Royaume-Uni : The Economist lâche les conservateurs

A la veille de l'élection générale anticipée, la majorité des quotidiens et hebdomadaires britanniques a pris position. Et pour la première fois de son histoire, le magazine économique The Economist n'appelle à voter pour aucun des principaux partis.
Sasha Mitchell

3 mn

Pour la première fois, l'hebdomadaire The Economist n'appelle à voter pour aucun candidat à l'élection générale britannique. 
Ici, les locaux de The Economist, à Londres.
Pour la première fois, l'hebdomadaire The Economist n'appelle à voter pour aucun candidat à l'élection générale britannique. Ici, les locaux de The Economist, à Londres. (Crédits : REUTERS/Peter Nicholls)

"Bien qu'ils s'opposent sur l'échiquier politique, les dirigeants conservateurs et travaillistes s'allient dans leur désir de relever le pont-levis qui relie le Royaume-Uni au monde." Par cette phrase, présente dans le quatrième paragraphe de son éditorial du 3 juin, The Economist opère un petit tournant dans son histoire de plus de 174 ans. Après avoir soutenu les conservateurs à 13 reprises et les travaillistes trois fois depuis 1955, date de sa première prise de position en amont d'une élection générale, l'hebdomadaire économique appelle les Britanniques à voter pour les Liberal democrats, jeudi.

> Lire aussi: Royaume-Uni: Brexit, sécurité, économie... les 10 enjeux de l'élection générale

Face à "l'indécision" et à "l'insularité" de Theresa May, The Economist préfère "l'honnêteté" de la formation centriste, notamment sur la question des hausses d'impôts pour entretenir les services publics. Plutôt que le projet de Corbyn sur la sortie de l'Union européenne "qui aurait les mêmes effets" que le "hard Brexit" des conservateurs, le magazine, lu par 1,5 million de personnes chaque semaine et fervent soutien du Remain en 2016, choisit la relation privilégiée avec le continent, promue par les libéraux-démocrates. Sans grande conviction. "Nous savons que cette année les Lib Dems n'arriveront à rien [...], mais nous espérons que le parti devienne à terme une composante essentielle du centre radical, nécessaire pour un Royaume-Uni prospère", conclut The Economist, qui avait soutenu les conservateurs de David Cameron en 2010 puis un prolongement de la coalition avec les libéraux-démocrates en 2015.

Le Financial Times choisit les Tories

Parmi les autres prises de position, peu voire pas de surprises. Le Guardian, classé à gauche, appelle à voter pour le Labour. "Les Tories ne méritent pas notre vote [...]. Le modèle économique mis en place par ce parti a créé une nouvelle classe de travailleurs pauvres, peut-on lire dans un éditorial du 2 juin. Jeremy Corbyn a des failles [...] mais il a réalisé une bonne campagne. [...] Beaucoup d'observateurs pensent que les électeurs répudieront le Labour de M. Corbyn. Peut-être. Mais M. Corbyn a montré que le parti pouvait être au début de quelque chose de grand plutôt qu'à la fin de quelque chose de petit."

> DIAPORAMA: Royaume-Uni : qui sont les cinq têtes d'affiche de l'élection générale ?

Plus direct, le Daily Telegraph estime dès le titre de son article consacré au sujet qu'un "Gouvernement Corbyn serait une calamité - tout le reste n'est que du bruit". "Les décisions à prendre au cours des 18 prochains mois seront critiques pour le bien-être économique et la cohésion sociale du pays. Il faut donc de la stabilité [référence au slogan de campagne de la Première ministre, ndlr] et non un pari irréfléchi." Le quotidien économique britannique Financial Times opte lui-aussi pour ce qu'il considère être "le vote le plus sûr".

Du côté travailliste, Jeremy Corbyn peut compter sur le soutien du tabloïd Daily Mirror, classé à gauche, de l'hebdomadaire de centre-gauche New Statesman, pourtant défavorable à son élection à la tête du parti, et du quotidien socialiste Morning Star. A noter que The Economist mis à part, aucun autre grand média national n'appelle ses lecteurs à choisir le vote libéral-démocrate...

Sasha Mitchell

3 mn

Replay I Nantes zéro carbone

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaire 1
à écrit le 07/06/2017 à 18:09
Signaler
C'est ce que je disais dans un autre article sur le sujet, cruel dilemme pour les néolibéraux, leurs alliés classiques qui d’habitude privilégient les riches sont non seulement pour le brexit mais en plus ont élaboré un programme axé sur le social, C...

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.