Vacances Bleues, l’association de tourisme social devenue ETI
Maëva Gardet-Pizzo
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Si les congés payés sont un droit dès 1936, les vacances sont encore loin d'être accessibles à tous. Ainsi, après guerre, il s'agit d'un privilège auquel n'ont accès que 15 % des Français. Face à cela, une série d'acteurs se mobilise pour le droit aux vacances, parmi lesquels des associations, des caisses d'allocations familiales, des organismes de retraites ou encore des comités d'entreprises. C'est dans cette mouvance que naît Vacances bleues, en 1971 à Marseille.
"Notre vocation était de permettre à des gens de partir pour la première fois", explique Jérôme Vayr, président du directoire du groupe Vacances Bleues. "Nous étions fortement soutenus par les caisses de retraite, notre cible initiale étant les seniors".
C'est grâce aux caisses de retraite que le groupe fait l'acquisition de très beaux emplacements pour ses hôtels, des emplacements confiés en co-gestion. Une politique de beaux emplacements accessibles qui fera sa marque de fabrique. Mais à l'orée des années 2000, les caisses de retraite délaissent peu à peu le tourisme et mettent en vente le patrimoine dédié. Vacances Bleues doit se réinventer. Elle se restructure. L'association devient actionnaire de deux holdings, l'une dédiée au patrimoine, l'autre à l'exploitation. Elle cherche de nouveaux partenaires tels que la Caisse des dépôts et consignations. "C'est avec leur aide que nous avons acheté le seul trois étoiles de la promenade des Anglais à Nice. Les autres ont quatre ou cinq étoiles". L'opération est un succès, tant et si bien que la Caisse des dépôts entre au capital de la foncière dont elle est actionnaire à 46 %. "Cela nous a permis de défendre et de développer notre périmètre en pouvant acquérir des hôtels".
Vacances Bleues opère également à ce moment là une diversification de son public. Désormais, les personnes âgées ne représentent plus qu'une bonne moitié de sa clientèle. Le reste étant composé de familles et de voyageurs d'affaire. "On garde notre clientèle fidèle à qui l'on propose une politique tarifaire accessible vers des destinations premium, avec un emplacement premium. L'ouverture à une autre clientèle plus aisée nous permet de maintenir ce type d'offres. C'est un équilibre à préserver pour continuer à se développer et à être rentable sans perdre les missions fondamentales que l'on se fixe".
Maëva Gardet-Pizzo