Synergie Family : ambitions sociales, méthode startup
Maëva Gardet-Pizzo
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A première vue, Laurent Choukroun et Franck Tortel ont tout de la figure du startupper. Le premier ne tient pas en place, s'asseyant quelques minutes derrière son bureau, se levant par moments, puis enchaînant quelques pas tout en jetant des regards furtifs sur son téléphone. « On est une entreprise libérée », dit-il. « Pas plus tard que tout à l'heure, on marchait pied nu. Et surtout, chacun est libre de s'exprimer ». Les deux hommes aiment à illustrer leurs propos de citations et autres dictons. Ils parlent volontiers de « disruption » ou encore « d'expériences à forte valeur ajoutée ». Un vocabulaire assez rare dans la bouche de directeurs de structures sociales, ce qu'ils sont pourtant.
Ce qui les réunit, c'est Synergie Family, une association loi 1901. Ils préfèrent parler de « startup associative ». Au terme d'un parcours scolaire quelque peu chaotique, Laurent Choukroun se découvre une passion pour l'animation. « Quand j'ai vu que je pouvais être payé pour faire un truc que j'adore, ça a été le déclic ! » C'est à ce moment qu'il rencontre Franck Tortel qui travaille pour Mondial Evasion, un organisateur de vacances. Ils partagent des valeurs communes et ont envie de travailler ensemble. « On voulait faire du sport un outil pour se connecter aux gens et créer du lien ».
En 2009, ils fondent l'association Synergie Sport Sud. Avec un parti pris : « travailler pour le territoire, et non l'inverse. Il y avait déjà beaucoup de structures très organisées. Nous, on est parti de l'énergie et des besoins du terrain. On a recruté des personnes directement sur place ». Peu à l'aise avec les cadres et les protocoles, ils n'ont qu'un mot : l'impact. « En utilisant tel sport, on travaille telles valeurs, on organise des moments festifs, on fait descendre les familles, on crée du lien intergénérationnel, on partage plein de choses et forcément, il y a un respect qui s'installe ». La structure est d'abord présente dans deux quartiers marseillais, portée par ses deux fondateurs bénévoles et une poignée de salariés. « Cela occupait nos soirs, nos week-ends. Et ça nous coûtait beaucoup d'argent ». A tel point qu'ils songent un temps à freiner.
Maëva Gardet-Pizzo