Zone euro : les pays pour lesquels la Commission européenne est optimiste. Ou pas

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La croissance grecque devrait s'élever à seulement 0,5% cette année, nettement moins que les dernières prévisions de février, où la Commission européenne tablait sur une hausse de 2,5%.
La croissance grecque devrait s'élever à seulement 0,5% cette année, nettement moins que les dernières prévisions de février, où la Commission européenne tablait sur une hausse de 2,5%. (Crédits : © Regis Duvignau / Reuters)
La Commission européenne a livré ses prévisions pour 2015. Elle prévoit une embellie pour la zone euro avec une croissance de 1,5%, soit 0,2 point de plus que dans ses estimations précédentes. Si les prévisions sont largement revues à la hausse pour l'Espagne ou le Luxembourg, elles sont fortement revues à la baisse pour la Grèce.

"Prix du pétrole à des niveaux relativement bas, croissance mondiale soutenue, poursuite de la dépréciation de l'euro, et politiques économiques opportunes dans l'UE..."

... autant de facteurs qui ont conduit la Commission européenne à revoir ses prévisions à la hausse pour la croissance de la zone euro. Après avoir prévu une croissance de 1,3% du PIB pour 2015 en zone euro, la Commission européenne a relevé sa prévision à 1,5%, mardi 5 mai, annonçant une "reprise portée par des vents favorables". Certains pays, pour lesquels l'institution a relevé ses prévisions, tirent fortement cette croissance vers le haut. D'autres ont vu leur estimation drastiquement baisser en quelques mois. Revue de détail.

Les pays pour lesquels la Commission est encore plus optimiste

  • L'Allemagne portée par un marché du travail favorable

Pour l'Allemagne, la Commission a revu sa prévision à la hausse de 0,4 point, à 1,9% en 2015. Elle estime qu'elle bénéficie d'un marché du travail favorable et profite largement de la baisse des prix du pétrole. Elle estime également que les investissements des entreprises devraient peu à peu reprendre cette année.

  • L'Espagne: une croissance soutenue par la baisse du chômage

La Commission a également revu sa copie sur l'Espagne depuis février. Elle souligne les créations d'emplois du pays, sa capacité à se financer et un déficit commercial amené à se réduire. En hiver la Commission attendait une croissance de 2,3% pour 2015. Elle l'attend désormais à 2,8%.

  • Le Luxembourg soutenu par sa demande intérieure

Selon la Commission, le Luxembourg connaîtra la 2e plus forte croissance de la zone euro en 2015. Mardi, elle a estimé celle-ci à 3,4% contre 2,6% quelques mois plus tôt. La croissance sera soutenue par la consommation intérieure et les exportations nettes. La Commission mentionne également un taux de chômage en diminution grâce à des créations nettes d'emplois et des finances publiques qui seront à l'équilibre en 2015.

  • Slovénie, un recul de la croissance moins prononcé

Si la Slovénie connaîtra une diminution de sa croissance en 2015 (elle affichait 2,6% en 2014), celle-ci a été réévalué de 0,5 point par la Commission, à 2,3%. L'institution attend des exportations slovènes en hausse, et un coût du travail qui ne croît pas et rend le pays compétitif.

  • La Slovaquie, soutenue par sa demande intérieure

L'inflation négative slovaque devrait se redresser lentement en 2015, estime la Commission européenne. Elle attend en outre une amélioration importante de la consommation intérieure, grâce à des réformes telles que l'augmentation du salaire minimum et des réductions des cotisations sociales pour les salariés les moins payés. La croissance slovène pour 2015 était estimée à 2,5% en février. Dans ses nouvelles  estimations, la Commission l'a revue à 3%.

     LIre aussi >> Bruxelles et Paris s'entendent sur les prévisions de déficit français pour 2015

Un pessimisme accru pour la Finlande, la Grèce et Chypre

  • La Grèce, plombée par les incertitudes économiques

La croissance grecque devrait s'élever à seulement 0,5% cette année, nettement moins que les dernières prévisions de février, où la Commission européenne tablait sur une hausse de 2,5%. Pour justifier cette révision à la baisse, l'institution se base sur "les incertitudes financières" qui planent sur la Grèce. Pour ses estimations, elle se fonde sur l'hypothèse que "la revue en cours" des finances publiques de la Grèce par ses créanciers "sera conclue en juin". La Commission souligne également que l'"investissement est à la peine, dans un climat de dégradation de la confiance".

