Le pari africain – et solaire – de Ragni
Laurence Bottero
Laurence Bottero
C'est l'une des rares entreprises familiales maîtrisant encore son capital. Installée à Cagnes-sur-mer près de Nice, Ragni SAS est l'un des acteurs français de l'éclairage public, gouverné aujourd'hui par la quatrième génération, près de 90 ans après sa création. Il y a 7 ans, Ragni s'intéresse au solaire. A l'époque le sujet est beaucoup moins prégnant qu'aujourd'hui mais ce positionnement précurseur fait partie intégrante de la stratégie de la PME. Car elle adresse non seulement le marché français mais aussi l'international.
Outre les Etats-Unis où elle possède une filiale ou la Bosnie où elle a conclu un joint-venture en 2012, c'est notamment vers l'Afrique que l'azuréenne s'est placée. "Nous nous sommes positionnés sur ce continent parce que les pays africains ont la volonté de se structurer, de se moderniser. Les jeunes générations veulent prendre en main le développement de l'Afrique", analyse Marcel Ragni, le président de l'entreprise. "Nous y étions présents auparavant de manière opportuniste mais désormais nous voulons y être au quotidien". De fait, un responsable commercial spécifiquement dédié à ce continent a été recruté. Son objectif : fidéliser les clients et dénicher des partenaires capables de prescrire les produits Ragni. Des produits "que nous maîtrisons totalement", fabriqués dans l'usine implantée dans la zone industrielle de Cagnes-sur-mer. Des produits qui peuvent être dimensionnés en fonction des projets. Le rachat en novembre dernier de Novéa Energies, spécialiste de solutions d'éclairage autonome basée près d'Angers, participe à la volonté d'être reconnue comme un acteur de référence du smart lighting.
Car tandis que Ragni conçoit une gamme de luminaires à LED, Novéa Energies, elle est très branchée R&D. Un partenariat avec le CEA et trois ans de recherche et développement plus tard lui ont permis de mettre au point une batterie dédiée aux applications d'éclairage solaire promettant 20 ans de durée de vie. "Le rachat de Novéa Energies s'explique par notre volonté de faire perdurer un produit solaire", souligne Marcel Ragni, problématique essentielle dans des pays soumis à des défis énergétiques comme les pays africains justement. D'autant que les aides européennes pour ces pays conditionnent l'octroi des subventions au recours à des solutions d'énergies renouvelables. Et que le Maroc, par exemple, a annoncé vouloir atteindre 40 % d'énergies renouvelables d'ici 2020.
Pour ce qui est du développement tout court, la PME prévoit la construction d'un nouveau bâtiment industriel, "afin de moderniser notre outil", posé à quelques mètres à peine de l'actuel, sur 4 000 m2, comprenant 2 500 m2 d'entrepôt et 1 500 m2 de bureaux. Le permis de construire sera déposé dans quelques semaines. Un investissement de 4, 8 M€ que consent celle qui emploie 47 personnes pour un chiffre d'affaires de 31,6 M€, expliquant que "nous essayons de prévoir le futur".
Laurence Bottero