Stagflation en zone euro : pas de menace, assure la BCE

L'invasion russe en Ukraine va pénaliser l'économie de la zone euro, mais celle-ci restera en croissance même dans le cas d'un scénario pessimiste d'une intensification de la guerre russe en Ukraine, a déclaré mardi Luis de Guindos, le vice-président de la Banque centrale européenne (BCE).

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(Crédits : KAI PFAFFENBACH)

Pas de stagflation (mélange faible croissance et de forte inflation) dans la zone euro. C'est ce qu'a déclaré ce mardi Luis de Guindos, le vice-président de la Banque centrale européenne. (BCE). Selon lui,  l'invasion russe en Ukraine va pénaliser l'économie de la zone euro, qui restera néanmoins en expansion même si la guerre s'intensifie, a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

Et d'ajouter : "Nous pouvons donc jusqu'à présent écarter la possibilité de 'stagflation' [un environnement économique alliant croissance faible et forte inflation, ndlr], car même dans notre scénario le plus pessimiste, nous envisageons une croissance d'environ 2% en 2022", a-t-il indiqué.

Luis de Guindos a indiqué que si les prix élevés dans le secteur de l'énergie propulsaient l'inflation vers des sommets, rien n'indique encore que les anticipations d'inflation commencent à augmenter.

Normaliser la politique monétaire

Lors d'une autre une conférence organisée par le magazine The Economist, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a déclaré que la BCE devait regarder au-delà des variations à court terme des prix de l'énergie et concentrer son attention sur les tendances sous-jacentes de l'inflation. Selon lui, la BCE doit normaliser sa politique monétaire pour ancrer les anticipations d'inflation des acteurs économiques dans la zone euro.

"Le moment est effectivement venu de lever le pied de l'accélérateur, comme décidé lors de notre dernière réunion du conseil des gouverneurs. Ceci étant dit, nous ne devrions pas surréagir à la volatilité à court terme des prix de l'énergie et plutôt nous concentrer davantage sur l'inflation sous-jacente et sur le moyen terme", a dit François Villeroy de Galhau, qui s'exprimait en anglais.

Inflation record

Gonflée par la hausse des prix de l'énergie, elle-même amplifiée par l'offensive militaire russe en Ukraine, l'inflation dans la zone euro a atteint le niveau record de 5,9% sur un an le mois dernier. L'inflation sous-jacente, qui ne tient pas compte des éléments volatils tels que l'énergie et l'alimentation, grimpe elle aussi.

Pour François Villeroy de Galhau, la transition énergétique, avec un objectif de réduction de la part des énergies fossiles, peut avoir des effets à la fois positifs et négatifs sur l'inflation mais son impact sur les coûts de l'énergie entraînera probablement des pressions inflationnistes.

Le gouverneur de la Banque de France considère que les politiques de lutte contre le changement climatique ne sont toutefois pas à l'origine de la flambée actuelle des prix de l'énergie et il estime que la hausse du prix du carbone sur le marché européen des quotas d'émission n'explique qu'à hauteur de 7% l'augmentation du prix de l'électricité l'an dernier en France.

Accélération de l'inflation jusqu'à l'hiver prochain aux Etats-Unis?

Outre-Atlantique, la banque centrale américaine (Fed) s'est dite prête à accélérer la hausse de ses taux en 2022, a assuré lundi son président Jerome Powell, tandis qu'un autre responsable anticipe une accélération continue de l'inflation jusqu'à l'hiver. La Fed a relevé mercredi ses taux directeurs, pour la première fois depuis 2018, afin de lutter contre l'inflation qui est au plus haut depuis 40 ans. Et plusieurs nouvelles hausses sont à prévoir en 2022, peut-être même une à chaque réunion.

La Fed est prête à les relever de plus d'un quart de point de pourcentage à une ou plusieurs reprises si nécessaire, a déclaré Jerome Powell.

"Si nous concluons qu'il est approprié d'agir plus agressivement en augmentant les taux directeurs de plus de 25 points de base lors d'une réunion ou de plusieurs réunions, nous le ferons", a déclaré Jerome Powell lors de la conférence annuelle de la National Association for Business Economics (NABE).

L'inflation pourrait s'accélérer aux Etats-Unis jusqu'au début de l'hiver, puis seulement commencer à ralentir, selon un responsable de la banque centrale américaine, qui a souligné lundi que la lutte contre cette hausse des prix est sa "plus grande préoccupation" pour 2022.

"Mon hypothèse de base est que nous atteindrons un pic d'inflation au début de l'hiver", a ajouté à des journalistes le président de la Fed d'Atlanta, Raphael Bostic, en marge de la conférence.

Ce dernier table sur 4,1% d'inflation, ce qui est "très élevé". La Fed avait, mercredi, à l'issue de sa dernière réunion, actualisé ses perspectives économiques, et revu en forte hausse ses prévisions d'inflation, à 4,3%, deux fois plus que ce qui était anticipé en décembre.

Lire aussi 4 mnLa Fed amorce la remontée des taux pour lutter contre l'inflation

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Commentaires 2
à écrit le 22/03/2022 à 14:17
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Un danger nous attend c'est la réelection de ces non compétents ,pour affronter la tempête annoncer . Pour une fois au de la de vos croyances partisanes voter commes vos anciens l'auraient fait pour sauver le pays de la ruine et d'une possible guerre...

à écrit le 22/03/2022 à 12:53
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Les tentes poussent comme des champignons autour des villes moyennes mais tout va bien qu'ils nous disent les ahuris.

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