Les robots menacent 15 millions d'emplois au Royaume-Uni

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Ce mouvement est inexorable selon l'économiste en chef de la Banque d'Angleterre qui, s'adressant à des syndicalistes, a rappelé l'échec du mouvement des briseurs de machines (les luddistes) de l'époque de la Révolution industrielle.
Ce mouvement est inexorable selon l'économiste en chef de la Banque d'Angleterre qui, s'adressant à des syndicalistes, a rappelé l'échec du mouvement des "briseurs de machines" (les luddistes) de l'époque de la Révolution industrielle. (Crédits : DR)
L'éclosion d'une "troisième génération des machines" va encore creuser l'écart entre riches et pauvres, prédit la Banque d'Angleterre, qui a calculé que les tâches administratives et productives seraient les plus affectées

La mise en garde vient de la Banque d'Angleterre elle-même, excusez du peu, et elle annonce une apocalypse de l'emploi: 15 millions d'emplois risqueraient de disparaître outre-Manche avec l'avènement des machines intelligentes capables de faire le travail des humains.

Selon l'économiste en chef de la banque, Andy Haldane, cité par The Guardian, la moitié des salariés du Royaume-Uni subiraient la concurrence de ces automates, et l'éclosion d'une "troisième génération des machines" approfondirait l'écart entre riches et pauvres. Les résultats d'une étude menée par la Banque d'Angleterre montrent en effet que la production et les tâches administratives, et donc les bas et mi-salaires, seraient les plus affectés.

   | Lire aussi: Les robots détruiraient trois millions d'emplois d'ici à 2025 en France

Le peu d'emplois réservés aux humains de mieux en mieux rémunérés

En utilisant une méthodologie expérimentée aux Etats-Unis pour déterminer l'impact des machines intelligentes sur le marché du travail (qui au Royaume-Uni compte plus de 31 millions de travailleurs), la Banque d'Angleterre a identifié trois catégories d'emploi: ceux avec une grande (supérieure à 66%), moyenne (entre 33 et 66%) et basse (moins de 33%) probabilité d'être automatisés. Pour estimer le nombre total d'emplois à risque, elle a multiplié les probabilités d'automation par le nombre de personnes exerçant chaque emploi.

Heather Stewart, journaliste économique à The Observer, a publié le diagramme détaillé de l'impact de l'automation sur l'emploi selon les catégories:

Be very afraid: Andy Haldane @bankofengland reveals how likely you are to be replaced by a robot... pic.twitter.com/uHvutoe5wz

— Heather Stewart (@heatherstewart3) 12 Novembre 2015

Les rémunérations des rares emplois encore suffisamment qualifiés pour ne pas pouvoir être exercés par un robot pourraient alors exploser.

Un mouvement inexorable

La "troisième révolution industrielle" pourrait ainsi mener à une véritable déformation du modèle du marché du travail tel qu'on l'a connu pendant trois siècles, estime Andy Haldane.

Ce mouvement est inexorable selon l'économiste qui, s'adressant à un public de syndicalistes, a rappelé l'échec du mouvement des "briseurs de machines" (les luddistes) de l'époque de la Révolution industrielle.

L'impact est d'ailleurs encore plus marqué aujourd'hui, étant donné que "les machines du 20e siècle ont remplacé les humains non seulement pour les tâches manuelles, mais aussi pour celles intellectuelles".

Selon Haldane d'ailleurs, l'automation pourrait avoir d'ores et déjà un effet sur les salaires et serait l'une des explications des difficultés du gouvernement britannique à atteindre 2% d'inflation.

