Vers un retour de l'impôt sur la fortune en Allemagne ?

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Le ministre allemand des Finances, Olaf Scholz, membre du SPD, le Parti social-démocrate.
Le ministre allemand des Finances, Olaf Scholz, membre du SPD, le Parti social-démocrate. (Crédits : Annegret Hilse)
Le ministre allemand des Finances, Olaf Scholz, soutient l'impôt sur la fortune défendu par son parti, rapporte le Handelsblatt. Les conservateurs de la CDU-CSU sont contre.

Le ministre allemand des Finances, Olaf Scholz, soutient le projet d'impôt sur la fortune que sa formation politique, le Parti social-démocrate (SPD), propose de mettre en oeuvre, rapporte le quotidien économique Handelsblatt ce week-end dans son édition en ligne. Plusieurs dirigeants du SPD, partenaire minoritaire de la "Grande coalition" au pouvoir, doivent se réunir ce lundi 26 août pour discuter du projet développé par un groupe de travail dirigé par le député SPD de Hesse, Thorsten Schäfer-Gümbel.

Cette taxe pourrait rapporter 10 milliards d'euros par an, selon ses promoteurs. L'ISF allemand a été suspendu par la Cour constitutionnelle de Karlsruhe par une décision de 1995. La haute juridiction allemande exigeait l'uniformisation des taux d'imposition appliqués aux biens immobiliers et mobiliers, au nom du principe d'égalité, ce que les gouvernements successifs n'ont jamais entrepris.

"J'ai travaillé étroitement avec le groupe de travail SPD et je soutiens le résultat pour suivre le modèle suisse", a déclaré au journal Olaf Scholz, qui est candidat à la direction du SPD.

La Suisse est l'un des rares pays développés à appliquer encore un impôt sur la fortune.

La CDU-CSU de Mekel est contre

Selon le Handelsblatt, Andreas Jung, le vice-président du groupe CDU-CSU au Bundestag, a déclaré que la CDU de la chancelière Angela Merkel était opposée à cette initiative.

"Dans une économie en ralentissement, cela représente une charge énorme pour les moyennes entreprises et l'emploi. C'est exactement le mauvais signal", a déclaré dimanche le président de la CSU, Markus Söder, à l'agence de presse allemande DPA.

Les déclarations d'Olaf Scholz interviennent alors que l'Allemagne s'apprête à supprimer partiellement le "Soli", un impôt de solidarité introduit au moment de la réunification des deux Allemagnes en 1990 pour financer la remise à niveau économique des Länder de l'Est. Cet impôt a rapporté près de 19 milliards d'euros en 2018. Le gouvernement d'Angela Merkel a annoncé mercredi que 90% des contribuables payant actuellement le Soli en seraient exemptés à partir de 2021. Les conservateurs envisagent la suppression totale du Soli par étapes d'ici à 2026.

(avec Reuters)

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a écrit le 27/08/2019 à 10:54 :
Au lieu de créer un ISF qui est une hérésie économique (créée en France par les socialistes)... Et morale car taxant indifféremment héritage et biens acquis avec de l'argent gagné soi-même ; l'Allemagne ferait mieux de s'attaquer à sa bulle immobilière - à moins qu'elle veuille se retrouver dans la même situation que la France, le Royaume-Uni, les États-Unis, l'Australie et tant d'autres pays développés et en développement - pour faire regagner du pouvoir d'achat aux pauvres et aux jeunes.
Elle ferait mieux de créer un impôt sur les successions - pas des frais de notaire mais bien un impôt sur l'héritage. Il serait judicieux de se concentrer sur l'immobilier...
Elle ferait aussi mieux - et ça concerne tous les pays du monde d'ailleurs - de renforcer (avec le mode de calcul de l'ISF) les impôts sur les transactions financières à court-terme pour éviter l'apparition d'une bulle spéculative (je répète ça concerne tous les pays du monde).
a écrit le 26/08/2019 à 10:03 :
Par principe je ne suis pas pour les impôts sur les patrimoines. Chacun devrait être libre de jouir du fruit de son travail sans porter une charge supplémentaire.

Par contre, je pense qu'on peut largement augmenter les tranches d'impôt sur le revenu pour les hauts revenu (et en Allemagne il y a beaucoup de multimillionnaires).

Si l'on revient en France, pendant les 30 glorieuses, les tranches marginales maximales sur les revenus dépassaient 65% et ça n'a pas gêné le développement économique et social, au contraire.
Quant aux riches, il me semble qu'ils on assez bien survécu pendant cette période.

Rien ne justifie le taux actuel ridicule de 45% surtout qu'il est assorti d'une flat taxe sur les revenus des produits financiers, de toute une batterie de possibilités d'évasion fiscale légale et pour terminer d'une large exemption de droits sur les successions.

Bref, instaurer une ISF, non, augmenter les taux de prélèvement (et la progressivité) sur les revenus, oui.
Réponse de le 26/08/2019 à 10:39 :
Il faut que les français se réveillent. Je suis entrepreneur, l'impôt en france est une finalité. Avant de payer l'impôt mes revenus sont massacrés par 14 taxes dont pour certaines vous ne pouvez soupçonner l'existence tant on est dans l'aberration fiscale si bien entretenue par Bercy. Créez votre entreprise et venez reparler de l'impôt après vos 3 ans.
Réponse de le 26/08/2019 à 11:35 :
Augmenter l'imposition sur les revenus ne dispense pas de supprimer (ou diminuer) les taxes.
Les français ont payé le manque à gagner de l'état sur les revenus les plus élevés par l'augmentation de la TVA et une inventivité mondialement reconnue sur les taxes diverses et variées...