  • La Finlande en manque d'investissements

La Finlande va terminer en récession cette année, estime la Commission. Elle a revu ses prévisions à la baisse à 0,3% pour 2015 (contre 0,8% en février), en dépit d'exportations retrouvant leur allant. En cause, notamment, des investissements qui ne devraient pas connaître de regain cette année.

     Lire aussi >> Malgré la crise, la Finlande devrait persister dans l'austérité après les élections

  •  Chypre, exposée aux problèmes économiques russes

Après avoir estimé la croissance du PIB chypriote à 0,4% pour 2015, la Commission prévoit une récession pour Chypre en 2015, mais plus modérée que l'année dernière, à -0,5%. Elle juge que le pays insulaire sera très exposé aux problèmes économiques de la Russie et pâtira d'une balance commerciale largement déficitaire.

     Lire aussi >> Chypre se rapproche ouvertement de la Russie

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Commentaires
a écrit le 10/05/2015 à 13:34 :
Pour la question de l’euro, si on commerce surtout avec l’Allemagne le franc serait une monnaie correcte. On parle pour les jeunes générations de pigeons, sont-ils victimes de l'euro ou c’est le progrès à l’envers ou l’esclavagisme par les boomers ? Alors qu’on voit en Europe, par exemple l’Espagne 400 000 jeunes forcés de quitter le pays, ont-ils une allocation alors qu’on pratique l’ostracisme, pourquoi ne pas faire une pétition ou un coup de barre électoral genre doléance à 6 millions de prére-retraites ? Y aura-t-il protestation sur le système des retraites avec des argic qui payent des corporations à 1 cotisé pour 3 de pension.
a écrit le 10/05/2015 à 12:51 :
Au sujet de l’euro, on a fait l’euro fort puis l’euro faible, n’est-on pas incohérent ou bien suicidaires ? On ne sait pas ajuster une monnaie à l’économie ? Jusqu’on irons-nous dans la baisse et la dégradation du travail ? Certains souhaitent sortir de l’euro, aura-t-on un procès de l’euro ou bien une constatation de la désindustrialisation avec l’austérité inhérente à la dette en brimade de la consommation ? Si on parle déficit, on doit parler périmètre puisqu’il varie. Si on parle croissance on doit parler pib puisque les composantes ne sont pas identiques. Si on parle croissance pourquoi ne pas faire des phrases qui ne veulent rien dire, les impôts relancent-ils ou bien faut-il les baisser ? On peut toujours enfumer par de pieux mensonges et envoyer la population au chômage par corporatisme dévoyé.
Les citoyens ne devraient-ils pas être vigilants quand on voit au Parlement européen prétenduement démocratique des gouvernement à 25% de pib comme bilan avec des centaines de millions de comptes et un chômage collossal et -25% de salaire alors que certains ne payent d'impôts et que les citoyens sortent leur épargne du pays par défiance, ne fait-on pas du pib baudruche, sorti du chapeau?
Aurons-nous un PROCES EN DEROUTE EUROPEISTE?
a écrit le 07/05/2015 à 9:34 :
Ce serait si simple de nous faire un tableau exhaustif de toutes les prévisions des pays de la communauté européenne (et pas seulement la zone euro) plutôt que de passer par le filtre d'un journaleux où l'information sur la France (en outre) n'est même plus présente. C'est bien Môssieur le journaliste d'analyser et de commenter des chiffres, j'aurais aimé les avoir aussi pour me faire ma propre opinion contradictoire....Tous vos lecteur ne sont pas des bourins, certains on même un cerveau en état de marche et certains même une bonne formation économique....
a écrit le 07/05/2015 à 9:23 :
En voilà une nouvelle qu'elle est bonne . l'économie parasite du Luxembourg a une très forte croissance! En quoi cela vat-il avoir un impact sur la production européenne. c'est par contre le signe que la Finance se porte elle très bien!
