Dernière conserverie française de la côte méditerranéenne, Ferrigno résiste et innove
Maëva Gardet-Pizzo
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C'est sur la côte amalfitaine, dans le village de pêcheur de Cetara, que la société Ferrigno voit le jour, il y a trois générations. « C'est mon grand-père italien qui l'a créée », raconte Dominique Ferrigno, actuel PDG de l'entreprise. « Puis dans les années 1920, il y a eu des problèmes de poisson sur la côte alors il a décidé de partir en Algérie. Il y avait un El dorado qui se créait là-bas. La mer était très prospère car peu exploitée ». Deux conserveries y sont construites pour transformer les fruits de la pêche.
Mais en 1962, alors qu'est déclarée l'indépendance du pays, la famille Ferrigno est obligée de partir. Elle met les voiles pour la Cité phocéenne.
« Ils ont choisi de venir à Marseille car c'est en face d'Alger et parce que le Rhône favorise le développement de plancton dont se nourrissent les sardines ». En 1962, une nouvelle conserverie est fondée à Port-Saint-Louis du Rhône. On y transforme les sardines pêchées par l'entreprise sur toute la côte. « Il a fallu un peu de temps avant de retrouver une clientèle ».
Et au-delà des produits transformés, la société fournit en sardines la côte Atlantique qui n'en trouve alors que très peu dans ses eaux.
D'un positionnement mono-produit, l'entreprise décide en 1998, sous l'impulsion de Dominique Ferrigno, de se diversifier en proposant des soupes, des tartinades, et autres recettes à base de sardines mais aussi de maquereaux et de thon. Dans le même temps, elle mécanise en partie sa fabrication pour se moderniser.
Désormais, elle travaille à 60 % pour la grande distribution. Parmi ses clients, Carrefour et sa marque Reflets de France. Elle est également présente en épiceries spécialisées.
Mieux préparée aux attentes du marché, elle doit néanmoins faire face aux aléas de la pêche, celle de la sardine étant particulièrement complexe. A partir des années 1990, la taille, et surtout le poids des sardines se met à réduire drastiquement. « Avant, quand on était en Algérie, on avait 18 pièces de sardines pour un kilo. Maintenant, on est à 70-80 pièces par kilo. » Un phénomène observé par l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer et qui serait dû à la baisse de qualité du plancton, elle-même liée au réchauffement climatique.
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