Taxes payées par tout le monde mais plus lourdes pour les pauvres, puisque non proportionnelles aux revenus.

Vos propos ne contredisent pas les miens.
Réponse de le 26/08/2019 à 12:04 :
Pendant les années folles le taux max de l'IRPP était de 40% et pendant les 30 glorieuses de 70%, soit. Mais cette tranche d'imposition était à un niveau très élevé qui ne concernait que 200 familles. Ce sont bien les socialistes qui à partir de 1981 ont fait exploser le nombre de contribuables. Mais la France a toujours préféré les impôts indirects, genre TVA ou impôt sur les fenêtres.
Réponse de le 26/08/2019 à 14:18 :
ca tombe bien, l'IR a justement remplacé l'ancien impôts sur les portes et fenêtres.
Jusque en 1986 il y avait 14 tranches d'impositions croissants de 5% eh 5%.

Donc l'entrée dans l'IRPP était plus rapide mais plus douce et si la tranche à 65% ne concernait pas grand monde, celles de 45 à 60% ramenait pas mal d'argent à l'état (qui maitrisait encore un peu sa dette sans devoir voler l'agent du social).

En réalité, une grosse partie de l'argent non prélevé sur les tranches de 45 à 65% a été repris via la CSG qui représente maintenant 9% sur une base encore plus large que les revenus. On a exonéré les très riches pour taper sur la classe moyenne, sauf que celle-ci tend à rétrécir.
a écrit le 26/08/2019 à 8:58 :
Une des raisons voire la raison du désenchantement économique de l'Allemagne est que Madame Merkel a du faire alliance avec le SPD (ps allemand) qui comme tout bon parti socialiste a le don pour couler un pays (voir France avec hollande et macron).
a écrit le 26/08/2019 à 8:36 :
En période de taux négatifs l'impôt sur la fortune est confiscatoire par contre un impôt sur le patrimoine immobilier ne pose pas de problème car il suffit de s'en débarrasser notamment de sa résidence secondaire qui ne rapporte rien ou alors de considérer que l'ifi est une sorte de loyer payé à l'état qui est en réalité le bailleur de tous les Français
a écrit le 26/08/2019 à 8:12 :
Bienvenu en UERSS, empire prévu pour durer mille ans dans lequel deux trois idées partent et reviennent inlassablement parce que l'on ne sait plus y penser piégée par sa politique, que dis je, son dogme fondateur de dumping fiscal et social.
a écrit le 26/08/2019 à 7:20 :
Qu'elle prenne sa retraite frau merkel. Raus.
a écrit le 26/08/2019 à 3:17 :
A quoi sert l'impôt? En France, la représentation nationale vote un impôt parallèlement à de l'endettement et ces rentrées n'empêchement pas une insuffisance de recettes puisque nos gouvernements se vantent régulièrement d'un déficit en baisse par rapport à l'année précédente...en pourcentage du PIB, bien sûr! Même la CSG, cet impôt miracle, est faussée dans son esprit, puisque son taux n'est plus unique. J'aimerais que les membres de l'Exécutif et du Législatif voient leurs salaires sensiblement baissés MAIS agrémentés d'une prime de résultat très généreuse. Ce principe du Privé permettrait peut-être la transition vers une société où les secteurs Privé et Collectif verraient s'atténuer leurs différences... et leurs jalousies!
a écrit le 25/08/2019 à 21:24 :
Aux USA ils y pensent aussi (contamination d'économistes français ? :-) ) mais à partir de 100 millions $ de fortune, pas 0,8 puis 1,3 million comme dans notre pays peu fortuné.
Réponse de le 26/08/2019 à 9:51 :
Pour payer l'ISF en France il fallait être soit très riche, soit mal conseillé. Il y a avait quantité d’échappatoires et de solutions "d'optimalisation".

De plus, un impôt avec un tranche maximale de 1.5% au dessus d'un patrimoine taxable de 10 millions € n'est pas confiscatoire.
Quand on a un tel patrimoine, on a forcément les revenus qui vont avec et qui permettent de payer l'impôt sans devoir le vendre.
a écrit le 25/08/2019 à 19:14 :
Ceci est un présage d’une «  réélection de Mme Merkel » ?
Réponse de le 25/08/2019 à 20:36 :
Mme Merkel ne participera plus à la compétition. Kramp Karrenbauer est actuellement le chef du parti de la CDU. Les Verts ont de très bons résultats d'enquête. Peut-être que Habeck deviendra chancelier.
Réponse de le 25/08/2019 à 22:00 :
Je vois «  mal » les Allemands voter à Gauche.
Réponse de le 26/08/2019 à 11:13 :
Moi je les pensais vacciné par l'histoire et que ça les dissuaderait de voter pour un parti ouvertement national-socialiste.

Pourtant il le font.

Pour autant les "gauchistes" allemands n'ont rien à voir avec l'idéologie communiste Est-Allemande. Ils sont parfaitement républicains et démocrates.

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