    | Lire aussi: Royaume-Uni: l'inflation reste proche de zéro

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Commentaires
a écrit le 16/11/2015 à 17:44 :
@ tous,
Rassurez-vous, le travail est inépuisable sur cette terre, car il n'est que la conséquence de la volonté de l'homme d'obtenir plus de satisfaction pendant sa vie.....et l'on voit combien les limites ne sont pas atteintes pour plus de 99% d'entre eux! Alors soyons sans crainte de ce côté, interrogeons nous pourquoi? La clef, nous pourrions régler ce probléme en travaillant tous plus pour moins cher et aider davantage ainsi les pays les plus désavantagé.....non en leur donnant de l'argent, mais des équipements leur permettant d'acquérir une certaine autonomie dans la production des besoins fondamentaux. Nous pourrions travailler 42h00 payées 35h00, et baisser nos prix de 16,67%. Pas si compliqué que cela et rapide à mettre en place.
a écrit le 16/11/2015 à 12:05 :
Pauvres de nous avec des pseudos intellectuels comme cela....
Certes des emplois vont être profondément modifiés voire disparaître comme ce fut le cas des conducteurs de diligences et beaucoup de métiers en liaison avec cette activité.......mais combien de métiers créés avec les produits de substitution que fut le transport par chemin de fer et puis le camion, la voiture......l'avion!
Le coche de diligence est remplacé par des conducteurs de trains, des chauffeurs de camions, des pilotes d'avion....plus tous les emplois en amont de construction et en aval dans la maintenance et la réparation.....sans parler du développement d'économies parallèles comme les loisirs, le tourisme......etc etc.
Même le bateau, combien de marins pour le transport des marchandises dans le monde en 1850, combien aujourd'hui.......
Ce qui change, ce sont les volumes. Qui aurait pût imaginer une augmentation de plusieurs millions de fois pour les tonnages comme pour les personnes.
Les discours de ces personnes revient à considérer que ceux qui vont garder leur emploi vont multiplier leur richesse et les autres suceront des cailloux....on voit que ce ne fut pas le cas, et avec le recul, s'ils ne sont pas en mesure de comprendre cela.....à moins qu'ils ne cherchent qu'à faire le buzz, voire pire.....à imposer une idéologie qui se substituerait au communisme......qui fut tellement plébiscité en son temps par des intellectuels.....et qui conduisit des peuples à la misère et à subir les plus sanguinaires des totalitarismes. Cette nouvelle idéologie : le revenu universel ......un droit .....sans contrainte de travail.....déjà certains, ceux qui l'espèrent certainement, abondent les réseaux sociaux de leur littérature........
a écrit le 14/11/2015 à 2:51 :
Et a-t-on pensé aux travailleuses du sexe qui vont aussi voir leur job potentiellement menacé par l'avènement des robots? Si ce n'est pas un scandale que cela...
a écrit le 14/11/2015 à 0:31 :
C'est sûr que la robotique (cette révolution d'une nature différente des autre : on donne de l'intelligence aux machines) va se développer !!
Les boulots touchés en premier seront les plus répétitifs : ouvrier à la chaîne, ouvriers du bâtiment, petits employés qui répètent sans cesse la même chose (à peu de choses près...). Puis les professions intellectuelles finiront par être "attaquées" d'ici 30 à 40 ans..
et tout le monde y passera même des boulots comme maire, député ou ministre si on le veut bien.
Le problème qui se pose dès maintenant est celui de la répartition des richesses.
Ce n'est pas normal que les chômeurs soient exclus en grande partie du monde de la consommation ! Ils ont droit à leur part du gâteau car ils n'ont pas démérité !!!
Ce n'est pas de leur faute s'ils ne travaillent pas !!
Je signale d'ailleurs qu'il me semble (c'est à vérifier) que notre constitution comporte un droit au travail pour tout français apte à travailler. Le gouvernement ,en maintenant des millions de chômeurs, est donc dans l'illégalité !!!!!!!!
a écrit le 13/11/2015 à 17:08 :
1 emploi sur 2 va disparaitre à cause des robots ? Ca fait peur...
Il faut donc favoriser les emplois que les robots ne pourront JAMAIS faire : la créativité, l'humour, l'art, l'invention, les médias, la science, les sports, docteur, professeur, architecte, ingénieur, avocat, sportif, etc etc etc tous ces métiers sont l'avenir. Il est temps de préparer l'avenir et de favoriser les emplois "0% robotisables", c'est à dire irremplaçables par un robot.
