La recette de York pour concurrencer Shell et Exxonmobil

Carole Payrau

Carole Payrau
Comment jouer dans la cour des grands que sont les Shell, Total et autres Exxonmobil lorsqu'on est une PME toulonnaise de 40 salariés ? Olivier Sauvestre, directeur général de York SAS, a trouvé la solution en s'unissant, l'année dernière, à la Suisse Motorex, qui détient désormais 100% de son capital. Un mariage de raison permettant, à celui qui a repris, en 2013, l'activité production de lubrifiants de l'entreprise Ginouves (créée en 1990 par Georges Ginouves NDLR), de compter en 2015 avec un chiffre d'affaires de 13 M€, dont 35% réalisés à l'international. Et près de 50 000 clients implantés dans toute l'Europe...
A noter que York SAS compte un atout de taille dans sa manche : son positionnement stratégique. Outre les domaines de l'industrie, des administrations, des travaux publics, des transports... l'entreprise varoise s'est surtout spécialisée sur des niches : la lubrification des machines spécifiques à l'entretien d'espaces naturels, tels les tondeuses et matériels de golf, les tronçonneuses, grues forestières, dameuses, remontées mécaniques et autres canons à neige... Ainsi, ce n'est pas tout à fait un hasard si l'entreprise varoise se rendra à Grenoble, du 13 au 15 avril prochains, au Moutain Planet, estimé comme le plus grand salon dédié à l'économie de la montagne. "Nous y sommes le plus vieil exposant", avance Olivier Sauvestre, revendiquant son statut de leader sur ce segment de marché.
Un monopole qui s'explique par ailleurs par la mise en place d'une politique spécifique.
Ceux-ci regroupés en une gamme spécifique aux climats d'altitude, adaptés aux très basses températures et à l'humidité.
Car la valeur ajoutée de York SAS réside aussi dans son laboratoire R&D, père de quelque 500 produits, et de deux gammes innovantes. La SLV, tout d'abord, se compose de lubrifiants synthétiques dont la fluidité permet de diminuer les coûts d'exploitation, en réalisant des économies d'énergie et en augmentant la durée de vie des matériels. Par ailleurs, il y a la gamme qui a permis à York SAS de s'imposer sur les segments de marché de la montagne ou du forestier : celle de lubrifiants 100% synthétiques biodégradables, contribuant à la préservation de l'environnement.
Une expérience en la matière qui permet donc à York SAS de tracer son sillon... et de glisser tout schuss vers le développement commercial.
Carole Payrau