Theresa May pas d'accord pour que les 27 décident sans elle (jusqu'au Brexit)

James Crisp, EurActiv

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Lors de son premier Conseil européen (20 et 21 octobre), Theresa May a affirmé que, tant que le Royaume-Uni était un membre à part entière de l'UE, il voulait un siège à la table des négociations sur l'avenir du bloc. La Première ministre britannique a en effet prévenu jeudi soir ses homologues européens que le Royaume-Uni ne se contenterait pas de tamponner les accords négociés entre les États membres qui se rencontreront à 27, c'est-à-dire sans l'Etat britannique.
May s'est exprimée durant une discussion sur la politique d'immigration et sur la zone Schengen. Les initiatives présentées avaient déjà été discutées durant une réunion informelle des 27 États membres à Bratislava, suite au vote du 23 juin. Des sources proches du Conseil ont déclaré que l'ambiance était « conviviale » et que certains dirigeants avaient un « sentiment de culpabilité » vis-à-vis de la réunion de Bratislava. Personne n'a néanmoins suggéré que les 27 ne continueraient pas à se réunir en sommets plus restreints et Theresa May ne leur a pas demandé d'arrêter.
Les Britanniques s'inquiètent de l'articulation entre la formulation de la feuille de route de Bratislava, qui a été faite à 27, et sa mise en application, qui est pour les 28 États membres, a indiqué une source.
Personne parmi les autres dirigeants européens n'a répondu aux commentaires de Theresa May. Le président du Conseil européen, Donald Tusk aurait dit à la Première ministre que les réunions à 27 allaient continuer. Une d'elles est déjà prévue en janvier à Malte. La Commission européenne a répété à maintes reprises que le Royaume-Uni resterait un membre à part entière de l'UE, avec ses droits et ses obligations, jusqu'à son départ officiel du bloc. L'UE à 27 ne peut donc pas prendre de décisions juridiquement contraignantes de la même façon que lorsque le Conseil est au complet.
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En arrivant au Conseil, le président français, François Hollande, a mis la pression sur Theresa May.
Certains chefs d'État ont mal pris le discours de Theresa May lors de la conférence du parti conservateur, où elle a appelé à des contrôles de l'immigration plus stricts. Certains États membres ont admis que le discours était politiquement nécessaire pour pouvoir contrôler l'aile eurosceptique de son parti, forte de son succès lors du vote sur le Brexit.
Plus tard dans la soirée, après le diner et autour d'un café, Theresa May a exposé sa vision du Brexit. Elle a déclaré que puisque le Brexit était irréversible, il était indispensable que l'UE et le Royaume-Uni travaillent ensemble pour garantir une sortie qui soit dans les intérêts des deux parties.
Theresa May a rappelé que le Brexit devait être dans le meilleur intérêt de la Grande-Bretagne, mais qu'il ne devait pas se faire au détriment du reste de l'UE, a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel.
Theresa May rencontre le vendredi 21 octobre le président de la Commission, Jean-Claude Juncker pour faire connaissance. Elle devrait aussi tenir une conférence de presse vers 13h, après la clôture du Conseil européen. En entrant à son premier sommet européen, Theresa May a adopté un ton différent de son prédécesseur David Cameron, qui avait pour habitude de dire aux caméras qu'il se trouvait à Bruxelles pour conclure le meilleur accord qui soit pour le Royaume-Uni. Au lieu de cela, Theresa May a souligné la nécessité d'une réponse unie et forte à la campagne de bombardements russes en Syrie.
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Hier soir, il semblerait qu'elle soit parvenue à atteindre son objectif. Des sources ont déclaré que la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne avaient fortement fait pression pour que les conclusions du Conseil intègrent des sanctions contre la Russie à l'avenir.
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Par James Crisp, EurActiv.com (traduit par Marion Candau)
(Article publié le vendredi 21 oct. 2016)

James Crisp, EurActiv
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