Laurent Nauche - Vinci Construction France : “Dans certains segments de la construction, il y aura bien un monde d’après”
Gaëlle Cloarec
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
DR
Gaëlle Cloarec
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
DR
LA TRIBUNE : Fin avril 2020, après un mois d'arrêt forcé, les chantiers reprenaient doucement avec les contraintes que l'on connaît, dues aux mesures sanitaires. Un an plus tard, force est de constater que la crise s'est installée dans la durée. Quelles premières conséquences observe-t-on dans la construction, notamment en matière d'investissement ? Y a-t-il des freins dans le secteur du tourisme par exemple, gros pourvoyeur de travaux sur la Côte d'Azur et particulièrement mis à mal par la Covid-19 ?
LAURENT NAUCHE : Le tourisme est effectivement un secteur de poids ici, gros pourvoyeur de chantiers de création ou de rénovation d'hôtels et de restaurants. Or, c'est un peu paradoxal, mais l'activité de ce segment n'a pas chuté. Les établissements qui le pouvaient ont profité de cette période très calme pour lancer des travaux de rénovation, à l'instar de l'opération d'extension et de rénovation de l'hôtel Carlton à Cannes dont Vinci Construction France a la charge. Les travaux étaient certes prévus mais ils devaient se faire en site occupé. La décision a été prise de fermer complètement pour accélérer et être prêt une fois la crise passée. L'existant a donc réinvesti quand la trésorerie le permettait. En revanche, c'est au niveau des nouveaux projets que les difficultés apparaissent. Ceux qui étaient déjà financés continuent, les autres, vu le peu de visibilité de la profession, restent dans les tiroirs.
Quid de l'activité bureaux ? Y voit-on déjà un effet télétravail ?
À lire également
Il y a des interrogations. Les investisseurs comme les utilisateurs se posent nécessairement des questions, la Covid ayant montré que la mode open space, bureaux partagés ou de passage, n'était pas la panacée, surtout lorsqu'on incite les gens à rester chez eux pour travailler. Ira-t-on vers une réorganisation totale des plateaux ? Assistera-t-on à terme à une diminution des surfaces de bureaux ? Nous n'avons pas encore de vision claire sur l'évolution qui en débouchera dans quelques mois, mais on sent un changement de comportement. Pour le coup, sur ce segment, il y aura bien un monde d'après. Les space planers et architectes d'intérieur planchent sur la question, mais de fait les ardeurs des investisseurs ont été réfrénées.
Gaëlle Cloarec