CAC 40 : tout le pouvoir aux directeurs financiers ?

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Christophe de Margerie, PDG de Total Copyright Reuters
Christophe de Margerie, PDG de Total Copyright Reuters (Crédits : Bloomberg)
L'ex-patron de Sanofi, Jean-François Dehecq, estime qu'il y a "beaucoup plus de financiers que d'industriels" dans les conseils d'administration. Une revue de détails des profils des patrons du CAC 40 montre une montée en puissance des directeurs financiers.

Victime de la guerre entre Henri Proglio (EDF) et Antoine Frérot (Véolia), l'ex-patron de Sanofi, Jean-François Dehecq, est contraint ce mercredi de céder son siège d'administrateur de Veolia. Au-delà du nouvel épisode dans ce conflit, Jean-François Dehecq, qui dénonce « la vision comptable » d' Antoine Frérot, observe une tendance en France, qui se renforce : « il y a aujourd'hui beaucoup plus de financiers que d'industriels » dans les conseils d'administrations des groupes du CAC 40, a-t-il déclaré dans une interview au "Monde".

Est-ce vraiment le cas au moment où beaucoup dénonce une financiarisation excessive des entreprises ? En tout cas, de plus ne plus de directeurs financiers des groupes du CAC 40 sortent de l'ombre pour devenir les numéros 1 de leur entreprise. « Le poste de directeur financier est clairement devenu un tremplin pour accéder aux plus hautes responsabilités de l'entreprise », confirme le patron du cabinet-conseil en communication corporate VcomV, Vincent de la Vaissière. C'est le cas de Henri de Castries (AXA), de Bruno Lafont (Lafarge), de Christophe de Margerie (Total), de Frédéric Oudéa (Société Générale), de Guillaume Poitrinal (Unibail-Rodamco) et enfin de Michel Rollier, puis de Jean-Dominique Senard (Michelin), qui a été, entre autres, directeur financier de Total, de Saint-Gobain et de Pechiney. Quant à Jose-Luis Duran, il a dirigé Carrefour jusqu'en 2008.

Des numéro deux de plus en plus indispensables

Et quand ils ne sont pas encore dans le fauteuil du PDG, ils patientent en tant que numéro deux, ou comme tel, de leur entreprise. A l'image de l'ancien directeur financier de Pernod Ricard, l'ambitieux Emmanuel Babeau, aujourd'hui membre du directoire de Schneider Electric et considéré comme le numéro deux de Jean-Pascal Tricoire. C'est aussi le cas de Denis Duverne (Axa), d'Emmanuel Faber (Danone) et de Gervais Pellissier (France Telecom), qui se sont rendus indispensables, notamment pour tenir les rênes en temps de crise. Quant à Dominique d'Hinnin, l'un des quatre co-gérants de Lagardère, il est l'homme fort du groupe de médias.  Bertrand Badre a été considéré lui  comme le numéro deux du Crédit Agricole jusqu'à son départ.... comme directeur financier de la Société Générale en décembre 2011.

Enfin, il y a les directeurs financiers qui se forgent un destin dans une filiale de leur groupe ou dans une entreprise en-dehors du CAC 40, en tant que président. L'ex-directeur financier d'Alstom, Henri Poupart-Lafarge, vice-président exécutif est devenu président de la filiale Alstom Grid. Enfin, l'ex-directeur financier du groupe Accor, Jacques Stern, est aujourd'hui le président d'Edenred. Quant à Frédéric Saint-Geours qui avait rejoint PSA au poste de directeur financier adjoint, il a été nommé en janvier patron des marques Peugeot et Citroën.
 

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Commentaires
a écrit le 16/05/2012 à 14:07 :
vérifiez vos informations bon sang
il y a plein d'erreurs dans votre article : 5 des CEO cités n'ont pas été directeurs financiers !!!!
ce n'est plus la tribune, c'est pif gadget si vous continuez comme ça
Réponse de le 16/05/2012 à 16:06 :
Cher Fz, je ne pouvais vous laisser insulter La Tribune impunément par votre post rageur. Aussi, voici quelques profils tirés du Who?s Who
Par ordre d?apparition dans l?article :
Henri de Castries, directeur à la direction centrale des finances du groupe Axa (1989-1990)
Bruno Lafont, directeur financier de Lafarge (1984-1986), à nouveau entre 1994-1995, puis directeur général adjoint chargé des finances (1995-1998)
Christophe de Margerie, directeur finances-contrôle de Total (1990-1992)
Frédéric Oudéa, directeur financier de la Société Générale (2003-2008)
Guillaume Poitrinal, directeur financier d?Unibail-Rodamco (1998-1999), puis directeur général adjoint et directeur financier (1999-2002)
Michel Rollier, responsable de l'ensemble de la direction financière et juridique de Michelin (1999-2005)
Jean-Dominique Senart, directeur financier (2005-2012)
La Tribune vous salue bien cher Fz

a écrit le 16/05/2012 à 12:55 :
La prise du ^pouvoir des entreprises par les "Financiers" est probablement une des causes du chomage.(puisque le profit financier est leur priorité)
Les "Industriels" ont une vue différente sur la façon de gérer les industries (leutr priorité est la production avant tout , tout en faisant des profits)

