant plus de compétences mais mieux payés."

Une source d'économies ?

L'automatisation de certaines tâches dans le secteur public pourrait être une source d'économies pour le gouvernement. Selon les estimations de Deloitte, le montant des économies pour les finances publiques pourrait s'élever à 15,2 milliards d'euros (17,2 milliards de livres). Au delà des potentielles sources d'économies, de nombreuses questions telle que l'acceptabilité sociale restent en suspens comme le souligne une note de France Stratégie publiée en juillet dernier intitulée "L'effet de l'automatisation sur l'emploi : ce qu'on sait et ce qu'on ignore."

Au vu des progrès technologiques dans le domaine du numérique, davantage d'emplois — y compris des emplois qualifiés — ont un contenu en partie réalisable par des machines. Il ne faut pas pour autant en conclure que le numérique va détruire massivement des emplois à moyen terme. D'une part, l'automatisation des emplois n'est pas qu'une question technologique, mais également une question d'acceptabilité sociale, de mode d'organisation du travail, de positionnement en gamme et de rentabilité économique. D'autre part, face au développement du numérique, le contenu des métiers se transforme.

Méthode : pour étudier l'automatisation des tâches dans le secteur public, le cabinet Deloitte et l'université d'Oxford ont décomposé les fonctions en trois segments.

- les fonctions administratives ou opérationnelles regroupent les activités les plus répétitives et les plus prévisibles.

- les fonctions interactives qui requièrent un haut degré d'interaction personnelle comme les enseignants, les travailleurs sociaux et les policiers.

- les fonctions cognitives qui requièrent une réflexion stratégique ou un raisonnement complexe comme les directeurs financiers ou les directeurs exécutifs.

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a écrit le 26/10/2016 à 14:02 :
cf. récent article du WSJ disant que la high-tech ne crée pas assez de jobs pour compenser :
http://www.wsj.com/articles/americas-dazzling-tech-boom-has-a-downside-not-enough-jobs-1476282355
a écrit le 26/10/2016 à 13:33 :
Demain les RH et DRH seront remplacés par l'I.A, les comptables et autres professions du genre également, patience patience, il y a même une I.A qui découvre des mollécules en chimie, certaines I.A commence a produire d'excellent résultat en ce qui concerne la recherche en mathématique (au usa).
a écrit le 26/10/2016 à 12:50 :
Cet article ainsi que les différents liens d'autres articles parlant du même sujet est une nouvelle démonstration que les causes du chomage sont bien différentes de ce qu'on nous dit en général. Quand les politiques nous diront la vérité sur le chomage plutot que de décrier la politique de leurs adversaires. Quand prendront ils conscience du problème et proposeront dans leur programme des solutions pour assurer à tous une vie décente.
Pour l'instant, on laisse les inégalités se creuser. Et les programmes politiques ressemblent à ceux du siècle dernier. Pourtant on ne vit plus dans le même monde.
Les politiques de droite comme de gauche sont aussi responsables les uns que les autres.
Bien sur, ce changement dans le monde du travail va générer des nouvelles professions. Mais il faudra être de plus en plus qualifié. Et tous n'auront pas l'opportunité ni les capacités pour acquérir cette qualification.
a écrit le 26/10/2016 à 8:06 :
Cela rappelle la révolte des canuts de la région lyonnaise. Il y a peut être une relation avec l'usage de l'énergie? Les robots se nourrissent d'énergie.
a écrit le 26/10/2016 à 0:15 :
15,2 milliards d'€ = 17,2 milliards de £ ? Donnez-moi l'adresse de votre agent de change, j'y vais de suite !
a écrit le 25/10/2016 à 19:52 :
l'industrie française est l'une des plus en retard pour la robotisation des tâches de production ; la cause est que la faiblessse des résultats financiers de nos entreprises n'a pas permis les investissements nécessaires ! ces résultats se sont grandement améliorés ces derniers temps ce qui va permettre de rattraper notre retard et de devenir plus compétitifs ! mais les patrons préféreront investir dans des robots que d'embaucher du personnel ! pour mémoire les robots travaillent 7 jours sur 7 sans l'accord de la CGT , ne sont pas syndiqués et ne tombent pas malades les lundis matin
a écrit le 25/10/2016 à 18:21 :
"beaucoup d'emplois ont été déplacés vers des nouveaux postes mieux payés" : au UK ?
Financial Times , 01/2015 : l'économie du UK est devenue une économie de jobs peu qualifiés. Étude anglaise CIPD de 2015 : près de 60% des diplômés de l'enseignement supérieur ont des jobs sous-qualifiés, contre 22% en France.
main d'œuvre peu chère/droit du travail laxiste : les Anglais ont peu investi.
a écrit le 25/10/2016 à 18:16 :
Enseignants, travailleurs sociaux et policiers protégés ? Pour l'enseignement, on peut très bien songer à des cours télévisés recyclables et traduits en différentes langues. Pour les travailleurs sociaux, on peut tout à fait imaginer des regroupements de cas sociaux et de privatisation massive. Quant aux policiers, avec une exploitation efficace des fichiers informatiques, je pense qu'on pourra prévoir et agir en amont. N'est-ce pas vers ces tendances que l'on s'oriente déjà ?
Réponse de le 25/10/2016 à 22:21 :
Si l'enseignement pouvait s'automatiser ça se serait fait depuis longtemps, avec les vidéos, le e-learning, les MOOCS,... Enseigner ce n'est pas rabacher ad nauseam un message, c'est être capable de le reformuler en fonction des capacités cognitives des apprenants. Il y a quelques décennies des universités saoudiennes avaient eu l'idée de filmer des cours dispensés dans de nombreuses disciplines par les sommités de la planète de ces disciplines, rémunérées pour cela à prix d'or. Ca n'a pas transformé l'Arabie Saoudite en fabrique de prix Nobel...
Réponse de le 26/10/2016 à 9:46 :
@Bruno_bd: sans doute un peu jeune, mais je me souviens que dans le temps, il y a avait des cours à la télé qui ont probablement disparu face au lobby des syndicats. Et il faut être très naïf pour croire qu'on se soucie du niveau des apprenants, tu dois avoir un bac +2 Jospin. Le niveau final et sociétal est déterminé par les moyens financiers de la famille, même si l'on a des exceptions qui viennent confirmer la règle. C'est peut-être pas bien, mais c'est comme ça, y compris en Arabie Saoudite. Pourquoi ? Parce qu'il est plus facile de manipuler des simplets pour rester au pouvoir. Mais sans doute n'est-il pas trop tard pour réexaminer la pertinence des propositions de Condorcet étouffées par la Révolution :-)

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