a écrit le 13/11/2015 à 16:09 :
Avec la moitié des actifs au chômage, quelle consommation? Pas vraiment besoin de trop de robot dans ce cas. On voit déjà aux US des applis pour trouver des gens payés à la tâche, et ils en trouve, donc pas très rentable d'investir dans un coûteux robot. De plus tout ces robots nécessiteront des matériaux de plus en plus rares dans leur fabrication on a du mal à croire qu'il n'y aura pas très vite pénurie entre les objets connectés, les voiture automatiques, l'informatique, les imprimantes 3D, batteries, la production d'energie (explosion des renouvelable et de ma demande électrique)
a écrit le 13/11/2015 à 15:54 :
Il est vrai que vu le coût du travail pour un employeur anglais, on a beaucoup plus de petites mains qu'en France, et donc des postes peu qualifiés facilement remplaçable. C'est en partie ce qui explique le taux de chômage anglais et aussi leur faible taux de productivité
a écrit le 13/11/2015 à 15:38 :
Avec 33 million d'actif et 1,75 million de chômeurs officiels on est à quasiment 31 millions avec emploi. On a quand même du mal à croire qu'une société avec quasiment la moitié de sa population sans emploi n'expliquerait pas.
a écrit le 13/11/2015 à 15:29 :
Cet article est pertinent mais il ne montre qu'un seul côté de l'affaire. En effet si les supermarchés ont détruit 5 emplois dans un rayon de 20 km pour une embauche, la IT, qui comprend la robotisation, va bien en détruire en brut 15 pour une embauche. Cependant cela concerne cette fois-ci le monde entier. Autrement dit la robotisation va placer toute forme de production à égalité avec une autre, la différence étant faite alors par la créativité sur le produit. Une fois ce constat édicté il convient tout de même de le moduler : certains pourront acheter les derniers robots tandis que d'autres utiliseront les anciens systèmes. Bref, le processus permettra une re-localisation dans certaines conditions. L'enjeu est donc d'aborder la question avec stratégie pour réussir cette transition favorable lorsqu'elle est possible et transformer pour le reste les pertes d'emploi importantes inévitables en créativité. Cette mise en place requiert l'acceptation d'un mécanisme "mayonnaise" en stoppant brutalement l'immigration. La richesse des pays se comporte en effet comme la recette culinaire : c'est uniquement lorsqu'un appareil solide est préalablement constitué que l'on peut "monter", c'est à dire multiplier les volumes. Il semble qu'actuellement nous prenions le chemin inverse dans l'idée presque panique de celles de vielles lunes dépassées. Un sursaut salutaire est donc nécessaire.
Réponse de le 13/11/2015 à 17:25 :
@ Corso ;
Je pense que c'est plus vers l' informatique que la révolution va se faire , avec des logiciels de plus en plus perfectionnés type ERP qui font fondre les effectifs dans les services compta , les Anglais étant très orientés dans la finance et l' assurance .
a écrit le 13/11/2015 à 15:01 :
A terme les robots remplaceront tous les humains que ce soit dans les taches manuelles ou intellectuelles .L' intelligence artificielle leur permettra de se concevoir, se fabriquer, se dépanner , se recycler .....les êtres humains n'auront plus leur place sur la planète et disparaîtrons de l'univers .....seules peut être les civilisations les moins dépendantes de la technologie arriveront à survivre .....si les robots ne les anéantissent pas !!!
Réponse de le 13/11/2015 à 17:12 :
Impossible. L'humain a une touche "magique", les sentiments, un cerveau incroyable, qu'aucune machine au monde ne saura remplacer, même en 100 000 ans de progrès. C'est comme ça, même les auteurs de science-fiction le savent, mais pas vous on dirait.
a écrit le 13/11/2015 à 13:56 :
Encore un titre alarmiste ridicule. Il faudra bien des emplois pour fabriquer, installer et faire la maintenance de ces robots. et je parle ps des concepteurs et revendeurs. On nous a servi la meme avec l'informatique et au final pas plus d'emploi detruit que cela.... bref
Réponse de le 13/11/2015 à 15:09 :
