Jean-Paul Schaeffer, l’hôtelier optimiste
Gaëlle Cloarec
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Le contexte sanitaire n'entame pas sa détermination. Au contraire. "Le tourisme n'a jamais été un long fleuve tranquille. Des tempêtes, on en traverse régulièrement, et nous sommes toujours là, en bonne santé, dans une dynamique de développement qui ne se dément pas. Preuve que notre modèle est le bon". Ainsi parle Jean-Paul Schaeffer. Fondateur et dirigeant du groupe Sowell, connu il y a encore peu sous l'appellation Soleil Vacances, ce fils d'hôtelier a depuis 1985 et l'établissement familial de Pra Loup, dans les Alpes-du-Sud, bâti une offre touristique de 1.800 chambres et appartements répartis dans 26 hôtels et résidences sur une quinzaine de destinations françaises. Il emploie, chaque année, au plus fort de la saison estivale, environ 700 personnes, accueille en moyenne 250.000 vacanciers et réalise un chiffre d'affaires légèrement supérieur à 40 M€. Certes, l'exercice 2020 s'affiche hors catégorie, mais avec un taux d'occupation selon les sites de 85 à 100% lors des mois de juillet et août derniers, ce spécialiste de l'offre de loisirs, dont le concept d'hôtellerie all inclusive s'avère être, souligne-t-il, "parfaitement adapté à la conjoncture actuelle", réaffirme son ambition de doubler la taille du groupe basé à Aix-en-Provence d'ici à cinq ans.
Il faut dire que Jean-Paul Schaeffer a des arguments pour convaincre, lui qui a évolué sous l'ombre protectrice de Gérard Brémond, fondateur et toujours président du groupe Pierre & Vacances. La rencontre date du tout début des années 2000. L'hôtel des Dromonts à Avoriaz, l'établissement personnel du grand patron, cherchait un exploitant. "J'y suis allé, pendant une saison, et une relation de grande estime et de proximité s'est tissée entre nous, ce qui a permis et permet à Sowell de se développer", raconte-t-il, citant, en guise d'exemples, l'entrée dudit hôtel dans le giron du groupe aixois l'an passé. Ou encore la reprise, cette année, d'un établissement sur le domaine du Rouret en Ardèche, complexe de résidences touristiques géré par Pierre & Vacances, qu'il s'agira de transformer en offre hôtelière. En 2010, le dirigeant franchit un nouveau cap. Il reprend à la barre du tribunal de commerce de Lyon le groupe leader des résidences de tourisme en France, Transmontagne, et ajoute à son portefeuille d'hôtels acquis au fil de l'eau, souvent de façon opportuniste, qu'il rénovait et redressait au mieux "de leur potentiel de commercialité", quelque 3000 appartements. L'opérateur prend alors du poids, ajoute à son business model la vente à la découpe encouragée par les dispositifs fiscaux de l'époque, et s'installe pour de bon dans les radars des investisseurs du secteur. Lesquels viennent de lui faire "une nouvelle fois confiance en retenant Sowell pour exploiter, dans le village de Montalbert, à La Plagne, une résidence touristique construite à l'occasion des JO d'Albertville qui sera réhabilitée en hôtel et portée à une capacité de 120 chambres", détaille-t-il.
Gaëlle Cloarec