Ôkhra, gardien du savoir-faire autour de l’ocre
Rémi Baldy
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
© Philippe Durand
Rémi Baldy
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
© Philippe Durand
Au milieu du vert à perte de vue du Lubéron, une zone rouge-orange attire l'œil. Les anciennes carrières d'ocre de la région attisent la curiosité des touristes. Mais avant d'être un décor de carte postale ou de selfies, cette terre colorée est une matière qui alimente le bâtiment, la peinture ou encore l'art. Et l'extraction du pigment nécessite un vrai travail. Un savoir-faire que veut entretenir Mathieu Barrois, président de la coopérative Ôkhra à Roussillon, un écomusée installé dans une usine de 5 hectares.
"Nous pensons que la transmission passe par la pratique", avance-t-il. "Nous proposons des visites puis une partie atelier pour voir comment on se sert de l'ocre ou des matériaux de couleurs", poursuit-il. Un positionnement qui fait partie intégrante du projet depuis sa création en 1994. C'est d'ailleurs dans cet esprit que la structure se définit alors comme un Conservatoire.
L'idée est aussi de transmettre dans le but de maintenir une activité. "Je cherchais un ancien lieu industriel pour un projet lié au savoir-faire, avec comme objectif de le perpétuer et pour cela il faut des clients et cela passe donc par des sensibilisations et de la formation", raconte Mathieu Barrois. Malgré le développement des peintures synthétique, l'ocre continue de faire de la résistance. La Société des ocres de France produit, par exemple, chaque année 800 tonnes.
La matière continue de fasciner les touristes et de charmer les artisans, professionnels ou amateurs. En trente-cinq ans d'existence, Ôkhra revendique la venue de 650 000 visiteurs et 100 800 scolaires. Avec environ 26 000 visites ces dernières années, elle se classe parmi les 10 entreprises les plus visitée en région Provence-Alpes-Côte d'Azur selon l'association Entreprise et Découverte. Avec la partie boutique, le flux de ces curieux représente environ un tiers des 480 000 euros de chiffre d'affaires de la coopérative.
Pour ce qui est de la pratique, Ôkhra a vu passer 10 000 stagiaires depuis sa création. "Parmi eux, certains ont lancé leur activité", précise Mathieu Barrois. Jusqu'à l'année dernière, la coopérative était un centre de formation agréé. Le renforcement de la réglementation l'a fait renoncer à cette activité. Les ateliers sont aujourd'hui des initiations. "Mais nous discutons avec l'école d'Avignon (ndlr : un centre de formation et de ressources sur le bâti ancien), qui était déjà membre de la coopérative, sur ce sujet", précise le président.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Rémi Baldy