le probleme c est qu un robot detruit 10 emplois en en creant 1.
parce que vos robots ne vont pas tomber sans arret en panne et une fois installe vont fonctionner non stop pendant des annees.
apres reste a savoir ce qu on fait du gain genere. par ex les machines ont fait chuter le prix des habits et du coup on a plus et certaines personnes ont trouve d autres emploi car le niveau de vie a augmente. par contre si toute la richesse est captee par une minorite (comme c est le cas maintenant) on risque d avoir plein de gens qui n ont plus ni travail ni ressources d un cote et de l autre une ultra minorite de riches (un peu comme dans l ancien regime)
Réponse de le 13/11/2015 à 15:27 :
Sauf, qu'il se pourrait, à terme, que les robots soient fabriqués et réparés par... des robots. Ne restera que leur conception, et encore, qui sera réservé à quelques spécialistes, voilà que se profil à l'horizon l'obligation de payer des gens à ne rien faire pour qu'ils ne mettent pas le feu au lac.
Réponse de le 13/11/2015 à 15:50 :
@cd. Le prix des vêtements a chuté par l'utilisation d'esclaves humains modernes en Asie et dêjà en Afrique, pas vraiment grâce aux robots. C'est la même chose pour les smartphones et l'informatique. Je pense que le remplacement est encore loin. Regardez les caisses automatiques, une personne est nécessaire en permanence elle n'est à mon avis pas beaucoup plus efficace qu'une caissière
Réponse de le 13/11/2015 à 17:26 :
La seule digitalisation des documents et de leurs échanges à fait baisser le trafic courrier de la poste de 20% en quelques années avec répercussion sur l'emploi.
Maintenant essayer d'imaginer les répercussions sur l'emploi de ce que le télétravail va engendrer dans l'organisation du travail dans les années qui viennent mais aussi sur les transports , l'occupation des bureaux , la consommation d'énergie et les services annexes .....et là je n'évoque même pas les effets de l'intelligence artificielle .....
Certains en sont déjà à imaginer le dépannage des voitures à distance à partir de plateformes d'assistance comme pour votre ordi ! les 10 mécaniciens du garage remplacés par un technicien basé à Rabat !!!
a écrit le 13/11/2015 à 12:59 :
"Selon Haldane d'ailleurs, l'automation pourrait avoir d'ores et déjà un effet sur les salaires et serait l'une des explications des difficultés du gouvernement britannique à atteindre 2% d'inflation."... Histoire de faire oublier que le capitalisme roule sur la jante depuis 2008..?? Car il ne faut pas oublier le poids énorme de la city dans la maigre économie anglaise.
Réponse de le 13/11/2015 à 13:20 :
Oui, mais en même temps, une majorité d'opération en bourse est exécutée automatiquement par du trading à haute fréquence, ... donc des robots finalement !
Réponse de le 13/11/2015 à 13:51 :
Réponse non avenue lorsque l'on constate les chiffres de salariés des banques par rapport au total. Surtout que ce système tourne à vide pour juste récupérer le virtuel déversé par les banques centrales.
Réponse de le 13/11/2015 à 14:15 :
L'incapacité des gens comme vous à reconnaître la contribution du système financier au PIB et à la création de valeur en général est affligeante.
Pour vous, tout service est peut-être même un peu trop virtuel pour mériter d'être important. Les physiocrates pensaient la même chose de la manufacture, qui ne faisait que transformer la matière. Seule l'agriculture comptait à leurs yeux. Ce n'est pas par plaisir que l'on paie des services financiers. Il y a donc bien "valeur".
Réponse de le 13/11/2015 à 15:58 :
Fatgwoyan>Il y a valeur et valeur. Les bullshit jobs créent de la valeur et pourtant, on n'en a pas besoin. L'être humain a avant tout besoin de TRAVAIL à valeur HUMAINE. A la base, le travail est l'expression de l'activité humaine et doit le rester. Le remplacer par les machines à l'infini, c'est à chaque fois contraindre l'homme à une adaptation qui devient impossible. Tout simplement parce qu'on "bride" des pans entiers de notre propre cortex. Actuellement, on est en plein scientisme comme à la fin du XIXe siècle (cf les philosophies et courants sociologiques scientistes et positivistes...) Or, le scientisme a débouché sur deux guerres mondiales...

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