Tout est dans la nuance mais non négligeable
a écrit le 16/05/2012 à 11:33 :
Curieux que l'on fasse semblant de découvrir seulement maintenant cette mainmise de la finance à la tête de nos plus grosses entreprises... Soyez pourtant assurés qu'ils sont pourtant responsable, sous le diktat de leurs actionnaires de l'immense casse industrielle de ces 15 dernières années... On privilégie dorénavent les gros profits à très court terme au détriment des investissements à long terme... Tout l'inverse des pays industrialisés comme le Japonet, ou encore des modèles de gestions d'entreprises familiales, majoritaires en allemagne. On a fait les mauvais choix, et les formations de nos élites financières sans étiques ni états d'ames qui se cooptent entre eux ne nous promet pas de beaux jours........
a écrit le 16/05/2012 à 10:15 :
Je serais curieux de savoir si en Allemagne, si les directeurs financiers sont autant représentés aux conseils d'administration. Juste pour voir ^^...
Réponse de le 16/05/2012 à 11:32 :
On ne prend l'Allemagne en exemple que quand çà nous arrange... De plus, les dirigeants allemands, dans l'ensemble, ont fait carrière dans l'entreprise. Pas étonnant qu'ils obtiennent de meilleurs résultats.
Réponse de le 16/05/2012 à 11:56 :
Merci pour votre réponse.
J'aurais pu prendre un autre pays où l'industrie est dynamique, comme exemple le Japon ou la Corée du Sud, mais c'est un peu plus loin :-)
Mais apparemment, vous semblez confirmer qu'effectivement les dirigeants d'entreprises allemandes sont souvent des opérationnels, plutôt que des financiers. Mon but est juste de me conforter dans l'idée qu'aujourd'hui, la finance est devenue "l'ennemie" de l'industrie, alors que ce devrait être le contraire...
Réponse de le 16/05/2012 à 12:37 :
En allemagne, une majorité de grosses ou très grosses PME sont des entreprises familiales... Les dirigeants en vivent très bien, mais sombre rarement dans les délires que nous connaissons de bonus, stock options, et rémunérations totalement décalés des réalités économiques. Ils sont en mesure de décider et autofinancer de très lourds investissements qui ne seront potntiellement rentables que de nombreuses années plus tard. Cela s'appelle su savoir faire, valeur immatérielle mais capitalisé sur plusieurs générations. Quand aux filières de formations, les différences se passent de commentaires. Enfin, dans ce pays, on ne considère pas que le costume 3 pièces soit un impératif pour être respectable... Bref, chez nos grand du CAC, tout ce qui, ne se traduit immédiatement pas par de la monaie sonnante et trébuchante et dans un tableur excel n'intéresse plus personne...
a écrit le 16/05/2012 à 9:45 :
Profit à court termes, satisfaction des actionnaires, mondialisation sont les maîtres mots des financiers. Ca nous manque l'époque où on était fier d'appartenir à une entreprise, qui avait un rôle social à part entière dans la société. Les employés, et les clients sont devenus des marchandises comme les autres.
a écrit le 16/05/2012 à 9:24 :
Quand un "profil industriel" propose...un "profil comptable/financier" contrôle. Plus de contrôleurs de gestion CSP+ dans les board signifie une très forte rationalisation de la production dans le mauvais sens du terme : R&D en berne, gestion RH psychorigide...
a écrit le 16/05/2012 à 0:57 :
Pour PSA, le Directeur financier cité était Directeur de la marque Peugeot avant d'être Directeur financier ... Lorsque l'on veut faire dire un peu n'importe quoi ...
Réponse de le 16/05/2012 à 7:32 :
En 1986, il entre chez PSA Peugeot-Citroën comme adjoint au directeur financier, puis dès 1988 comme directeur financier... désolé
Réponse de le 16/05/2012 à 11:05 :
Frédéric Saint Géour n'a pas une formation industrielle,il n'est pas ingénieur mais énarque .L'essentiel de son parcours professionnel tant dans l'administration que dans le privé s'est déroulé dans des activités financières.

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