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Val Tolosa : la polémique continue. Les antis répondent à Unibail Rodamco. Interview de Jutta Dumas

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Publié le 11 octobre 2013 à 14:31 - Mis à jour le 15 octobre 2013 à 15:36

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Toujours farouchement opposé au projet de complexe commercial Val Tolosa, à Plaisance-du-Touch, le collectif "Non à Val Tolosa - Portes de Gascogne" attend que le tribunal administratif statue sur le recours déposé contre le permis de construire. Une audience, prévue pour le 24 octobre, que Jutta Dumas, présidente du collectif, attend avec impatience. Même si elle prévient d'ores et déjà : "Quelle que soit la décision du tribunal, nous savons qu'il y aura appel."Qui compose le collectif "Non à Val Tolosa...

Toujours farouchement opposé au projet de complexe commercial Val Tolosa, à Plaisance-du-Touch, le collectif "Non à Val Tolosa - Portes de Gascogne" attend que le tribunal administratif statue sur le recours déposé contre le permis de construire. Une audience, prévue pour le 24 octobre, que Jutta Dumas, présidente du collectif, attend avec impatience. Même si elle prévient d'ores et déjà : "Quelle que soit la décision du tribunal, nous savons qu'il y aura appel."

Qui compose le collectif "Non à Val Tolosa - Portes de Gascogne" ?

Avant toute chose, nous représentons les riverains de la commune de Plaisance-du-Touch et des communes alentours. Nous agissons également au nom des commerçants, ou des associations de commerçants, pour qui ce combat est absolument vital. Certains nous présentent comme étant partisans. Je réfute ce terme. Notre action est politique, mais pas partisane. Nous ne sommes sous la tutelle d'aucun parti. Dans nos rangs sont représentées toutes les tendances politiques, de droite, de gauche et du centre. Mais nos membres sont pour la plupart de simples citoyens en colère, qui dénoncent l'absurdité du projet Val Tolosa.

Quelles sont les raisons de votre opposition à ce projet ?
Depuis l'origine de notre collectif, en 2005, notre discours n'a pas varié. Nous estimons que ce projet, qui s'est d'abord appelé "Portes de Gascogne" puis "Val Tolosa", est absolument inutile. Le développement d'un centre commercial aussi démesuré à cet endroit est tout simplement absurde. Qui peut vraiment croire que nous sommes en présence d'un désert commercial ? Les centres commerciaux de Purpan, de Blagnac et de Portet-sur-Garonne sont à deux pas ! L'aire toulousaine est déjà sur-dotée en surfaces commerciales. C'est le fondement même de notre action : pourquoi gaspiller de l'espace pour quelque chose d'inutile ? L'étiquette "écolo" que certains veulent nous coller n'est pas hors de propos, bien sûr, mais la question environnementale n'est pas notre motivation première.

De son côté, le promoteur du projet, Unibail Rodamco, voit dans Val Tolosa "un outil qui permettra à une population nouvelle de consommer" (Lire notre article). Vous êtes d'accord avec cette analyse ?
Absolument pas. Les nouveaux habitants dont il est question viennent pour la plupart de région parisienne. S'ils s'installent dans notre région, c'est aussi pour sa qualité de vie. Leur proposer un tel centre commercial est un non-sens : c'est tout ce qu'ils fuient ! Ce type de projet, qui s'inscrit dans un contexte où l'offre est déjà supérieure à la demande, va contre le sens de l'Histoire.

Unibail Rodamco met également en avant le fait que ce projet mobiliserait "3.500 emplois dans le secteur du bâtiment" et qu'il créerait, à terme, "2.000 emplois non délocalisables"...
L'emploi est un argument massue, évidemment. Mais il est important de regarder la question de plus près. On nous dit que les secteurs du bâtiment et du commerce font partie de ceux qui souffrent le plus en Midi-Pyrénées. Est-il responsable, dans ce contexte, d'aider le bâtiment pour fragiliser ensuite le commerce ? Ne nous voilons pas la face : si ce centre commercial voit le jour, il y aura un report de consommation depuis les centres existants. Cela affectera également les commerces de proximité des villes alentours, y compris jusqu'au Gers. Parler de création d'emplois, c'est bien, mais il faut analyser toutes les conséquences du projet sur l'emploi local en général.

Que répondez-vous à l'engagement du projet en faveur du développement durable ?

Nous avons constaté, en effet, que les promoteurs mettaient l'accent sur ce point. Pourquoi ? Probablement parce que nous les avons attaqués sur ce point bien précis. Et pour cause. La loi ne nous permet pas de contester le permis de construire sur la base de l' "inutilité" du projet. Mais ce n'est pas tant le volet environnemental que nous contestons. C'est le projet lui-même. Que leur projet soit écolo ou pas, au fond, peu importe : il est inutile. D'autant que pour nous, la démarche du promoteur en faveur du développement durable s'apparente à du "green-washing" (procédé marketing utilisé par les entreprises et les organisations souhaitant se doter d'une image environnementale responsable, NDLR).

Sur quoi repose concrètement votre recours ?

Nous contestons plusieurs points. Le volet environnemental, tout d'abord, et notamment la première enquête d'impact sur la biodiversité. Mais aussi le fait qu'au moment où a été établi le permis de construire, les accès routiers au site n'étaient pas réellement garantis. Tous les points de notre recours sont à la fois précis et complexes, mais notre dossier nous semble solide. Nous avons des arguments de poids. Pourtant, nous avons des craintes, car le promoteur semble faire actuellement comme si l'audience du 24 octobre n'était qu'une simple formalité.

Quel rôle souhaiteriez-vous que jouent les politiques dans votre démarche ?

Nous aimerions, évidemment, qu'ils jouent un rôle plus important. Même si nous avons aujourd'hui le sentiment d'avoir convaincu de plus en plus d'élus locaux. Y compris le maire de Toulouse, Pierre Cohen, qui a clairement affirmé son opposition au projet Val Tolosa.

Votre combat dure depuis huit ans. Vous restez confiants ?
C'est vrai, nous luttons depuis huit ans, et c'est épuisant. Nous voulons un jugement. Mais quelle que soit la décision du tribunal administratif, qu'il soit en notre faveur ou non, nous savons d'ores et déjà qu'il y aura appel.

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Propos recueillis par Alexandre Léoty
© photo DR

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