a écrit le 06/05/2015 à 19:51 :
Depuis l'euro, on ne peut pas dire qu'un pays ai progressé a moins de jouer le parasite pour pomper le sang du voisin!
a écrit le 06/05/2015 à 15:10 :
La zone euro a un grave problème, c’est un boulet mondial, notre PMI est en baisse et en hausse pour nos voisins, la croissance c’est de l’inflation depuis 2008, du vent, de l’esbrouffe. C’est le malthusianisme d’une croissance faible de long terme et la faible augmentation de population. La génération du baby-boom étouffe la croissance et empêche l’emploi, et on fait des cataclysmes par les bulles pour détruire l’économie. Le développement économique c’est quoi ? Nous avons affaire à des tyrans chômagistes au sud europe. Mieux dans certain pays d’Europe les politiciens font des centaines de millions de comptes, 50% de chômage et le pib baudruche à -25% et -25% de salaires. On appelle cela modèle mondial ? Ne devrait-on pas simples citoyens avoir à l’œil ces mythomanes qui inventent de pieux mensonges, les vœux pieux. A quand le procès de l’euro comme un procès de Riom ? A quand les médailles pour pertes ?
On fait dans la république de la promotion aux coupeurs de citron ?
a écrit le 06/05/2015 à 14:31 :
"Le Luxembourg connaîtra la 2e plus forte croissance de la zone euro en 2015 La croissance sera soutenue par la consommation intérieure et les exportations nettes"
Quels sont les produits exportés par le Luxembourg? A part la finance.
consommation intérieure, cela veut dire importation de produits non fabriqués sur place.
Voila un diagnostic qui demande un complément d'information
a écrit le 06/05/2015 à 10:58 :
Je constate que l’on dit “prix du pétrole relativement bas”, et non plus "chute des prix". On commence à réaliser que les prix ont remonté de 30% depuis quelques mois. Il était temps de réaliser que cela pourrait bien empirer.
a écrit le 06/05/2015 à 8:45 :
Et par rapport à la France, la CE est-elle optimiste, pessimiste, boudeuse…. ou l'on ne peut pas juger une "exception" ? mdr
a écrit le 06/05/2015 à 8:13 :
Quid de la France ?
Réponse de le 06/05/2015 à 8:47 :
La France se trouve au-dessous de tout jugement. Point à la ligne.
a écrit le 05/05/2015 à 21:19 :
Quand on parle d'augmentation de 0.1 voire 0.2 % il y a de quoi sourire sur l'extreme faiblaisse de ces pseudo augmentation qui sont meme inferieure à toute marge d'erreur ..........
a écrit le 05/05/2015 à 19:54 :
iL AURAIT PEUT-ETRE ETE INTRESSANT DE PARLER DE LA FRANCE
Réponse de le 06/05/2015 à 17:37 :
mais pour la France la messe est dite cher lecteur....et les nouvelles pleuvent en Rafales
a écrit le 05/05/2015 à 16:39 :
faudrait aussi etre inquiet pour la france, qui ressemble au bateau grec, mais en plus gros!
Réponse de le 06/05/2015 à 10:35 :
On nous sert le thème du déclin de la France depuis deux siècles. Bizarrement, la France reste toujours dans les premiers puissances mondiales. On commence a être habitué des éternels "la France qui tombe" et autres balivernes.
Réponse de le 06/05/2015 à 11:25 :
Rentrez au royaume uni Churchill, ce merveilleux pays qui va bientôt quitter l UE, où la croissance est tirée par une bulle immobilière qui regonfle très vite, où les travailleurs pauvres sont toujours plus nombreux.
a écrit le 05/05/2015 à 16:25 :
Dans un monde ouvert comme l'UE c'est "le parasitisme" a chaque étage pour s'en sortir, on ne collabore pas, on concurrence et la France se fait progressivement bouffer de l'intérieur et il ne restera bientôt qu'une coquille vide!

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